MALAniE SCR0PUCLEU8E
très ont éprouvé une yrande amélioration ; l'élat de six autres a été amélioré à un degré moins avancé ; enfin , chez dix , l'effet de l'hydrochlorale de baryte a été trèspeu marqué.
J'ai obtenu la guérison de quatre ophthalmies, de deux ulcères du derme , de deux abcès sous-cutanés avec engorgement du tissu cellulaire voisin , enfin d'un engorgement glanduleux.
J'ai rapporté précédemment deux observations d'ophthalmies guéries par l'usage de l'hydrochlorale de baryte; on voit dans l'une d'elles que le mal d'yeux avait résisté à un traitement par le sulfure de mercure et la poudre de ciguë , quoique , sur le même sujet , d'autres symptômes scrophuleux eussent disparu ; dans l'autre, ce mal était survenu peu de temps après la cicatrisation d'ulcères obtenue par l'emploi du sulfure de mercure.
Les deux autres exemples de guérison sont plus remarquables encore. Je vais les rapporter succinctement:
Adèle B***, âgée de treize ans , est admise à l'hôpital, le 11 mai 1830. Elle a depuis l'âge de deux ans une double ophthalmie palpébrale, qui fréquemment se propage sur la conjonctive oculaire : celte ophthalmie n'a jamais disparu complètement ; les alternatives de bien et de mal qu'elle présente , paraissent liées aux variations atmosphériques. Il y a presque toujours un œil plus affecté. Outre l'ophihalmie , celte jeune fille porte plusieurs glandes volumineuses , très-dures , mobiles , indolentes, sans adhérence avec la peau , dont la couleur n'est pas changée; ces glandes entourent la pariie antérieure et supérieure du col , d'une oreille à l'autre. Leur apparition remonte à l'âge de trois ans ; elles n'on jamais suppuré. La malade a les lèvres grosses, les che veux châtains : son état général est bon; ses digestions s'accomplissent très-bien.
Dans les premiers jours d'avril 1851 , je prescris l'usage du charbon animal ; je fais établir un vésicatoire à la nuque : collyre avec l'extrait de suie. Le 20 mai, il n'est survenu aucun changement favorable; je joins à l'emploi du charbon celui de l'eau minérale iodée; on instille matin et soir une goutte de laudanum dans chaque œil; on frictionne deux fois par jour les glandes avec la pommade d'hydriodate de potasse. Le 21 juillet, même état. J'eus alors recours à la solution d'hydrochlorate de baryte; je commençai par une demi-once, et j'arrivai rapidement à trois onces qui étaient prises en deux fois. Dans l'espace de quinze jours, je vis disparaître presque entièrement l'ophthalmie.
La pharmacie de l'hôpital se trouvant dépourvue du sel de baryte, je fus contraint d'en suspendre l'usage; l'affection des yeux ne tarda pas à revenir telle qu'elle était auparavant.' Ce ne fut qu'au bout de trois semaines qu'il me fut possible de recommencer l'usage de la solution d'hydrochlorate de baryte ; la guérison eut lieu une seconde fois avec beaucoup de rapidité, et cette fois elle fut durable. Elle ne s'était pas démentie quand je quittai le service des scropbuleuses. J'avais continué l'usage de la baryte jusqu'au 15 de septembre. Les glandes du col n'avai^.t éprouvé aucun changement : il en a été question au commencement de ce travail.
L'autre malade, Henriette H***, âgée de huit ans , ayant les cheveux bruns , la figure colorée et de l'erabonpoint, était entrée à l'hôpital le 5 janvier 1831. Elle avait, comme la précédente, plusieurs glandes engorgées , mobiles, sans changement de couleur à la peau, formant au-dessous de la mâchoire inférieure une espèce de collier, qui s'étendait d'un angle de cet os à l'autre. Le volume de plusieurs de ces glandes égalait
MALADIE SCROPnDI.EUSE.
celui d'une noix. Il exislail en oulre une ophlhalmie affeclant tantôt simullanémeni , lanlôt successivement les deux yeux, disparaissant quelquefois (rès-rapidpmeni, reparaissant de même sansauire cause appréciable que les variations atmosphériques. Elleatfcclaiiparliculièreineni la conjonctive oculaire.
