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sible quand on le donne pour exciier la salivation, n Plus loin , S. Cooper ajoute avec Thomson : u On ne doit pas être étonné'que les médecins , d'.iprès la grande apparence de similitude qui existe entre les symptômes, la marche, et le siège des scrophules et ceux de la syphilis, et d'après les effets bien connus du mercure dans la guérison de cette dernière maladie; on ne doit pas être étonné, dis-je , que les médecins aient mis un peu d'obstination à vouloir obtenir du succès de l'emploi du mercure dans les scrophules. Cet espoir est généralement abandonné, et le mercure ne s'admiuistre plus dans le traitement des écrouelles que comme purgatif. On a vu souvent un traitement mercuriel continué pendant long-temps et administré sans discernement, aggraver tous les symptômes des scrophules , et même , dans beaucoup de circonstances , les faire naître chez des individus chez lesquels cette maladie n'existait point auparavant. » Leprofesscur Richerand partage cntièreroenl cette dernière opinion , et il dit que le mercure, loin de pouvoir être classé parmi les remèdes efficaces contre les écrouelles, doit être rangé au nombre des causes de cette maladie. Quoique sous ce rapport je ne sois pas de son avis, et que le fait sur lequel il s'appuie ne me paraisse pas concluant, j'ai dû faire connaître son opinion en même temps que celles de Cooper , de Hunter, etc., afin de montrer le désaccord qui règne dans les idées relatives à l'usage du mercure contre les écrouelles, et par cela même le peu de vérité qu'il y a à dire que la maladie sorophuleu se réclame les mêmes remèdes que la syphilis.
Je dois déclarer que je n'ai jamais eu à me louer de l'usage des préparations mercurielles dans le traitement des scrophules , tandis que dans la syphilis elles sont le remède par excellence , celui qu'aucun autre ne peut
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remplacer, ei contre lequel on se serait beaucoup moins élevé qu'on ne l'a fait, s'il eût toujours été administré avec les soins et la prudence convenables. Loin que le mercure convienne également dans le traitement de la syphilis et des écrouelles , il m'est démontré qu'il guérit presque toujours la première, qu'il est rarement utile et souvent nuisible dans les secondes.
Quant aux préparations anlimoniales, j'ai peu de choses àen dire : elles ont étéetellessont encorebien rarement employées contre les scrophules , et lorsqu'elles onteu des effets avantageux dans le traitement de la syphilis , on a eu raison , je crois , d'attribuer ces effets bien plus à la petite quantité d'arsenic qui se trouve ordinairement mêlé à l'antimoine, qu'à l'antimoine lui-même.
Les bois sudorifiques , la salsepareille surtout, sont d'une utilité incontestable pour la guérison de la maladie vénérienne. L'expérience n'a pas démontré qu'ils fussent également avantageux contre les scrophules.
Si je passais en revue la plupart des remèdes qui ont joui de quelque célébrité dans le traitement de cette dernière maladie, les plantes crucifères, l'éponge marine, le sous-carbonate de potasse ou de chaux , Thydrochlorate de Baryte , l'hydrochlorale de cuivre ammoniacal, l'iode, etc., je irouverais que ces remèdes ne sont doués d'aucune vertu contre la syphilis. On a donc eu bien tort d'avancer que les mêmes remèdes conviennent également aux deux maladies , et de conclure de là à l'identité de leur nature.
On voit que les raisons sur lesquelles on se fonde pour regarder la maladie scrophuleuse comme due à la dégénérescence du virus vénérien , ne peuvent pas supporter un examen sérieux. Ces raisons ne sont autre chose que des suppositions gratuites ou des conséquences fausses tirées de faits mal observés. Les remarques
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qui vont suivre achèveront de dissiper toute espèce de doute dans l'esprit de ceux qui en conserveraient encore. « Dans un très-grand nombre de cas, dit Cullen , à peine peut-on soupçonner que les parens , dont les enfans sont écrouelleux , aient eu la maladie vénérienne ou un vice vénérien quelconque. « Tous les jours on peut constater la vérité de celle assertion.
Kortum fait observer avec juste raison, que si les scrophules reconnaissaient pour cause le virus vénérien dégénéré, leur fréquence devrait être en rapport avec celle de la syphilis; or , il n'en est pas ainsi : « Et quidem , dit-il , ego medicinam facio in regione et urbe lali quam nefanda illa pestis , sypbilidem intelligo, à deorum certè ira in moriales conjecia et vel vehementibus ac manifestis malis misera puniens corpora atque devastans , vcl diversissimarum aegritudinum larvis tecta in tenebris obserpens, certô tamen perdens, nondum irrepsit. Prorsùs fei'è apud nos exulant morbi venerei , inter plebem imprimis et ruricolas plané sunt inauditi ; quaequidem félicitas patrife meae cum aliis urbibus minus populosis , quse mulliplici ex dissilis regionibus hominum , juniorum prœserlira concursu, militum ^inhabitantiuni gregibus, etc., carent, communis est,raajori certè incolarura, quhm medicinam facientium lucro. Nihilominus tamen apud nos affectus scrofulosi omnis generis suntfrequeniissimi. Anne soiiim hoc exeniplum scrofularum à syphilide plenariam indepeudentiam affalim monstral? et talium regionum, ubi scrofulae creberrimcTB , inaudita verô syphilis plurimae sanè existunt , « page 19Ô. Plus loin Korluin ajoute: « Ceterùm pauperculis polissiraum et plebeiis scrofulse lùm frequenlià tùm malignitale infâmes cernuntur ; dilioresmeliorisque conditionis homines rarius nec tanlâ cum veheraeniia aggrediuntur j horum e contrà quam pauperum longe
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major numerus venereis morbis laborare solel. « Quoique celle dernière remarque ne soit pas vraie pour Paris et la plupart des grandes villes , où la syphilis est aussi répandue chez les riches que chez les pauvres ■, elle n'en a pas moins une grande valeur: elle est l'expression exacte de ce que Kortum a observé dans le pays où il pratiquait la médecine , et de ce que l'on peut voir encore dans beaucoup de campagnes.
Ainsi donc, Kortum pratiquait la médecine dans un pays où les écrouelles étaient très-communes, quoique la syphilis y fût très-rare. Des renseigneraens qui m'ont été donnés sur une des grandes villes de l'Europe, sur Palerme, m'indiquent un résultat tout opposé: la syphilis y est plus répandue qu'en aucun autre lieu du monde, et cependant il y a très-peu de scrophuleux. Je reviendrai plus loin sur les habilans de Palerme ; qu'il me suffise en ce moment de démontrer que la fréquence de l'une des deux maladies dont il est question n'entraîne pas nécessairement la fréquence de l'autre , qu'il n'y a pas dans leur existence, le rapport qu'on ne manquerait pas de rencontrer, si les scrophules reconnaissaient pour cause la syphilis.
