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LE
ÏRIOAIPIIE DE L’AilOUR
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Si le sentiinenl de la \érité n’était pas dans tous les genres le premier moyen de succès , ou pourrait s’étonner que la^peinlure des fleurs ait dû, en Italie, st^s premiers progrès au Caravage. Bcllori cite de lui une carafe de fleurs, remarquable par la fraîcheur des fleurs humides de rosée et la transparence du verre et de l’eau où venait se répéter une fenêtre d’appartement'. Après lui, Tommaso Salini, vers la fin du seizième siècle ou le commencement du dix-septième, rassembla des fleurs dans des vases, les disposa
' Bellori, Vi/a di Michet-Angelo iferlgi di Caracaggio', p. £02.
avec soin , les entremêlant de leurs feuilles , et y joignant des insectes et d’autres accessoires. 11 parait que, comme toutes les jouissances nouvelles, les tableaux de fleurs furent très recherchés. Les peintres de fleurs disposaient souvent leurs guirlandes de manière à en former des cartouches , dans lesquels d’autres artistes peignaient ensuite de petits sujets. C’est ainsi que le Dominiquin, selon ce que nous apprend Bellori , a peint son Triomphe de T Amour dans le cartouche formé par une guirlande de fleurs qui avait été donnée au cardinal Ludovisi, neveu de Grégoire XV, et ami plutôt que protecteur du Dominiquin *. Ce genre d’ornements, employé alors par les peintres flamands comme par les peintres d’italie , paraît avoir conservé sa vogue pendant assez longtemps ; car Passer! nous raconte qu’après la mort du Dominiquin, dont il avait été le disciple et l’ami, voulant honorer sa mémoire, il prononça son éloge à Rome, dans une salle de la chancellerie où l’on avait jdacé au milieu d’une tenture noire le portrait du Dominiquin, peint de la main de Passer!, et entouré d’une guirlande de cyprès dont toutes les baies étaient en argent ; » Ce qui, dit l’auteur, donnait de l’agrément à cet ornement tel quel » : Que/ qualunque ornamen/o ’.
* Vita di Domeiiico Zampieri, p. 353.
> l’asseri, bomenko Zampieri, p. IG.