L'iode fut administré sous toutes les formes pendant plus de trois mois, sans aucune espèce d'avanlapjC soit pour les yeux, soil pour les [Mandes ei)[;orgées. Le 21 juillet , j'en abandonnai l'usa^'e et lui substituai la solution (i'hydrochlorale de baryte. Comme dans le cas précédent, je vis survenir une amélioration très-grande de l'oplilhalmie, qui reprit toute son intensité quelques jours après la suspension forcée du remède , pour guérir enfin d'une manière durable aussitôt que je pus recommencer l'adminisiraiion du sel de baryte. L'emploi de ce sel fut continué pendant un mois sans interruption à la dose d'un grain et demi par jour.
Il est impossible de méconnaiti-e dans ces deux cas l'action salutaire de l'hydrochlorate de baryte. Les ophthalmies étaient fort anciennes; elles avaient résisté opiniâlrément à divers iraiteraens : elles se sont améliorées fort rapidement , pour jjuérir enfin sous l'influence de ce médicament. La néce*:jilé dans laquelle je me suis trouvé d'en suspendre l'usage , a bien prouvé qu'il n'y avait pas coïncidence fortuite ; que le nouveau remède n'est pas venu recueillir le fruit de ceux qui avaient été donnés antérieurement. Le retour du mal , sa seconde <Iisparition aussitôt après la reprise du remède ne laissent aucun doute à cet égard.
Hébréard a vu des ophtbalraies survenir pendant l'emploi du muriale de baryte : il se demande s'il ne, doit pas les attribuer à ce remède. C'est au contraire dans les ophthalmies scrophuleuses que j'en ai retiré les
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meilleurs effets. Celle différence dans les résultats mérite d'être réunie à beaucoup d'autres faits, qui moatrent avecquelleréserveilfaul se permettre de conclure du particulier au général. Je me hâte dédire que depuis que j'ai recueilli ces faits , j'ai eraployé fréquemment l'hydrochlorate de barylecontre l'ophthalmie scrophuleuse ; que ses effets ont été beaucoup moins marqués. J'ajouterai, contre l'opinioa d'Hébréard, qu'il n'est pas de irailement anti-scrophuleiix pendant lequel on ne puisse voir se développer une ophthalraie. J'en ai donné la raison précédemment.
L'hydrochlorate de baryte fut aussi impuissant que les autres moyens contre les cnjjorgemens glanduleux et probablement tuberculeux du col j je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit à ce sujet , en traitant de l'iode. Chez d'autres malades il a procuré la résolution de ganglions lymphatiques engorgés, et la cicatrisation d'ulcères fistulcux.
Joséphine P***, âgée de sept ans, entrée à l'hôpital le 29 août 1831, avait un ulcère Hstuleux, profond, avec rougeur, adhérence , fixité des bords; cet ulcère était situé au-dessous de l'os maxillaire inférieur, un peu à droite; on sentait dans le voisinage quelques ganglions engorgés : en moins d'un mois la guérison fut complète.
Zoé Au***, âgée de onze ans, admise dans la division des scrophuleuses , le 15 août 1831, avait plusieurs cicatrices difformes sur le col et la joue gauche; il existait des ulcères superficielsavec rougeur de leurs bords, sur le côté gauche du col, et au dessous de l'apophyse masloïde droite : mise à l'usage de l'hydrochlorate de baryte, la cicatrisation était parfaite le 12 septembre.
Ces deux dernières affections présentaient peu de
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gravité sous le rapport des symptômes locaux ; aussi ces symptômes ont-ils disparu promplement.