Il me reste à faire valoir un argument sans réplique , s'il est fondé: c'est l'ancienneté différente des deux maladies. Or, qui peut douter que les scrophules n'aient été connues bien long-temps avant la syphilis? On a cependant cherché à le contester, en disant que ce dont les anciens ont parlé sous le nom de slrumes s'appliquait à toute autre affection qu'à celle que nous appelons aujourd'hui scrophules. Mais qu'on lise avec attention, avec un esprit dégagé de prévention, ce qu'Hippocrate, Galien, Celse ont écrit sur les slrumes, on verra que cela s'applique de tout point aux scrophules de nos jours. On nie l'idenlilc parce que, dit
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Haussmann , ils n'ont point parlé de la cacochymie scrophuleuse : c'est s'appuyer sur une raison de Lien peu devaleur, ce me semble , et qui d'ailleurs n'est pas exacte, puisqu'il en est question dans Galien: Comment, l'naphor., 20, sect. 3 ; on serait bien embarrasse aujourd'hui même dédire en quoi consiste celte cacochymie scrophuleuse : il s'en faut de beaucoup qu'elle se tra- , duise toujours à l'extérieur par les signes qu'ont indiqués quelques auleurs , Bordeu par exemple. Il n'est donc pas étonnant qu'Hippocrale et Cclse n'en aient pas fait mention , et que Galien en ait dit peu de choses. Quelques uns de ces signes ont cependant été indiqués vers la fin du lô*". siècle: c'est ainsi que Gordonius, Guy de Chauliac, Valescus de Tarenle signalent comme plus disposés aux écrouelles les individus qui ont collum hrave , frons curla et angusia, tempora pressa, amplœ largœque mariUœ. C'est aussi dans le treizième siècle que Roger de Parme s'est illustré en recommandant contre les scrophules un remède dont l'efficacité ne s'est pas démentie depuis: je veux parler de l'éponge de nier.
Enfin le pouvoir attribué aux Rois de France de guérir les scrophuleux fournit une nouvelle preuve de l'ancienneté de la maladie. L'histoire rapporte que Clovis jouit le premier de cette prérogative qu'illransuiit à ses successeurs, el, à celte occasion, Forcalulus, en racontant la guérison miraculeusedeLanicet, donne en ces termes la description de sa maladie : is striniiis ■iiiorbo et fœdo cl pertiiiaci correptus , glaiidiilis scilicot concrelis sircà gutlur tumentibus.W s'agit bien, comme l'on voit, d'écrouelles telles qu'elles existent aujourd'hui. Clovis se convertit à la religion chrétienne vers la fin du cinquième siècle: la faculté de guérir les écrouelles lui fut miraculeusement concédée par l'onc-
ÉTIOLOGIE. §9 lion qu'il recul de St-Remi. Or il fallait que la maladie fût déjà bien répandue , fût bien rebelle pour que l'on .eût l'idée de faire intervenir la divinité dans sa guérison. Son existence remonte par conséquent bien audelà du sacre de Clovis.
Plusieurs auteurs, reconnaissant l'impossibilité de douter que les scropbules aient été connues très-anciennement, ont voulu maintenir leur opinion sur la dégénérescence du virus syphilitique en prétendant que la maladie vénérienne a existé dès la plus haute antiquité. « Quelques savans m'objecteront , dit le professeur Alibert, que la maladie scrophuleuse est d'une très-grande antiquité , mais d'après des témoignages tout aussi admissibles , l'origine delà syphilis n'est pas moins ancienne. Ces deux affections sont à peu près contemporaines ; elles datent, sans aucun doute , des premiers écarts commis dans l'hygiène des peuples.» Page 616. Si cette assertion était prouvée , elle détruirait un des plus solides argumens que l'on puisse invoquer contre l'origine syphilitique des écrouelles. Je regrette beaucoup que M. le Professeur Alibert n'ait pas consacré quelques inslans à combattre l'opinion généralement admise à cet égard : les recherches auxquelles je me suis livré ne m'ont pas prouvé que l'origine de la syphilis remontât bien loin. Il est fait mention, à la vérité, dans des livres fort anciens, dans le léviliquc, dans les écrits d'Hippocrate , d'Arélée, de Galien , de Celse, il est fait mention , dis-je, de maladies ayant leur siège aux parties génitales et au pourtour de l'anus, de gonorrhées ou écoulement de semence, de fies, de poireaux, de condylomes , d'ulcères , etc. Mais ces affections sont considérées comme purement locales : on conseille de les traiter par des remèdes locaux. Ou ne parle eu aucun endroit d'un traitement général . des
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récidives qui devaient avoir lieu. Il n'est question nulle part de leur propriété contagieuse , seul caractère qui dénote d'une manière certaine leur nature syphilitique. Si un pareil mode de transmission eut existé, serait-il resté inconnu aussi long-temps? Guillaume de Salicet paraît être le premier auteur qui l'ait indiqué. Il décrit des pustules blanches en la verge pour avoir habité charnellement avec mie femme infecte, Guillaume de Salicet mourut en 1280 et, en 1296, son disciple LanFranc en parle également dans sa grande chirurgie : In virgâ virili ulcéra veniunt ex commixtione cum fœdâ muliere quae cum segro talera habente morbum de novo coïverat. » Il s'agit bien, comme l'on voit , d'ulcères vénériens : ce ne fut cependant que deux cents ans plus tard que la syphilis fut bien connue; elle sévit tout-àcoup , et dans difFérens pays en même temps , avecune violence telle que non seulement beaucoup de personnes en furent atteintes , mais que sa guérison était trèsdifficile et qu'elle fit de nombreuses victimes : aussi la fin du quinzième siècle , et le commencement du seizième virent-ils paraître un grand nombre d'écrits sur cette maladie ; des opinions très-diverses furent émises sur sa cause , son origine : et presqu'en même temps, en Angleterre, en France, en Italie, en Espagne, des lois sanitaires furent rendues, à l'imitation du règlement donné à Avignon, par la reine Jeanne l". , en 1347 , pour le lieu public de débauche.
De tout temps, les organes de la génération ont été, comme les autres parties du corps , sujets à devenir malades : pas plus que d'autres organes, ilsn'ont besoin pour s'enflammer et s'ulcérer , d'une cause spécifique. Ne les voyons-nous pas touslesjours , ainsi quele pourtour de l'anus, être le siège d'affections qui ne sont pas de nature syphilitique? Tout ce que les anciens ont
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écrit sur les maladies des organes de la génération me parait devoir être rapporté à des affections de cette espèce , à des affections purement locales , non spécifiques. J'ajouterai en terminant , que quand bien même on viendrait à découvrir que la syphilis a été connue de toute antiquité , on n'aurait pas prouvé pour cela qu'elle est la cause des scrophules. On aurait seulement annulé un des argumens que l'on emploie pour combattre l'opinion d'Astruc.
De tout ce qui précède, il résulte, ce me semble, qu'il n'y a rien de syphilitique dans les écrouelles : que celles-ci ne sauraient avoir pour cause une dégénérescence du virus vénérien , dégénérescence dont la réalité est si peu prouvée , qu'il serait impossible de dire en quoi elle consiste. C'est un point qu'il était d'autant plus important d'éclaircir , que de la solution delà question résultent des indications capitales pour la prophylaxie et la cure de la maladie scrophuleuse. On me pardonnera d'ailleurs la longueur des détails dans lesquels je suis entré quand on saura que j'avais à combattre des idées très- accréditées, présentées et défendues récemment avec beaucoup d'art dans la monographie des Dermatoses. Je ne saurais partager l'avis de son illustre auteur lorsqu'il dit « Nul doute que la plupart des scrophules à Paris ne soient des syphiîides déguisées. » La maladie syphilitique est très-répandue à Paris. Les cnfans qui y naissent doivent par conséquent provenir souvent de parens qui en ont été infectés. Doit-on inférer de là que les écrouelles qui se développeront seront dues à celte cause? Je ne le pense pas; et dans les faits nombreux qui se présentent chaque jour à l'observation, on peut toujours reconnaître qu'il existe des circonstances autres que la préexistence de la syphilis chez
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les parens , circonstances qui suffisent seules, qui n'ont besoin d'aucune coopération pour faire naître les scrophules.
