C6 ÉCOLE ITALIENNE (PAUL VÉRONÈSE
raconte que des religieuses pour qui il avait fait un (•etit tableau du paradis, choquées du défaut de fini qu’elles croyaient remarquer dans cet ouvrage, s’empressèrent de le cédera un peintre flamand, qui leur offrit en échange un des siens, et qui alla aussitôt vendre celui de Paul Véronèse, dont il tira un prix considérable *. La même chose eût pu arriver au tableau dont je donne ici la description , s’il fût tombé entre les mêmes mains; il semble que quelques touches aient suffi au peintre pour terminer son ouvrage, où brillent cependant tous les détails de magnificence dont il aimait à enrichir ses sujets. Il pouvait ici les prodiguer sans inconvenance. L’Enfant Jésus sur les genoux de sa mère, donnant sa main à baiser à une religieuse que lui présente saint Joseph, n’est plus l’enfant né dans la crèche ; c’est le Dieu des chrétiens, l’objet d’une pensée mystique, que l’on peut, que l’on doit représenter avec les attributsde la gloire, et non ceux de la pauvreté. Cette religieuse, destinée probablement à représenter quelque sainte fondatrice, tient la palme, symbole du martyre ; sainte Elisabeth lui ti-esse une couronne, et la Madeleine lui présente la main de l’Enfant.
FHOPORTIONS.
Hauteur, 31 centim. = 18 pouces 9 lignes.
Largeur, 41 — =16 — » —
• RKIolil, Part. 1, p. 343.
Né à Florence en 1616; mort & Florence en 1686.
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