J'ai combattu par l'bydrochlorale de baryte un symptôme de la maladie scrophuleuse dont je n'ai encore rien dit et sur lequel presque tous les auteurs ffardent le silence. C'est ce qui m'engage à rapporter le fait avec quelques détails.
C***, Laurent, âgé de treize ans, d'une taille assez élevée pour son âge , ni faible, ni maigre , ayant les cheveux châtains, né de parens sains, entra, le 26 juillet 1833, dans la division des scrophuleux, pour y être traité d'un ulcère au voile du palais. Cet ulcère existait depuis trois semaines environ j il s'était développé sans douleur, sans cause connue. Au moment où je l'examinai pour la première fois, il était arrondi; il perforait le voile du palais, formant un trou qui aurait admis facilement l'extrémité du doigt indicateur : ses bords étaient taillés à pic , sans gonflement , peu douloureux, d'une teinte blafarde, recouverts ça et là d'un enduit noirâtre, semblable à la suie. Il n'existait à l'intérieur de la bouche et sur le pharynx aucune autre uU cération ; on n'avait pas connaissance qu'il en eût jamais existé. On voyait sur la lèvre supérieure et à l'entrée de la narine droite quelques croûtes d'impétigo, le bout du nez était un peu rouge et légèrement tuméfié.
Le siège et l'aspect du mal avaient induit plusieurs praticiens en erreur. L'enfant m'avait été adressé comme étant affecté d'un ulcère syphilitique. Mais tous les signes commémoratifs que je pus recueillir s'opposaient à ce que j'adoptasse celte opinion. Les parens n'avaient jamais eu la syphilis. L'enfant avait toujours joui d'une belle santé jusqu'au moment de l'apparition de l'ulcère. Rien dans ses réponses aux nombreuses questions que je lui adressai, ne pouvait faire suppo-
ser que le mal eût été communiqué par contact. La maladie me parut être de nature scrophuleuse. Je prescrivis la solution de muriale de baryte, un gargarisme avec la décoction de quinquina et le miel rosat, des lotions sur la lèvre et le nez avec l'infusion de fleurs de sureau. L'ulcère du voile du palais ne tarda pas à prendre un meilleur aspect : ses bords s'affaissèrent, l'ouverture paraissait moins grande. Je fis cautériser légèrement et à plusieurs reprises avec le nitrate acide de mercure. Au mois de septembre, l'enfant fut atteint d'une rougeole compliquée de pneumonie. Ces maladies n'eurent aucune influence sur l'état de l'ulcère. On dut nécessairement suspendre l'administration de la baryte. Plus tard on prescrivit l'iode à l'intérieur et en bains. Le 13 novembre la guérison était complète. Il n'y avait plus d'ouverture au voile du palais. La voix n'étaii plus altérée, ladéglutilion se faisait avec facilité.
Il ne serait pas raisonnable d'attribuer exclusivement la guérison au muriate de baryte. L'usage de ce remède ne fut pas continué pendant assez de temps. II y avait à peine un mois que je l'administrais, lorsque le malade fut remis aux soins de M. Bouneau. La rougeole vint bientôt nécessiter la suspension du traitement antiscrophuleux. Plus tard, M. Jadelot, qui fut chargé de la division des maladies chroniques, crut devoir préférer l'emploi de l'iode à celui de la baryte. Il est fort difficile , comme l'on voit, de bien apprécier l'influence de ce dernier remède. Je me bornerai à faire remarquer qu'il donna lieu proraptement à une amélioration notable j que cette amélioration a persisté jusqu'au moment où l'iode fut donné.
C'est principalement sous le rapport du diagnostic que le fait mérite de fixer l'attention.