DES ALISIENS ET DES BOISSOiVS , DE QlJELQi;ES MÉDICAMENS ET POISONS.
On a fait jouer un grand rôle aux alimens et aux boissons dans la production des scrophules. On a beaucoup exagéré sous ce rapport. Il était peut-être difficile qu'il en fût autrement. En effet , la maladie scrophuleuse sévit plus spécialement surlaclasse indigente, et presque toujours les personnes qui en sont affectées font usage d'alimens grossiers , de mauvaise qualité. On a dû être naturellement conduit à établir un rapport direct entre le genre de nourriture et la maladie : la liaison a paru si claire, si évidente, qu'on a négligé d'autres circonstances qui , à la vérité, frappaient moins l'esprit. Ajoutons que cette cause s'accordait merveilleusement avec les théories humorales. Le chyle doit nécessairement participer de la nature des alimens, et on le croyait acide ou alcalin, épais, visqueux, etc., suivant les idées que l'on avait adoptées sur la nature intime du mal. Dans la persuasion où l'on se trouve que la vérité tout entière est connue sur ce point, on se borne à répéter ce qui a étendit par nos devanciers.
Cependant quand on observe les scrophules sur un grand nombre d'individus, on est frappé d'un fait, qui, avec les opinions généralement admises, paraît inexplicable : c'est que des individus qui font usage d'une nourriture succulente, recherchée même, peuvent devenir scrophuleux : cela n'est point du tout rare à Paris. On y voit souvent des enfans appartenant
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à des parens aises, riches même, être aEFeclés tl'écrouelles quoiqu'on apporte le plus grand soin dans leur nourriture, quoiqu'on fasse choix pour eux du meilleur pain, d'excellent vin , de viandes de première qualité. On peut donc devenir scrophuieux malgré l'usage d'une bonne nourriture.
On accordera beaucoup moins d'importance aux alimens considérés comme causes des écrouelles, si l'on compare ce qui arrive dans les grandes villes, Paris enlr'autres , avec ce qui se passe dans beaucoup de villages.
A Paris, les enfans des ouvriers ont de bon painj ils mangent souvent de la viande, boivent du vin. Ils sont cependant scrophuieux en grand nombre. Dans beaucoup de villages , au contraire, dans la Picardie, par exemple, les enfans n'ont que du pain noir j ils boivent de l'eau , mangent rarement de la viande , encore est-ce le plus souvent du lard. Ils vivent de lait, de légumes. Cependant les scrophules y sont fort rares.
Qu'on lise le mémoire de Madier sur la topographie médicale de Bourg-Sainl-Andéol , on y verra que le pain et le vin y sont à très-bon marché et de bonne qualité : « Les autres alimens du peuple, y est-il dit, sont la viande de cochon et les poissons salés, le fromage , les légumes et gruaux qui, ainsi que la viande de boucherie et autres denrées nécessaires à la vie, sont toujours ici à un assez bon prix et moins chères que dans les autres villes du voisinage. Depuis quelque temps, ou mange en hiver beaucoup de pommes
de terre H n'y a point de climat qui paraisse moins
propre que celui-ci à donner naissance aux écrouelles par les qualités de l'air, de l'eau et le genre des alimens dont se nourrissent les habitans j elles y sont cependant très-communes, n M cm. de fa sociéié Roy.
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rfeMdt^., années 1780 et 1781. «On ne peut y trouver d'autre cause , ajoute Madier, que dans les étrangers qui s'établissent chaque année dans la ville. La plupart viennent des monlagnes du Vivarais et d-j Dauphiné pour servir en qualité de domestiques. » Je ferai voir ailleurs qu'il existe une cause puissante dont Madier n'a tenu aucun compte: j'ai voulu montrer ici que les scrophules peuvent se développer malgré l'usage d'une bonne nourriture. Il est certain en outre qu'elles peuvent affecter des individus qui, après avoir été bien portans dans des lieux pauvres , misérables, sont actuellement beaucoup mieux nourris. On trouve à cet égard des faits concluans dans le mémoire de Bordeu : « Les cadets de certaines bonnes maisons de paysans de nos montagnes, dit-il, se destinent ordinairement à l'état ecclésiastique : le séjour qu'ils font en conséquence dans les villes, change quelquefois leur tempérament d'une manière si remarquable , qu'ils sont constamment ou les seuls écrouelleux de la famille, ou du moins les plus faibles, tandis que leurs frères qui vivent les six mois de l'année sur les montagnes, sous . de simples cabanes , sujets à toutes les injures du . temps, se portent mieux qu'eux. « ^joj/e 110. On no i peut pas supposer qu'ils aient dans les villes une nour- • riture plus grossière, moins succulente que dans lesi montagnes. Au surplus voici un fait qui ne permet au-' cune espèce de doute : « Entre plusieurs exemples que • nous pourrions rapporter , dit Bordeu , nous nous con-tenterons d'observer ce qui est arrivé l'année dernière; à un enfant qu'une princesse prit en affection à Barèges. . Il couchait sur la dure, ou tout au plus sur le gazoni qu'il partageait avec les brebis. Il n'avait pour vivre; que le peu de mauvais pain que ses parens pauv^es^ pouvaient lui fournir, avec quelques verres de petit i
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lait souvent fort aigri. Il s'avisa de mendier. Il frappa tout le monde par sa candeur, et par ses saillies naturelles : il mérita les bontés de la princesse ; mais il en a peu profité : car depuis qu'il a été placé comme il faut, couché à son aise, nourri mollement, et qu'on lui a donné les premiers principes d'éducation, il est devenu très-malade : son foie et son mésentère se sont engorgés, les écrouelles se sont décidées; il est aujourd'hui mort ou mourant. Cette révolution s'est passée dans un an : car il se portait à merveille l'année passée et paraissait plus vigoureux et plus sain que ses frères, ses aînés qui sont aujourd'hui très-forts, quoique les écrouelles ne laissent pas de se faire entrevoir chez eux. » pago 11 1. On ne peut , je crois, rien déplus concluant que ce fait. Les écrouelles se sont manifestées quelque temps après qu'une mauvaise alimentation eut été remplacée par une alimentation de bonne qualité , après que l'on eut substitué à une nourriture com- "Iposée d'un peu de mauvais pain , de quelques verres de Pipetitlait souvent fortaigri, qu'on eut substitué, dis-je, ''''Ides alimens de bonne nature en quantité suffisante, itl J'ai déjà dit qu'il y avait très-peu de scrophuleux ntlparmi les gens du peuple à Palerme, quoique la syiiir-lphilis y fût très-commune : et cependant leur nourriiliwture se compose de fruits qui le plus souvent ne sont jD-lpas mûrs, d'un peu de blé de Turquie que l'on a fait Hatlcuire dans l'eau, quelquefois de poisson, ou de quelcoiiques pâtes. On jugera de ce que doit être celle nourrijièr«|lure lorsque l'on saura qu'elle leur coûte à peine un ou par jour.
En voyant d'une part les écrouelles se développer ihez des personnes qui font usage d'une bonne nourrij,r(i|lure : en les voyant d'autre part épargner des individus ui se nourrissent de la manière la plus grossière , la
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plus misérable , n'esl-on pas en droit de conclure que la nature et la qualité des alimens entrent pour peu de choses , sinon pour rien , dans la production de celte maladie? C'est une vérité que de nouveaux détails vont rendre plus palpable encore.
