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LE FONCTIONNEMENT RÉNAL CHEZ LES NOURRISSONS CACHECTIQUES

L'étude du fonctionnement du rein du nourrisson est intéressante à plus d’un point de vue. Tout d'abord, elle nous enseigne que les lois de la physiologie rénale, établies pour l’adulte, s'appliquent aux nourrissons.Mais ce fait, pour intéressant qu'il soit, l’est bien davantage en ce qu’il permet de faire un pas en avant dans la connaissance de la pathologie du nourrisson et des cachexies de ce dernier.

Bien plus, de la notion de la valeur du rein du nourrisson cachectique découle un pronostic vital, qui ne nous semble pas avoir encore été en défaut: chaque fois qu’au cours d’une cachexie nous avons constaté une perte marquée du pouvoir fonctionnel du rein, l’évolution s’est toujours faite vers la mort, malgré les traitements institués, tandis qu’un bon fonctionnement du rein permet un meilleur pronos-

tic, et, parmi les cas que nous avons étudiés, les

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cachectiques dont le rein fonctionnait bien, purent guérir grâce à une thérapeutique appropriée.

Nous avons étudié systématiquement le fonctionnement du rein au cours des cachexies. Nous utilisons comme critère de bonne marche: le pouvoir de concentration uréique du rein.

Nous rappelons tout d’abord succinctement, ce qu'il faut entendre par concentration uréique opérée par le rein; et également, la définition de la concentration maxima (C. M.) et les renseignements qu'elle fournit sur la valeur fonctionnelle du rein.

La concentration d’une substance dans un solvant est la quantité de cette substance dissoute dans un volume déterminé de solvant. Ainsi, dire que la concentration de l’urée dans l’urine est de 20 0/00, signifie que chaque litre d'urine contient en solution 20 grammes d’urée.

D’autre part, le dosage de l’urée dans l'urine de divers individus, ou dans l'urine d’un même sujet, prélevée à des moments différents du nycthémère, montre que la concentration de l’urée dans l'urine n'a pas une valeur constante. Cette valeur dépend de nombreux facteurs; il est évident que toute élévation de l’urée sanguine (ingestion excessive de matières protéiques, destruction massive des tissus comme cela se voit dans certaines circonstances pathologiques) ou toute réduction importante du volume urinaire sollicite de la part du rein une augmentation de la concentration, pour éliminer la totalité de l'urée fabriquée par l'organisme.

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Supposons qu'un individu ait une diurèse de 1 litre par vingt-quatre heures, et qu'avec un régime alimentaire mixte il élimine 20 grammes d’urée par vingt-quatre heures. La concentration uréique est donc de 20 0/00. Si brusquement, la ration alimentaire est fortement enrichie en matières azotées, l'excrétion se trouve augmentée, le sujet aura à éliminer par exemple 40 grammes d'urée par vingt-quatre heures, et comme la diurèse est de 1 litre, la concentration est devenue égale à 40 0/09 si la totalité des 40 grammes est excrétée.

Inversement, supposons qu'un individu recevant une alimentation constante ait dans ces conditions à excréter 25 grammes d'urée par vingt-quatre heures. Si la diurèse est de 0 1. 500 par vingt-quatre heures, le rein est obligé pour éliminer toute l’urée produite de la concentrer à 50 0/00. Il est bien évident que toutes choses étant égales par Jailleurs, si le volume des urines augmente et atteint par exemple 1 litre, la concentration uréique nécessaire pour éliminer les. 25 grammes d'urée n'est plus que 25 0/00.

D'après ces faits, il est évident que recueillir fortuitement l'urine d’un sujet, y doser l’urée, fournit un chiffre de concentration uréique qui ne donne aucun renseignement sur la valeur du rein.

La concentration maxima. — La recherche de la concentration maxima d'un sujet normal ou pathologique permettra au contraire de se faire une idée

de la valeur du parenchyme rénal.

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Depuis longtemps, les médecins qui se sont occupés des affections rénales, savaient fort bien qu'une urine où l’urée était fortement concentrée, correspondait à un bonsfonctionnement du rein, tandis qu’une concentration uréique faible, indiquait un mauvais fonctionnement rénal.

Prenons maintenant un sujet normal, et faisons-lui ingérer, chaque jour, le coagulum de trois à quatre litres de lait (épreuve d'Ambard et Chabanier), en même temps que l’on supprime les boissons, on réalise ainsi les conditions suivantes :

1° Réduction du volume urinaire ;

2° Régime riche en matières azotées.

On se place d’après ce que nous avons vu plus haut, dans des conditions telles, que le rein pour éliminer toute l’urée produite sera obligé d'augmenter la concentration de l’urée dans l’urine. On constate un fait capital: c’est qu’à partir du troisième ou quatrième Jour. l’urée est secrétée à une concentration qu'aucune condition expérimentale ne parvient à accroître, pas même l'ingestion ou l'injection de quantités considérables d’urée.

Voici à titre d'exemple une observation recueillie par Chabanier et rapportée par Ambard :

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