SUR LA TEIGNE FAVEUSE
puis distendue. Cependant la matière faveuse, cherchant à s'échapper au dehors, pénètre dans la portion rétrécie, dans le col du follicule; et, retenue à son orifice par l'épiderme, elle s'y dessèche en faisant corps avec cette pellicule inorganique. A mesure qu'une nouvelle quantité de matière faveuse est dirigée vers l'extérieur, elle dilate le col et l'orifice du follicule, arrive jusqu'à l'épiderme avec lequel elle s'unit en se concrétant autour de la portion déjà solide. Cette portion , d'abord conique, s'élargit et finit par se convertir petit à petit en un corps cylindrique, puis en une surface légèrement convexe, à mesure que l'orifice, s'agrandissant de plus en plus, vient se placer presque au niveau du fond du follicule dont la cavité se trouve ainsi transformée en une excavation très-superficielle.
Cependant le col et l'orifice du follicule ne peuvent s'élargir en tout sens, s'agrandir sans se détacher de l'épiderme, sans que la peau qui les entoure, refoulée sur elle-même de toutes parts, ne subisse une légère augmentation d'épaisseur, augmentation qui sera toujours proportionnée à l'évasement du follicule. L'augmentation d'épaisseur du pourtour de l'orifice folliculeux concourt beaucoup à donner au tubercule faveux son caractère distinclif, la dépression centrale; et voici comment celte dépression se forme.
Le liquide faveux, arrêté par l'épiderme, se concrète, ai-je dit, en se confondant avec lui. A mesure qu'une nouvelle quantité de liquide arrive à la circonférence de celui qui est déjà solidifié, elle fait efFort contre l'épiderme, le soulève : celui-ci, en raison du léger épaississement qu'a subi la peau qui entoure l'orifice foliiculeux, est déjà placé un peu plus haut que la portion apparente du tubercule. Le liquide remplissant tout l'espace qu'il s'est créé entre le tubercule, l'orifice
378 nECBERCnES du follicule et l'épiderrae se concrète, toujours en se confondant avec ce dernier. La concrétion parvient à une hauteur de plus en plus [jrande à mesure que l'épaisseur de la peau, auj;menlée graduellement par l'évasement de plus en plus considérable de l'orifice du follicule, soulève davanta;;e l'épiderme, dont Texlensibilité s'accroît d'ailleurs en proportion de l'espace qui doit céder. Le liquide se solidifiant de tous côtés autour d'un point arrondi, la forme du tubeçcule est nécessairement réjjulière, cylindrique.
On comprendra facilement pourquoi le tubercule primitif, intimement uni à l'épiderme, ne se soulève pas avec lui, si on se rappelle que dans les premiers temps ce tubercule a exactement la forme du follicule, qu'il présente une portion arrondie, surmontée d'un point rétréci, comme étranglé, lequel s'élargit au dehors de l'orifice. Ce tubercule, tiraillé par l'épiderme qui tend à le soulever, est retenu dans la cavité du follicule par le col qu'il ne peut franchir; il reste immobile; ce n'est que quand le col du follicule a disparu , a été complètement élargi, que la croûte faveuse peut être aisément détachée de la peau.
La dépression centrale du tubercule faveux n'est point due au hasard : sou invariabilité prouverait contre une pareille opinion. Sa for mation restée jusqu'ici inexpliquée, car je ne puis regarder comme une explication ce qu'en dit M. Mahon ; sa formation, dis-je, me paraît dépendre de la réunion des circonstances suivantes : 1° noyau central, cylindrique, maintenu en place, de manière à ne pouvoir être soulevé par l'épiderme avec lequel il est confondu par son côté extérieur ; 2° séjour forcé du liquide faveux dans un espace formé par le noyau central, la cavité du follicule et l'épiderme; 3o enfin soulèvement graduel de l'épiderme décollé, et