Voyons quels sont les alimens que l'on a plus parliculièreraent accusés de faire nailre les scrophules. An i premier rang on a placé une nourriture végétale, et. surtout le pain mal préparé, les légumes farineux. J'ai i déjà parlé du pain que mangent beaucoup de paysans : ce pain est fait le plus souvent avec la farine de seigle ou i d'orge, il est noir, mal levé, ordinairement mal cuit.. C'est du mauvais pain dans toute l'acception du mot : ii I arrive fréquemment que les habilans de la campagne; n'en ont pas autant que leur appétit en demande : ils y ' joignent, lorsqu'ils le peuvent, des pois, des haricots; et surtout des pommes de terre. Malgré une nourriture ; si peu substantielle et de si mauvaise qualité , ils ne; deviennent pas scrophuleux. Attribuer les sciophulesj qui régnent endémiquement parmi le peuple de Gœt-tingue au grand usage qu'il fait des pommes de terre, . c'est vouloir que ces tubercules aient à Gœtiingue des; qualités nuisibles qu'ils ne possèdent pas ailleurs. Je doisi faire remarquer cependant que l'on a reproduit d'une; manière absolue, une assertion que Haller n'availt émise qu'avec doute : « Wihi id malum in pueris Gœl-lingae adeô frequens apparuit, ut vix milii (emperemi quin solani luberosi nimiùm cum inerte vità cunjunctum i usum accusera.') Elément. Physiol. T. 1., pag. l'Jô.
C'est avec aussi peu de raison que l'on a accusé les s pommes de terre et la bière de donner naissance auxt écrouelles chez les Nègres que l'on transplante d'Afrique ■ en Europe: et l'observation d'Hufcland , qui a remar-qué que cette maladie est très-commune dans les pays»
ÉTIOLOGIE. -47 OÙ l'on nourrit les enfans avec les pommes de terre, ne mérite pas l'importance qu'il paraît lui attacher; pour que les conséquences qu'il en déduit fussent vraies, il faudrait que la maladie existât toujours et exclusivement dans les endroits où l'on fait un grand usage de ces tubercules. Or il n'en est pas ainsi. Le contraire s'observe dans une fouie de localités , et les écrouelles n'étaient pas moins répandues qu'aujourd'hui à l'époque encore peu éloignée où les pommes de terre n'étaient pas employées comme aliment.
Les Indiens vivent presqu'exclusivement de riz : je ne sache pas qu'il y ait parmi eux beaucoup de scrophuleux. Je liens de mon savant ami , le docteur Dubois, d'Amiens , qu'en temps de paix les soldats de l'armée Russe ne mangent jamais de viande. Leur nourriture se compose en grande partie de ce qu'ils appellent cacha .-c'est un mets qui se prépare avec l'orge, le blé sarrasin et l'avoine. A une certaine époque de l'année, ils y joignent une grande quantité de champignons, qui, comme l'on sait, contiennent très-peu de principes nutritifs. On ne voit cependant pas de scrophulcs parmi eux ; et certes ce n'est pas la boisson dont ils font usage qui peut compenser ce que leur nourriture a d'insuffisant. Cette boisson , qui est connue sous le nom de Kwas , se fait en délayant la farine de seigle dans l'eau. On y ajoute un dixième de seigle germé ; on place le tout dans un four ; on y mêle une grande quantité d'eau froide , on décante et on laisse fermenter.
Hufeland signale l'allaitement artificiel comme une cause puissante d'écrouelles. « J'ai presque toujours observé, dii-il, que les enfans qu'on élevait de celte manière , étaient plus ou moins disposés à la maladie scrophuleuse. » On ne voit rien de semblable en France. Dans la Normandie , dans le Maine où la plupart des
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enfans sont nourris au biberon, la population est forte, robuste : on n'y rencontre pasplus descrophules qu'en d'autres contrées. Avec l'allaitement artificiel existaient certainement d'autres circonstances qui auront moins attiré l'attention d'Hufeland et dont il n'aura pas cru devoir tenir compte. Ce praticien remarque avec beaucoup de raison que les animaux qui fournissent le lait sont purement herbivores, tandis que la femme lire sa nourriture tout à la fois du règne végétal et du règne animai. MaisMa conséquence qu'il en déduit par rapport au chyle provenant du lait des animaux , n'est pas du tout démontrée. Quelles sont les expériences qui établissent que ce chyle a une disposition à l'acidité? Une pareille assertion n'a-t-elle pas été dictée plutôt par les idées dominantes sur la nature intime des scrophules, que par des faits? Tout en reconnaissant que l'allaitement naturel est de beaucoup préférable à l'allaitement artificiel, je ne puis voir dans celui-ci une cause de scrophules.
Kortum blâme avec raison l'habitude systématique de certaines personnes qui refusent de la viande aux enfans jusqu'à l'âge de cinq et même sept ans : « Sunt ex nobiliori hominum classe parentes , qui infantibus suis carnes omnes denegant usquè ad quinlum, quin septimum annum , eosque solis vegetabilibus, pane triticeo,vel bis cocto , lacté et oleribus nutriunt, rairuni indè tenellis beneficium contingere existimantes. Aliquoties verô jam talibus parenlibus , diaetamhanc infantilem maximè ergà me glorianlibus , in infantum corporibus abdomen turaidum, et initia cachexiae scrofulosœ ostendi, adeôque illos non perfeclè , uti parentes exislimabant, sanos esse monstravi. Ceriè talis di.-ela merè vegetabilis in nostro temperatiori climate in infantes jam alterum annum et idtrà natos minime qua-
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drat. » T. 1. pag. 299. Il est bien reconnu que les personnes qui font usage d'une nourriture exclusivement végétale , sont beaucoup moins robuste^ que celles qui vivent de viandes. 11 peut en résulter une prédisposition indirecte aux scrophules, en raison de la résistance moins grande que l'on oppose à l'action de la vraie cause de la maladie. C'est ainsi que s'explique tout naturellement la remarque de Weikard, « Qui eos infantes praj aliis rachitidi obnoxios esse, innuit, qui juxtà consueludinem melioris condilionis hominum , usquè ad quinlum vel septimum annum absque carnibus cducantur. » Mais qu'il y a loin d'une pareille prédisposition, qui n'est au reste qu'une faiblesse de tout l'organisme , qu'il y a loin , dis-je , de là à la production d'une affection spéciale, sui gcncrifi , de la maladie scrophuleuse. Enfin, Kaempfa très-bien apprécié les mauvais effets d'une alimentation purement végétale, insuffisante, lorsqu'il dit : » Se multis infantibus quos laclei cibi , juscula aquosa et olera cum aquu coda, quae nalurâ suâ parcum solummodô et acidum nutrimenlum suppedilent miserè emaciârant, solius diœtœ animalis ope firmam florentemque corporis constitulionem conciliasse. » L'opinion de Korlum me paraît victorieusement comballue par la bonne santé des peuples qui se nourrissent exclusivement de végétaux non seulement dans les premières années de leur existence , mais encore pendant toute leur vie.