La perforation scrophuleuse du voile du palais , du
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palais lui-même esl assez rare : celle rareté n'est point •telle cependant qu'elle explique pourquoi il n'en esl pas fait menlion dans iesauleurs. J'en ai vu trois exemples à i'hôpilal des enfans depuis trois ans : j'en ai vu deux autres pendant que j'étais élève du même hôpital. Il est probable que celle perforation est refjardée le plus souvent comme un sympiome de syphilis. C'est ce qui est arrivé à l'égard du jeune malade dont je viens de raconter l'hisloire : c'est la première idée qui se présente à l'esprit lorsqu'en examinant l'intérieur de la bouche, on aperçoit un ulcère qui perfoi e la voule palatine. L'apparence de pareils ulcères n'est pas toujours telle qu'elle dénote infailliblement la nature de leur cause. Les signes commémoralifs doivent être pris en grande considération; ils fournissent les données les plus importantes pour le diagnoslic. Il faut connaître la santé antérieure des parens, celle de l'enfant jusqu'au moment où le mal a paru, l'âge auquel ce mal s'est déclaré, la mai'che qu'il a suivie. Il faut comparer entr'eux les renseignemens que l'on obtiendra. Est-il permis de regarder comme étant de nature syphilitique héréditaire un mal survenu à un enfanl âgé de plusieurs années , qui jusque-là aura toujours joui d'une bonne santé ? je ne puis le croire malgré l'opinion d'un praticien fort expérimenté. On sait à quel degré de perversité le libertinage peut conduire. On connaît l'affreux abus qui a été fait de l'innocence des enfans. Il n'est malheureusement pas permis de douter que des ulcères syphilitiques développés à Tiotérieurdela bouche aient eu pour cause un contact empoisonné.
On est souvent porté à juger de la nature d'un ulcère par l'action des remèdes qu'on lui oppose, et le professeur Boyer regarde l'onguent mercuriel comme une pierre de touche infaillible pour indiquer le caractère
syphilitique. Je crois qu'à l'égard des ulcères de la gorge, il ne faut pas se hâter de conclure.
Une tille âgée de six ans, d'apparence scrophuleuse, était entrée depuis un mois à l'hôpital des enfans , pour y être guérie d'un ulcère qui avait détruit une partie des amygdales et du voile du palais. On soupçonnait que cet ulcère élait de nature syphilitique, cependant on ne l'avait combattu par aucun remède actif, lorsque la jeune malade fut confiée à mes soins. Le caractère syphilitique ne me parut pas suffisamment établi, et avant d'administrer un traitement spécifique, j'eus recours à l'usage intérieur de la décoction de quinquina , h des gargarisraes détersifs , à des cautérisations légères fréquemment répétées avec le nitrate d'argent, à l'emploi des révulsifs sur la peau et le canal intestinal : ainsi, pour remplir cette dernière indication, je fis appliquer et entretenir un large vésicaloire à la nuque, et je donnai trois purgatifs chaque semaine. Il survint d'abord de l'amélioration qui bientôt demeura slatiounaire. Au bout de six semaines , ne voyant aucun progrès vers la guérison , je me décidai à administrer un traitement anti-vénérien , qui se composa de cyanure de mercure, et de sirop de salsepareille. L'ulcère éprouva rapidement un changement tellement avantageux que je ne conservai plus de doute sur sa nature. Ma conviction ne fut pas de longi;.e durée :1a cicatrisation louchait à la fin lorsque, sans cause connue, le mal se reproduisit en entier dans l'espace de trois jours. Je suspendis dès-lors toute espèce de remède pendant quelque temps. Aprèsavoirlaissé suffisamment reposer la malade, je la soumis à un nouveau traitement anti-vénérien, et cette fois j'accordai la préférence au deuto-chlorure de mercure. Je n'en obtins aucun effet favorable. En quittant le service des salles où elle était couchée, je la laissai
HAtAUIE SCROPHDLECSE.
dans un état peu différent de celui dans lequel elle se trouvait au moment de son admission à l'hôpital. L'insuccès complet du chlorure de mercure et de la salsepareille administrés méthodiquement, m'avait ramené à mon idée première sur la nature de la maladie. Judi~ cium difficile!
