‹ Études sur les causes, la nature et le traitement de la maladie scrophuleuseChapitre 3 sur 44 · PRÉFACE. X · texte numérisé non relu

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faire connaître , et l'auteur prévient qu'il lui est impossible de tout énumérer. S'il est vrai que l'on puisse juger de l'opiniâtreté d'une maladie par le nombre de remèdes qu'on lui a opposés, il n'en est certainement aucune cjui puisse être mise en parallèle avec les scrophules. II Le traitement des dermatoses strumeuses est essentiellement lié à la prospérité publique. Toutesles académies , toutes les écoles devraient proposer ce sujet à l'émulation générale. Parmi les fléaux sans nombre dont la race humaine est accablée, aucun, en effet, n'oppose aux ressources de notre art une opiniâtreté plus désespérante. 11 Jlibert.

Malgré d'immenses matériaux, malgré les efforts de plusieurs hommes d'un mérite éminent, malgré l'observation journalière depres- , que tous les praticiens, l'histoire de la maladie scrophulcuse ne présente encore que doutes et incertitudes. 11 y a , dans cet état des choses, de quoi autoriser amplement l'apparition d'un nouvel ouvrage sur « une infirmité aussi honteuse que dégoûtante , qui rend l'homme un objet de rebut pour ses semblables , qui lui fait redouter l'union conjugale , qui se transmet à ses descendans, qui frappe l'enfant dans le sein de sa mère et transforme les])lus belles années de sa vie en une série de peines et de douleurs. » udliberl.

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Quoi qu'il en soit , lorsque je fus chargé du traitement d'un grand nombre de scrophuleux, , jene tardai pas à m'apercevoir du vide de la t science sur tout ce qui a rapport à ce genre de malades. Il est impossible de diriger convenablement la cure des maladies chroniques , lorsque leur cause n'est pas bien connue : aussi mes réflexions se portèrent-elles d'abord sur l'éliologie. Les auteurs ont attribué un grand nombre de causes aux scrophules : mais ils n'ont pas examiné isolement chacune d'elles , recherché leur mode d'action soit lorsqu'elles existent , seules , soit dans les différentes combinaisons | qu'elles présentent le plus souvent. Choisissons i un exemple : soit la mauvaise nourriture. D'abord on n'a point spécifié en quoi elle consiste. On n'a pas examiné son influence indépendamment de la température, de l'humidité, de l l'habitation, des soins de propreté, du genre d'occupation ; etc. , etc. : de telle sorte qu'il est impossible de déterminer la part que la nourriture prend dans la production du mal. On fait ' varier celle part suivant les idées que l'on a adoptées sur la nature des scrophules. Ce n'est pas l'observation des faits qui guide le raisonnement : c'est le raisonnement qui veut décider ce que doivent être les faits. L'aveuglement est tel que rien n'a pu ouvrir les yeux jusqu'ici. On cite deux villages dont les habitans se nour-

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rissent absolument de la même manière : les écrouelles sont fort nombreuses dans un de ces villages; elles sont fort rares dans l'autre. La plus simple conséquence de ce fait , c'est que la nourriture exerce peu d'influence comme cause de la maladie. On n'en a pas tiré cette conclusion ; on a accusé l'exposition différente des deux villages et la mauvaise nourriture a été maintenueau rangdes causes. On peut appliquer à l'humidité , au défaut de propreté , au manque d'exercice, à la disposition de l'habitation, etc. , etc. , ce que je viens de dire des alimens.

J'ai dû adopter une marche différente de celle suivie jusqu'à cejour , et cette marche m'a conduit à des résultats que j'étais loin de prévoir. On a attribué à une foule de circonstances une importance qu'elles ne méritent point, et c'est à peine si l'on a indiqué celle sans laquelle il n'y a point de maladie scrophuleuse. J'ai dû examiner les opinions de tous mes devanciers; et si je n'ai pas reculé devant le désagrément d'être le plus souvent en opposition avec eux , c'est qu'il fallait tout sacrifier à l'intérêt de la vérité. Non seulement j'ai profité desenseigneroens que m'a offerts ma position, mais j'aipris ou fait prendre des informations partout où je l'ai pu. Ainsi, par exemple, M. Deneux devait terminer à Palerme la mission d'honneur qui lui avait été confiée à Blaye. Avant son départ

fXiv PRÉFACE, pour la Sicile , je le priai de recueillir dans les hôpitaux qu'il visiterait, auprès des médecins et des chirurgiens avec lesquels il se trouverait | en rapport, tous les renseignemens qu'il pourrait se procurer sur la fréquence et les causes présumées des scropliules, sur la manière de vivre et les mœurs du peuple. On verra combien | ces renseignemens sont précieux, combien ils sont venus ajouter de force aux idées que j'avais déjà émises sur la véritable cause de la jnaladie scrophuleuse.

Malheureusement il ne m'a pas toujours été j possible d'obtenir des éclaircissemens sur tout ce que je désirais savoir. « Il est digne de remarque que la Corse en est entièrement exempte » , dit en parlant des scrophules , mon ' honorable ami M. Rocbe. Cette assertion extraite de la dissertation inaugurale d'un chirurgien militaire, ne doit sans doute pas s'entendre d une manière absolue : Elle indique seulement le peu de fréquence du mal. A quoi cela tient-il ? je ne connais personne qui ait pu me répondre à ce sujet. Il n'est pas probable que les habitans <ie la Corse soient mieux nourris , soient tenus j plus proprement, soient plus à l'abri de la sy- j •philis que ceux de beaucoup d'endroits où l'on rencontre des scrophuleux. Sont-ils plus habi- ' tuelleraent à l'air libre? cela doit être : mais il faudrait le constater. ' , ^ .\ n. r.

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