Les alimens grossiers, indigestes, de mauvaise qualité, tirés en grande partie du règne végétal, forment la nourriture habiluelie des gens pauvres, de ceux chez lesquels on observe le plus souvent la maladie scrophuleuse. C'est un fait que l'on ne peut contester: mais je ne saurais y trouver la cause de la fréquence plus grande des scrophules dans les classes inférieures de
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la société, el Kortum a eu ton (le dire à ce sujet: «Ilinc ratio reddi polerit cur plerique scrofulosi ex infimâ liominum classe sint. » Si son assertion était fondée, on ne verrait pas dans les mêmes contrées , des villages entiers être épargnés par les écroueiles, tandis que quelques autres en sont infectés, quoique la nourriture lies habilans ne soit pas meilleure dans les uns que dans les autres. On ne verrait pas cette maladie être aussi commune dans les pays où le peuple mange de la viande , du pain de bonne qualité, que dans ceux où il ne vit que de pain d'orge ou d'avoine, de légumes farineux , et de châtaignes; on ne laverraitpasattaquerégaleraent les Anglais dont la nourriture habituelle se compose de bon pain , de viande de bœuf, de bière, et les Ecossais qui se nourrissent de mauvais pain , de légumes et d'eau, ■l'ajouterai que si la mauvaise alimentation était une cause réelle de scrophules, celles-ci seraient fort rares dans les classes aisées , ce qui n'est pas; elles seraient mille fois plus communes encore dans les classes pauvres où très-peu d'individus devraient en être à l'abri.
Parmi les accidens locaux considérés jusqu'ici comme appartenans à la maladie scrophuleuse , il n'en est pas sur la production desquels une mauvaise nourriture ait paru avoir plus d'influence que sur le carreau. On voyait les bouillies épaisses, les châtaignes, les pommes de terre, les gâteaux mal levés, les sucreries, etc., donner lieu à un chyle de mauvaise nature, gonfler l'abdomen, engorger directement les glandes du mésentère. En désignant sous le nom de carreau toute espèce d'engorgement des ganglions mésentériques, on a confondu deux états très-dilférens, et par suite on a attribué à une mauvaise alimentation des eÉFels qu'elle ne saurait avoir.
Loi sque les extrémités des vaisseaux absorbans sont
enflammées ou ulcérées, il arrive fréquemment que les ganglions auxquels ces vaisseaux vonl aboulir s'enflamment également. C'est ainsi que l'angine tonsillaire, que des aplithes dans l'intérieur de la bouche amènent souvent le gonflement, l'inflararaalion des ganglions lymphatiques voisins : c'est ainsi que les glandes inguinales se lumélient , s'enflamment fréquemment dans le cours de la blennori hagie : c'est ainsi que dans la fièvre typhoïde , il y a toujours un plus ou moins grand nombre de ganglions mésenlériques qui s'enflamment. On comprend que l'inflammation de la membrane muqueuse intestinale produite par l'usage d'alimens indigestes , pardesalimens pris en trop grande quantité , puisse et doive donner lieu à l'engorgement inflammatoire de ces mêmes ganglions. Mais de même qu'à la suite d'une angine, d'aphthes , d'une blennorrhagie , d'une fièvre typhoïde, i'eugoi-gement , l'inflammation des ganglions lymphatiques ne prennent point le caractère scro|)huleux , de même ils restent à l'état simple, quand ils sont la suite d'une irritation due à des indigestions plus ou moins souvent répétées. Si ces engorgemens s'abcèdent quelquefois, le plus ordinairement, ils se terminent par résolution aussitôt que leur cause a cessé d'agir. Un régime bien ordonné suffit pour amener lu résolution des engorgemens mésenlériques.
Mais quel que soit le siège des ganglions lymphatiques enflammés , si l'individu sur lequel ils s'observent a été ou reste exposé pendant un temps suffisant à l'action d'une cause particulière , on voit l'inflammation changer de nature. Les ganglions deviennent le siège de tubercules. Il n'est plus permis désormais d'en obtenir la résolution. Ou bien ils persisteront dans le même état peudant un temps indéfini, ou bien une inflammation éliminatoire viendra expulser la matière tuberculeuse.
^2 MALADIE SCUOPIIULEUSE.
Les choses se passeront de la sorte, que les {jarijjlions engorpés soient situés au coi, dans les aines, dans le iTiésenlère ou ailleurs. Mais de mërac qu'une angine, des aphihes, la blennorrhagie , la fièvre typhoïde ne sauraient par elles-mêmes faire nailre des engorgemens tuberculeux, de même aussi une alimentation grossière, indigeste , ne peut seule amener la formation de tubercules dans le niésenlère, du véritable carreau. Une pareille alimentation est susceptible de déterminer l'inflammation de la membrane muqueuse intestinale et par suite celle des ganglions mésentériques : mais cette inflammation restera simple, s'il n'y a pas d'autre cause : pour qu'elle devienne tuberculeuse , il est nécessaire qu'il s'y joigne des circonstances particulières.
Ces considérations sont entièrement applicables à l'ingestion d'une quantité trop grande d'alimens , quel que soit d'ailleurs leur nature. « Licet oplim£E indolis cibi sint, nirais tamen eorumdem ingurgitalio sivè gulositas detrimentuui alTert , canalis aliraentaris frangit vires atque digeslioneni pessumdat. Pessima est pravorum alimenlorum ingluvies. » Kortum. Interprétées d'aprèsles idées que je viens d'exposer ces paroles sont de la plus grande vérité.
Je ne m'arrêterai pas à examiner en particulier l'influence nuisible reprochée à chaque substance alimentaire, au pain mal préparé, aux bouillies de farine de froment, de seigle, d'orge, d'avoine, de blé de Turquie , de riz , aux pommes de terre , aux fèves , pois , lentilles, aux champignons, aux fruits de toute espèce murs ou non murs, au sucre, à la chair de dilférensaniniaux , aux poissons , aux œufs , au beurre , au fromage etc. etc. Il est peu d'alimens que l'on n'ait accusé d« produire les scraphules, preuve manifeste d'erreur. On ne cite du reste aucun fait concluant. On s'est bien
IÉTIOLOGIE. 5S moins occupé de recueillir des observations exactes que de faire concorder les idées que l'on avait sur les (qualités de telle ou telle substance alimentaire, avec l'opinion que l'on avait adoptée sur la nature intime de la maladie scrophuleuse. Tel auteur qui croyait les écrouelles dues à la présence d'un acide ou d'un sel calcaire, accordait une influence très-grande aux aliraens acides ou chargés de principes calcaires : tel au- ! l'c auteur qui ne voyait dans la maladie qu'une lymphe «paisse, visqueuse, accusait principalement les subsiances qu'il croyait fournir un chyle très-épais, les bouillies par exemple, les pommes de terre. C'est ce qui explique pourquoi on trouve conseillés comme moyens propres à guérir les scrophules des substances qui, aux yeux d'autres médecins , sont propres à les iaire naîlre. On connaîtle dissentiment qui existait entre îlondelet et Baillou sur le traitement de celte maladie, llondelet recommandait l'usage des stimulans et des toniques. Bailiouadraettant l'existence d'une acrimonie par- I iculière des humeurs, pensait que cette acrimonie devait i'tre]augraentéepar de semblables moyens : aussi avait-il la plus grande confiance dans l'emploi des substances douces. Deux opinions toul-à-fail opposées ont été émises relativement au lait. Tandis que Bordeu l'accuse de favoriser le développement des scrophules, à raison de sa tendance à l'acidité , Baillou et Wiseman le regardent ( omme un excellent antiscrophuleux. Il me paraît aujourd'hui bien prouvé que ces deux opinions sont également erronées : La belle santé des anciens peuples (ie pasteurs qui vivaient presqu'exclusivement de lait, de fromage démontre assez que le lait ne produit pas les écrouelles : je ne le crois pas plus capable de les ;;uérir.