Le fréquent usage que j'ai fait du muriate de Baryte, depuis plus de trois ans , m'a convaincu que cette substance ne mérite pas les reproches qu'on lui a adressés, et qu'elle doit être relevée de la proscription qu'on a voulu faire peser sur elle. On a beaucoup exagéré le danger de son administration. En suivant la méthode que j'ai indiquée , l'hydrochlorate de Baryte est facilement supporté par les organes digestifs. J'en donne un, deux, trois et même quatre grains par jour, suivant l'âge des enfans, sans que leur salut soit compromis, sans qu'il survienne d'accidens : cette dose est bien plus élevée que celle à laquelle on prescrit plusieurs médicamens d'un usage familier et que personne n'a eu l'idée de bannir de la matière médicale.
L'hydrochlorate de Baryte possède des propriétés incontestables contre la maladie scrophuleuse. Les résultats que j'ai obtenus , ceux dont parlent plusieurs auteurs et que j'ai indiqués précédemment, nepermettent pas d'en douter. Ce remède est surtout précieux chez les jeunes enfans par la facilité de son administration. On parvient très-aisément à leur faire prendre soir et malin une ou deux cuillerées à bouche d'une solution dont on peut corriger l'amertume par l'addition d'une petite quantité de sirop.
DES ÉVACUAiVS.
Je comprends spécialement sous ce litre les purgatifs et les émétiques. Je dirai cependant quelques mots dfis émissions sanguines et des exutoires.
TRAITEMENT, ^Sâ
En lisant les observations que j'ai rapportées jusqu'ici, on voit que j'ai fréquemment employé les purgatifs. Celte sorte de remède a été de tout temps conseillée contre la maladie scrophuleuse , et quelles qu'aient été les théories médicales régnantes , on s'est généralement accordé sur leur utilité : seulement on a varié sur l'explication de leur manière d'agir. Les uns , par exemple, les croyaient plus propres que tout autre moyen pour évacuer les humeurs peccantes, pourchasser le vice scrophuleux ; d'autres s'en servaient pour procurer l'expulsion des mucosités dont ils croyaient le tube digestif rempli, pour exciter l'action de l'estomac et des intestins. Fabre , persuadé que le principal siège des scrophules est dans les parties supérieures, les prescrivait comme révulsifs.
Il est plusieurs auteurs qui ont fait des purgatifs la base de leur méthode de traitement. Les bols de Cosle etChappot, les pilules de Janin, la teinture et les pilules de Noël , etc., sont des purgatifs plus ou moins énergiques. D'autres auteurs conseillent d'interrompre de temps en temps le traitement delà maladie scrophuleuse, pour administrer un ou deux purgatifs.
Si, d'une part, l'état de la science ne permet plusd'admettre les explications données par les auteurs , d'autre part, il est impossible denier les faits, c'est-à-dire, l'utilité des purgatifs; et cette utilité se déduit naturellement, ce me sembl]e , de l'opinion presque unanime des praticiens. C'est au moins ce qui m'a engagé à les employer. Il ne m'a point paru rationnel d'en faire la base du traitement anti-scrophuleux. J'y ai eu recours comme à des moyens accessoires, propres à favoriser l'action des remèdes que je croyais beaucoup plus essentiels. Nos organes s'habituent promplement à l'action des médicamens; si l'on veut que cette action se
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soutienne , il faut ou en auj^menier la dofîe, ou en interrompre l'usage pendant quelque lerops pour le reprendre ensuite. Il n'est pas toujours possible d'en augmenter la dose sans inconvéïiieos; il faut, dans ce cas, choisir le second parti ; c'est alors qu'un purgatif, en changeant l'état de l'estomac cl des inleslios, me paraissait propre à abréger le temps nécessaire à l'inlerruption du traitement. Aujourd'hui mes idées sur la manière d'agir des purgatifs sont grandement modifiées.
