‹ Études sur les causes, la nature et le traitement de la maladie scrophuleuseChapitre 12 sur 44 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

La température n'exerce par elle-raême aucune influence sur la production des scrophules. C'est dans les pays où règne une température moyenne qu'on les observe le plus fréquemment , et White remarque avec beaucoup de raison qu'elles sont fort rares, tùiii infervidis, tùm in gelidis regioiiibus. Cela tient, pour les pays chauds, à ce que les habilans sont à l'air libre jour et nuit. Dans les pays froids, on fait beaucoup de feu. La température des habitations diffère beaucoup de celle de l'extérieur : plus cette différence est grande, plus l'air a de tendance à y pénétrer : il s'établit des courans irès-rapides qui le renouvellent continuellement. Il est de fait cependant qu'à Paris , l'hiver exerce une influence très-défavorable sur les scropliuleux. C'est une observation que l'on peut faire chaque année à l'hôpital des enfans. Dès le mois d'octobre , on voit l'étal des malades cesser de s'améliorer, demeurer slationnaire. Bientôt après, cet état s'aggrave, souvent les enfans perdent rapidement le mieux qu'ils ont gagné pendant l'élc. C'est durant la saison froide que les ulcères suppurent abondamment , que les eugorgemens deviennent plus volumineux, que les ophthalmies sont plus fréquentes et plus rebelles, que des diarrhées opiniâtres s'opposent à l'administration de toute espèce de médicament anti-scrophuleux , que des catarrhes pulmonaires , des pneumonies viennent hâter le développement de la phlhisie tuberculeuse. Mais doit-on accuser le froid de tous ces désordres? je ne le pense pas. Ils me paraissent avoir leur source dans la nature et l'insuffisance des précautions que l'on prend pour en préserver les enfans. Les salles sont fort mal chauffées, tellement mal que leur température diffère

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très-peu de celle de l'extérieur. Les malades restent couchés bien plus de temps que dans l'éié; car ils ont moins froid dans le lit. Lorsqu'ils sont levés, ils viennent s'asseoir autour d'un poêle qui ne les empêche guère de {jreloller. Ils restent engourdis; on parvient avec peine à les faire remuer. Ils ne sortent plus des salles dont l'air toujours altéré se renouvelle d'autant plus difficilement'que l'on ouvre à peine les croisées pendanlquelques inslans, et que lesporles sont fermées soigneusement pour conserver le peu de chaleur qui existe.

On voit que dans l'appréciation des causes qui pendant l'hiver amènent l accroissemenl du mal, il y a autre chose à considérer que la température. Le séjour prolongé au lit, le défaut absolu d'exercice et la respiration habituelle d'un air vicié , sont d'une importance bien plus grande que le froid. Celle dernière circonstance, la respiration habituelle d'un air altéré dans ses principes , est d'autant plus fâcheuse en hiver , que pendant celte saison, les poumons absorbent plus d'oxigène. M. Edwards a démontré qu'il existe un rapport constant entre la quantité d'oxigène absorbé dans la respiration et la chaleur produite : il a démontré également que la faculté de produire de la chaleur est beaucoup plus grande en hiver qu'en élé : qu'en hiver, par conséquent, on altère bien plus rapidement qu'en été , l'air que l'on respire; que, dans le même espace de temps, on enlève à cet air une proportion bien plus grande d'oxigène. Il en résulte la nécessité d'un renouvellement plus fréquent, et cependant la crainte du froid fait prendre toutes les précautions qui lendent à rendre ce renouvellement plus difficile. Si les localités permettaient de sortir les enfans des salles pendant toute la journée , de les placer dans un endroit vaste, suffisamment aéré et chauffé, où ils pourraient se livrer

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à leurs jeux, l'hiver exercerait sur eux une influence bien moins défavorable. Ce n'est point là une simple présomption, car, chez des scrophuleux placés dans des conditions hygiéniques convenables , j'ai vu les progrès de la guérison ne pas se ralentir pendant l'hiver, et l'action des remèdes se montrer aussi efficace qu'en d'autres saisons. On doit prendre des mesures pour mieux chauffer celte année les salles des scrophuleux. C'est un commencement d'amélioration.

Quoi qu'il en soit, je ne prétends pas contester l'action débilitante d'un froid soutenu , prolongé. Cette action est d'aulaut plus marquée qu'elle s'exerce sur des sujets déjà affaiblis par la maladie : elle doit nécessairement aggraver celle-ci et elle le fait en diminuant la résistance que l'organisme oppose à la vraie cause des écrouclles, que le froid seul eslloujours impuissant à produire, quoiqu'aient pu dire à cet égard Unzerus, F. Hoffmann et Korlum.

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