Il me reste à examiner l'influence des boissons. Je
MALADIE SCROPHDLECSE.
ne connais aucun fait d'où l'on puisse rigoureusement conclure que les vins acidifiés, le cidre, la petite bière ou toute autre boisson préparée , soient susceptibles de produire la maladie scrophuleuse. On a agi pour les boissons comme pour les aliraens. On a cherché à faire concorder les idées répandues sur leurs qualités avec Jes opinions que l'on avait sur la nature de la maladie. Ce que l'on a écrit sur l'influence malfaisante de certaines eaux repose sur des faits qui perdront , je crois, beaucoup de leur valeur par l'analyse à laquelle je Vais les soumettre.
L'eau qui provient de la fonte des neiges ou des glaces passait pour très-insalubre chez les anciens. On la disait crue , dure , d'après la croyance où l'on était que la congélation lui avait enlevé son principe le plus doux. Cette eau est de moins facile digestion que l'eau de rivière. Ou ne peut en disconvenir : mais on sait aujourd'hui que cela lient, non à une diÉFérence de composition, mais bien à ce que la quantité d'air atmosphérique interposé entre ses molécules est moins considérable. L'observation démontre que l'usage de Teau de neige est tout-à-fait étranger à la production des scrophules. Envoyant la belle santé dont jouissent leshabilans des montagnes, eux qui n'ont d'autre eau que celle qui découle des glaciers , eux qui la reçoivent les premiers, il faut chercher une autre cause aux écrouellcs qui désolent les habitans des vallées et des plaines. Une remarque semblable a été faite par rapport aux eaux séléniteuses. Bordeu a vu la maladie scrophuleuse très-commune dans les villages qui ne sont séparés que par un torrent d'autres villages où les Ocrouelles sont fort rares. Les habitans des deux rives se nourrissent de même , boivent de la même eau qui est pour l'ordinaire celle du torrent mitoyen. Saussure
ÉTIOLOGIE. 85
fait observer que les habitans de la cime des montagnes boivent la même eaii que les habilans de la vallée el cependant on ne trouve pas de scrophideux parmi les premiers, tandis qu'on en rencontre beaucoup chez les derniers. La conséquence de ces remarques est facile h déduire : elle me paraît sans réplique. Deluc dit bien que partout où il a vu des scrophuleux , les eaux étaient séléniteuscs. Mais pour que la conclusion qu'il veut en tirer fût exacte, il faudrait qu'il eût rencontré des scrophuleux partout où les eaux sont sélénileuses : or il n'en est pas ainsi. II existe une très-jjrande différence entre l'eau de la Seine et l'eau d'Arcucil par rapport aux sels qui y sont contenus. L'eau d'Arcueil est beaucoup plus charjrée de sulfate de chaux. On n'observe
. pas, comme le remarquent très-bien Fournier et M. Regin, que les scrophuies soient plus nombreuses dans les quartiers où cette eau se distribue que dans ceux où l'on fait usage exclusivement de l'eau de la Seine.
' Elles y sont au contraire moins répandues, comme me l'ont prouvé les recherches que j'ai faites à cet égard sur la demeure des scrophuleux admis à l'hôpital des enfans pendant plusieurs années. Celte différence tient à des circonstances lout-à-fail indépendantes de la nature des eaux.
Que les eaux privées d'air, que celles qui tiennent en dissolution une proportion très-grande de sels calcaires , se comportent à l'égard de l'estomac autrement que les eaux pures et bien aérées, qu'elles soient, comme on le dit vulgairement, lourdes et indigestes, je ne .le contesterai pas. L'observation semble le prouver. Mais il y a bien loin d'un pareil effet à la produc- ■ tion des scrophuies.
Jusqu'à quel point peut-on rapprocher des eaux séléniteuscs le lait des vaches pommelières, qui, comme
156 MALADIE SCIlOPIll'l EUSE,
je l'ai dit précédemment, contient sept fois plus de phosphate de chaux que celui fourni par une vache bien portante? je ne connais aucun fait propre à résoudre celte question çt l'analogie ne pourrait conduire qu'à des conjectures.
Je ne puis laisser passer sans examen ce quia été écrit relativement à l'influence de l'eau sur la sanlé des habitans de Rheims.Voici ce qu'on lit dans un mémoire de Thouvenel inséré parmi ceux que renferme l'histoire de la société royale de médecine , années 1777 et 1778.
« Depuis qu'un excellent citoyen de celte ville a » sacrifié généreusement des sommes considérables n pour faire construire sur un canal de la Yesle une ma- » chine hydraulique au moyen de laquelle les eaux de » celte rivière sont portées et distribuées dans tous les » quartiers de la ville, on a remarqué un changement « avantageux dans la sanlé des habitans, non-seulement » par rapport au vice goitreux, mais même relaiive- » ment au vice écrouelleux , qui n'était pas moins « commun que le premier. Outre ces remarques géné- » raies et la croyance vulgaire, je me suis encore » assuré plus particulièrement de la diminution des » écrouelles. Nous avons ici un hôpital dit de Saint- » Marcoulf, consacré uniquement aux malheureux » attaqués de celle cruelle maladie. J'en ai consulté les » registres et j'ai vu que le nombre des malades était » diminué de plus de moitié depuis environ trente ans. » Les religieuses hospitalières m'ont de plus assuré qu'il I) diminuait tous les jours, n
« Telle est, dit Thouvenel , la réponse d'un célèbre médecin de Rheims, M. Laigniéres, à ce que je lui demandais en 1777 sur les eaux potables de celte ville. » 2}age 280.
Pour compléter ce qui a rapport à la ville de Rheims
ÉTIOLOGIE. 87 je transcrirai ce que M. Lepelletiera consigné dans son traité sur les scrophules. « L'influence des eaux de mauvaise qualité n'a point échappé aux bons observateurs. Elle est encore bien prouvée par une observalion que M. le Baron Desgenettes a eu la bonté de me communiquer. Ce savant professeur ayant fait en 1806, à Rhcims. l'inspection de l'hôpital de St.-Marcou, spécialement consacré au traitement des écrouelles , apprit par les registres <le cet établissement, que le nombre des scrophuleux avait notablement augmenté dans la ville et dans l'hôpital, depuis que les eaux de la Vesie n'y arrivent plus dans la même quantité, faute des moyens pécuniaires pour entretenir la machine hydraulique et les tuyaux de conduite, et qu'on était réduit à l'usage des eaux stagnantes et de moins bonne qualité.» Page 43.
Le rapprochement de ces observations donne une bien plus grande valeur aux conséquences que l'on ea ,\ déduites : on croirait ces conséquences inattaquables, et cependant elles ne sont pas exactes : tant il est souvent difficile de parvenir à la connaissance de la vérité.