Les émctiques n'ont pas joui d'une vogue moins grande que les purgatifs dans le traitement des scrôphules : Nott Lam ad ccacuandavi, sahurramy ditKoi'lum, quant poLius ad resohendufi stases. Bordeu, Bell, Dussaussoir, Smyth, Diel, Sagar , Wilmer, Weikard, etc. , font un précepte de l'euiploi des vomitifs. Je ne lésai jamais mis en usage comme anli-scrophuleux : mais il m'arrive fréquemment de préférer à un purgatif, un éméto-calhartique , et alors je prescris le tartre stibié en lavage. J'en donne ordinairement un grain dans une livre de décoction de chiendent que l'on fait prendre par veri'ées de demi-heure en demi-heure.
Le traitement de la maladie scrophuleuse a été jusqu'ici tout empirique. L'expérience a démontré que telle substance médicamenteuse est préférable à telle autre. La théorie n'a pu rendre raison de celle préférence et tout ce qu'on a écrit sur le mode d'action des remèdes anli-scrophuleux ne peut pas supporter un examen sérieux. M;iinlenanl que la manière d'agir des causes esl mieux appréciée, celle du remède devient facile à comprendre , et le traitement des scrophules sera désormais rationnel.
La cause de celte maladie réside , ai-je dit, dans une hématose incomplète qui amène nécessairement une
mauvaise nuirilion : celle fonciioo a été lésée dans ses malériaus : en verlu du mouvemcnl de coraposilion et de décomposition qui a lieu conlinuellpraenl dans nos organes, des élémens nulriiifs de mauvaise qualité soni venus remplacer les moléculesqui, après un séjour dont la nalure a fixé la durée, onl élé éliminées. Au bout d'un temps variable, mais toujours lonçj , toutes les parties du corps sont composées de ces élémens nutritifs de mauvaise qualité ; alors la maladie scrophuleuse existe au plus haut degré. La nuirilion n'est plus seulement lésée dans ses matériaux; elle l'est dans ses organes.
On ne peut espérer d'obtenir la guérison des scropbules qu'en remplaçant par des élémens nutritifs convenablement élaborés, ceux dont la mauvaise qualité a produit le mal : on doit donc chercher à opérer le renouvellement intégral de toutes les molécules qui coDstiluenl le corps ; c'est ce que Bordeu avait bien senti.» Il ne faut pas moins, dit-il, pour guérir un écrouclleux décidé, que changer entièrement sa conslilulion, ou donner une nouvelle tournure à son tempérament; il serait inulile de s'allacher aux symptômes uniquement; il est important d'aller droit à la cause. « On comprend combien il faut de temps pour y parvenir ; combien on peut encore être éloigné du but, quoique tous les symptômes extérieurs aient di>;paru. Je dois prévenir icique toutes les fois que j'ai parlé de guérison, cela se rapportait aux symptômes extérieurs; car ce n'est pas en deux, quatre ou six mois qu'il est possible de changer cnitèreinent la constitution ; mais l'état général des malades avait subi une amélioration telle qu'il suffisait, pour prévenir le retour de toute espèce d'accident , de leur faire observer les préceptes de l'hygiène.
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Dès que l'on a placé un scrophuleux dans des conditions atmosphériques convenables, tous les moyens que l'on emploie doivent avoir pour but d'accélérer le mouvement de composition et de décomposition de nos organes. C'est sans doute de la sorte qu'agissent les médicamens qui ont eu et qui conservent le plus de vogue. C'est l'effet que produisent les évacuansjje veux parler des émétiques et surtout des purgatifs. Toutes les fois qu'une déperdition de liquide a eu lieu, l'organisme tend à la réparer, et pour cela l'absorption acquiert plus d'énergie. Lorsqu'un purgatif a déterminé d'abondantes évacuations, il a diminué la partie séreuse du sang, ainsi que l'a fort bien démontré le docteur Balzac. La réparation du sérum se fait avec des matériaux mieux élaborés, qui modifient avantageusement le sang, les humeurs, et par suite la composition des organes. On parvient ainsi par des évacuations successives, répétées à des distances convenables , à rendre beaucoup plus rapide le renouvellement de tout le corps, à changer entièrement la constitution, à Faire disparaître jusqu'aux dernières traces de l'affection scrophuleuse. Telles sont les vues qui m'ont dirigé dans l'emploi des évacuans, pour l'administration desquels il faut d'ailleurs avoir égard à i'élatdes organes de la digestion. Les substances auxquelles j'ai eu le plus souvent recours sont le sulfate de soude, le sulfate de magnésie ou le tartre siibié en lavage.
Les évacuans n'ont pas été employés seulement dans le traitement général de la maladie scrophuleuse. Il est un symptôme de celte maladie contre lequel ils sont trèssouvent administrés : je veux parler de l'ophthalmie. On préfère ordinairement les purgatifs : les émétocalharliques ne me paraissent pas moins avantageux. C'est comme moyens révulsifs que les évacuans sont
conseillés en pareil cas. Leur usage exige beaucoup de discernement : car, abstraction faite des cas nombreux dans lesquels ces médicamens sont sans utilité, il en est d'autres encore où ils ont des effets évidemment nuisibles. Toujours il m'a semblé qu'une augmentation dans l'intensité de l'ophlhalmie coïncidait avec une irritation inflammatoire des organes digestifs, soit que cette irritation préexistât à l'administration d'un purgatif, soit qu'elle fût occasionnée par la violence du remède. Il ne faut pas chercher à opérer la révulsion la plus forte possible, mais bien une révulsion qui ne mette pas les organes hors de leur état physiologique, et les purgatifs ne sont jamais plus utiles que quand leur action se borne à exciter une irritation sécrétoire. Je puis consigner ici un exemple bien remarquable de leurs bons effets contre une ophthalmie scrophuleuse.
Un garçon âgé de quinzeans étaitentréà l'hôpital pour y être guéri de la teigne faveuse et d'une double ophthalmie scrophuleuse. Le traitement externe de la teigne fut confié aux frères Mahon. On opposa à l'ophlhalmie plusieurs applications de sangsues, divers collyres, un vésicatoire à la nuque. Ces moyens furent sans effet avantageux et on abandonna la maladie à elle-même. Il y avait deux ans que l'enfant séjournait à l'hôpital lorsque je le vis pour la première fois. Ses paupières étaient habituellement collées : leurs bords étaient rouges et les cils se trouvaient pleins de chassie. Les yeux parsemés d'une multitude de petits vaisseaux injectés, étaient très-sensibles à la lumière. L'intensité du mal avait si peu varié, que le malade se rappelait à peine trois ou quatre jours durant lesquels il en avait moins souffert. L'idée me vint de recourir aux purgatifs et je prescrivis une potion composée d'une infusion de deux gros de follicules de sené dans quatre
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onces d'eau et d'une demi-once de sulfale de soude. Celle polion détermina douze selles à la suile desquelles l'élal des yeux se trouva amélioré : la polion fut répétée le surlendemain. Les évacualions furent aussi copieuses el l'amélioraiion des yeux clail beaucoup plus marquée. Une troisième polion fut adminisirée au bout de deux jours , el la guérison élait très-avancée: enfin après le cinquième purgatif, il ne restait rien d'une maladie qui datait de plusieurs années : le traitement avail duré quinze jours. Quelques applications de pommade de Lyon sur le bord des paupières avaient contribué à faire cesser la sécrétion morbide des glandes de Méibomius.
Le pyrrhonisme le plus outré oserait à peine contester ici l'inlluence de la médication : les progrès de la guérison étaient en raison directe du nombre des évacualions alvines. J'ai conservé cet enfant à l'hôpital plusde qualre mois après la disparition de l'opblhalmie. j'ai eu la précaution de le purger deux fois chaque mois. Il n'y a pas eu de récidive : la vue ne paraissait pasaffaiblie.