Il était de croyance immémoriale et vulgaire à Rheims que les écrouelles avaient leur cause dans l'usage de l'eau de puits. Un riche et bienfaisant chanoine , Godinot, consacre une partie de sa fortune à la construction d'une machine qui doit distribuer dans toute la ville l'eau de la rivière de Vesle. En 1755, des fontaines publiques fournissent partout de l'eau en abondance. On devait s'attendre à voir diminuer le nombre des ccrouelleux : c'est en effet ce qui arriva vers la même époque. Avec les idées généralement répandues , il était impossible de ne pas voir une liaison directe entre l'usage des nouvelles eaux, et la diminution de la maladie scrophuleusc : et de même qu'on attribuait sa
.88 MALADIE SCKOPHULECSE.
fréquence à l'eau de puils, de même on rapporta sa dirainulion aux meilleures qualités de l'eau de la Vesle. Le rapport paraissait si évident qu'on n'eut pas même la pensée de soupçonner qu'on pouvait se tromper. Cependant si on eût examiné de plus près, ou eût conçu des doutes. En effet, Laij^nières dit en 1777, que d'après les registres de l'hôpital Saint-Marcou, le nombre des scrophuleux a diminué de plus de moitié depuis environ trente ans. Or c'est seulement en 1753, vingt-quatre ans au plus à l'époque où Laignières écrivait, que les eaux de la Vesle ont été distribuées dans Rheims. L'époque de la diminution de la maladie est par conséquent antérieure de six ans à celle de l'usage de l'eau de la rivière de Vesle. Une erreur de six ans sur trente eût été de peu d'importance, facile d'ailleurs à comprendre, si la croyance vulgaire, la tradition, eussent seules témoigné de la fréquence moins grande des scrophules. IMais une pareille erreur n'est pas possible avec les registres d'un établissement public exclusivement consacré au traitement de la maladie. Cette différence de date suffit pour détruire toute l'influence que l'on avait attribuée à l'usage des nouvelles eaux, et montre qu'il faut rechercher une autre cause à l'amélioration de la santé des habitans. Pour qui connaît l'histoire de la ville de Rheims, cette cause est facile à trouver: «L'époque la plus brillante de l'administration de Rheims, dit M. Geruzez, est du milieu du siècle dernier, vers 1746, époque où M. de Pouilly fut nommé lieutenant de ville. Alors une philosophie douce et bienfaisante animait tous les hommes éclairés d'iia rang élevé. Toutes les têtes fermentèrent pour l'embellissement de Rheims, pour tous les projets nobles et utiles. Rheims renfermait dans son sein plusieurs sayans d'un mérite éminent, et pour comble de bon-
IÉTIOtOGIE. S9 eur, au milieu d'eux se trouvait le chanoine Godinot dont la bourse intarissable était toujours ouverte pour les besoins de sa patrie et de ses concitoyens. Il est rare et difficile de trouver une telle réunion d'hommes cl de circonstances. Ce moment est pour Rheims , s'il vil permis de comparer une ville à un {gouvernement, ce que le siècle de Périclès a été pour Athènes. » Descript. histor. et slatist. de la ville do Rhvùns, p. 370, Toiii. 2.
Ce fut, en elfel, vers cette époque, trente ans environ avant celle où Laignières lit ses recherches, qu'une fjrande place, la Place Royale, fut établie dans l'enilroit la plus peuplé et le plus passant de la ville. Les rues étaient très-étroites et tortueuses. Ces rues disparurent : on en perça de plus larges sur d'autres points. Beaucoup de maisons furent démolies et remplacées par d'autres disposées d'une manière salubre. La confusion des rues et des maisons était surtout sensible au marché et dans les environs : ce qiiarlicr est le plus fréquenté. Un arrêt du 8 août 1755 ordonna l'élargissement des rues. L'établissement des fontaines, qui sont aujourd'hui au nombre de dix-sept, amena des ombellissemens qui assainirent plusieurs quartiers. « Vers le milieu du siècle dernier, dit M. Geruzcz, la rue Neuve, celle de St.-Remi et plusieurs autres des extrémités de la ville n'avaient point encore de pavés. On avait pratiqué au milieu des rues, pour l'écoulement des eaux , une large tranchée qui les traversait dans toute leur longueur. Les eaux des maisons y étaient reçues ; mais la pente étant mal ménagée, les eaux croupissaient , ôlaienl à l'air sa salubrité et causaient des fièvres. Ce fut encore la bourse inépuisable de M. Godinot qui fournit des fonds pour détruire plusieurs de ces fossés, n Page 3G7. La plupart des rues furent pavées et les fossés supprimés, de 1732 à 1748.
60 MALADIE SCROPHULEUSE.
Une promenade remarquable par son étendue et sa belle ordonnance fut plantée en 1755; on l'augmenta beaucoup en 1749 cl en 1730.
On voit, qu'outre l'éiablisscmenldu château-d'eau et des fontaines qu'il alimente avec les eaux de la Vesle, la ville de Rheims a reçu de grandes améliorations dans la disposition de ses places, de ses rues, de ses habitations, et cela à une époque qui concorde bien mieux avec la diminution des "écrouellcs que ne le fait l'arrivée des nouvelles eaux. .le n'ai donné qu'un sommaire de ces améliorations. Si l'on n'en a tenu aucun compte pour expliquer la fréquence moins grande de la maladie, c'est évidemment en raison de la conviction où l'on était que cette maladie avait pour cause unique l'usage dès eaux de puits. Si la prévention eût été moins grande à cet égard, on eût trouvé dans le mémoire déjà cité de Thouvenel, sur les eaux potables , des faits bien propres à faire découvrir la vérité. «Avant celte époque très-mémorable de la substitution des eaux de la petite rivière de Vesle aux eaax de puits dont on faisait un usage général à Rheims, on n'ignorait pas l'influence de cette cause sur les maladies goutteuses et écrouelleuses , alors si communes parmi lys habitans de cette ville Cependant il est remarquable qu'elles ne méritent pas également ce reproche ailleurs, notamment dans d'autres cantons de la province.de Champagne, quoique les puits y soient de même percés dans des bancs de craie. La rivière de Vesle prend sa source dans un étang qui est totalement crayeux, dont toutes les eaux sont imprégnées de craie. « Paijc 280. Plus loin Thouvenel ajoute : « Je connais des eaux de sources qui donnent par pinte depuis six jusqu'à vingt grains de ces diverses matières et qui sont très-bonnes à boire, n'ayant aucune saveur marquée et se comporlanl dans
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les digestions et dans les excrétions de la même manière que les eaux de rivières les plus pures cl les meilleures. J'ai vu au contraire d'autres eaux communes, principalement celles de beaucoup depuilsqui, quoique ne conlenont que quelques grains des mêmes principes fixes, étaient absolument irapolables. « Page 282. Enfin à la page suivante, Thouvenel revenant sur le même sujet, dit : « Il ne parait pas que l'on soit fondé à faire dériver exclusivement les mauvaises qualités des eaux crétacées et gypseuses, de la présence de ces mêmes matières, puisque toutes les eaux où elles se rencontrent souvent en irès-grande quantité, ne sont pas également nuisibles. J'ai examiné des eaux de sources qui contiennent par pinte plus de trente grains tant de sélénite que de matière calcaire , et qui n'ont ni le mauvais goût, ni les inconvéniens des eaux filtrées à travers des bancs de craie ou de plâtre. J'ai vu eu outre que les premières, prises fraîches et récentes, passaient très-bien et lâchaient le ventre, tandis que, conservées quelque temps, elles ressemblaient aux secondes par des qualités contraires, en devenant indigestes et en donnant de la constipation. »
Thouvenel attribuait les qualités malfaisantes de certaines eaux à l'absence de l'air, et c'est parce que l'eau de la Vesle s'était aérée dans un trajet de dix ou douze lieues, qu'arrivée à Rheims, elle était dépouillée de ses qualités malfaisantes originelles, sans cependant avoir rien perdu de la craie qu'elle tenait en dissolulion. Quoi qu'il en soit , les observations qu'il a faites sont précieuses. Elles jettent un grand jour sur l'influence que les eaux peuvent exercer dans la production des scrophules. Comment concevoir et admettre que les sels calcaires contenus dans l'eau de puits , fassent naître des ccrouelles à Rheims, tandis que les
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mêmes sels , dans les mêmes proportions, ne produiraient rien de semblable à une distance de quelques lieues ? Comment admettre que ces sels seront d'une entière innocuité dans l'eau de la Vesie , tandis qu'ils seront très-nuisibles dans l'eau de puits? Comment concevoir qu'en très-petite quantité dans l'eau de certaines localités, ils donneront lieu au développement des écrouelles, et qu'en proportion double ou triple dans les eaux d'autres pays , ils seront tout-à-fait sansaction? Ne résulie-t-il pas du rapprochement de tous ces faits que la présence d'une plus ou moins grande quantité de sels dans l'eau est totalement étrangère à la production de la maladie scrophuleuse? On sera de plus e» plus affermi dans cette opinion , lorsqu'on se rappellera que les écrouelles peuvent être fort rares, inconnues même dans les lieux dont les eaux sont très-séléniteuses; qu'elles peuvent au contraire être très-répandues dans des villes où l'eau dont on fait usage contient à peine quelques atomes de sels calcaires : je citerai, pour exemple , la ville de Troyes qui est baignée par la Seine dont les eaux sont d'une pureté bien connue.
Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit relativement à la rareté des scropbules parmi les habitans des montagnes, comparée à leur fréquence chez les habitans des gorges, de certaines vallées. L'eau dont ils se servent est la même, à cette différence près, qu'arrivée au bas des montagnes, elle est plus aérée. Cela prouve suffisamment , je crois, que la cause de la maladie ne réside pas plus dans l'absence d'air que dans la présence de quelques sels calcaires.
Je dois maintenant m'occuper du fait signalé par M. Lepellelier. Je veux parler de l'augmentation du nombre des scrophuleux dans Rbeims, depuis que les eaux de /<* ^osle n'y arrivent plus dans la même quantités
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)u moment où il est bien constaté que la diminution des icrouelles n'a pas coïncidé avec l'usage des eaux de la V^esle, on ne saurait attribuer le retour de leur fréquence à l'interruption du cours de ces eaux. Ce raisonlement doit paraître suftisant : il ne sera cependant pas lors de propos d'y ajouter quelques remarques. Je ne îontesterai pas l'augmentation du nombre des scrophueuxj c'est un fait que je crois suffisamment avéré; il j'en est pas de même de la cause à laquelle on l'attribue.
Lepellciitr me paraît avoir été induit en erreur sur 'état de la machine hidraulique et des tuyaux de con- *Juite. Leur entretien ne laisse rien à désirer; cependant les Fontaines ne coulent guère que dans les temps ; luvieux de l'année, et l'eau manque dans l'été où elle serait le plus nécessaire. Cela tient à ce que la rivière neuve , sur laquelle le château-d'eau est établi , se remplit d'herbes cl de limon qui arrêtent le cours des eaux. <A t inconvénient n'est pas nouveau ; il a toujours existé, et les fontaines ne fournissaient pas plus d'eau à l'époque où l'on a constaté la diminution de la maladie scroj)hu!euse , qu'à celle où l'on a vu cette maladie repa- I aîlre avec plus de fréquence.
On trouve une explication satisfaisante de l'augmentation des scrophules dans les grands changemens qu'a éprouvés le commerce de la ville. Des branches d'industrie qui avaient été presque anéanties furent remplacées par d'autres. « Au milieu de ce chaos qu'amena la révolution , il s'éleva cependant des manufactures plus considérables que celles qui existaient dans le temps des corps de métiers. » Ces manufactures nouvelles ont pour but la confection des casimirs, des gilets, des schalls. On fabrique aussi une plus grande quantité de bluteaux et de couvertures. C'est à la réunion d'un plus grand nombre d'ouvriers dans un même
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local, à leur entassement qu'il faut rapporter le développement plus fréquent des écrouelles.
Ce n'est pas seulement sous le rapport de leur nature que les boissons ont été accusées de donner naissance aux scrophules. Des reproches semblables leur ont été adressés en raison de l'usage trop abondant ou trop restreint qu'on en fait. C'est ainsi que l'abus des boissons chaudes, du ihé cl du café, a été considéré comme cause de la maladie scrophuleuse. Une pareille assertion ne repose sur aucun fait : elle a été émise d'après l'idée où l'on était que ces boissons relâchent, affaiblissent les organes digestifs, ce qui estloin d'être prouvé. On a cru aussi trouver une cause, des écrouelles dans la négligence que l'on met quelquefois à proportionner la quantité des boissons à celle des alimens solides: « Malam cibi solidi ac potûs proportionem noxiam quoque esse constat. Pueri aulem ad vitium scrofulosum inclinantes ob acidum in primis liospiians viis parum siliunt, nec quos insigniier appetunt raagnâque copia ingerunt, cibos solidos, crassos , farinaceos, sutBciente potu diluunt, id quod non obstante humidâ lemperie proclivilalem ad glandularum infarctus insigniier auget. » Kortum raisonne ici bien moins d'après les faits que d'après les théories médicales régnantes à l'époque où il écrivait : suivant ces théories les choses ne devaient point se passer autrement qu'il ne le dit; aussi croît-il nécessaire de s'appuyer sur le passade suivant de Gaubius : « Spissâ sarcinâ gravalus ventriculus œgrè digcrii , tardé expellii, crassiorem inlestinis tradit chylum , qui et per ha;c difficulter mobilis, horum mueo magis inviscalus fece muilà, spissâ, siccâ , reslagnantc opplet, chylum parciorem, spissiorem lacteis tradit: undè mesenlerii obstructio , sanguis glutinosus , elc, » Celle citation ne demande
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aujourd'hui aucun commentaire : Korlum a sacrifié aux idées dominanles de son temps.
Plusieurs médicamens et quelques poisons ont été sijnalés comme pouvant donner lieu à l'engorgement des glandes, aux écrouelles. Kortum leur a consacré un chapitre. 11 parle d'abord, avec Galien, Sydenhani ît Hoffmann de l'abus des purgatifs chez les enfans. II egarde surtout comme lrès-\nauvaise , fjes.sîw/a. la couume qu'ont les gens du peuple de purger leurs enFans, util slercore muriuin in lacle soliito. L'abus du puralif peut amener l'irritation, l'inflammation des voies igestives : il y a loin de là à la maladie scrophuleuse. je même effet est produit par l'abus des liqueurs spiriueuses, des élixirs dits stomachiques , de l'cau-de-vie e grains que les gens du peuple font boire si fréuemment à leurs enfans. Je renvoie h. ce que j'ai dit )récédemmenl sur l'inlluence des mauvais alimens dans a production du carreau : l'action des boissons irriantes est la même.
L'opinion que l'on avait sur la manière d'agir des erres absorbâmes les a fait supposer capables de donler naissance aux écrouelles. Quoiqu'aicnt pu ilire à et égard Alberii, Hoffmann, Mellinus, elles ne raériient point ce reproche. C'est sur des faits et non sur le aisonnement qu'il eût fallu s'appuyer; il y a cerlainenent de l'exagération dans le passage suivant de Korum : « Abusum absorbenlium atrophicos haud rarô af- [ectus in infantibus procrcarc notât Alberli , cum in iis fantibus, quibus in nimiâ dosi illa exhibita, post orlem crusiœ quaîdam solidescenlis maleria; in venlriuli et iuîesiinorum parielibus ha;renles deprehensa; erint. » Page 315. Ces détails seraient de la plus randc exactitude , qu'ils ne prouveraient pas du tout qu'on a voulu y trouver. ■
MALADIE 8CR0PHDLECSE.
Le mercure, vanté par quelques auteurs, comme le remède spécifique des écrouelles, a été rangé par d'autres au nombre des causes de celle maladie. Telle est l'opinion de J. Hunier , de Lombard , de Yigaroux, de S. Cooper. Le professeur Richerand , dans sa nosographie chirurgicale , a fortement insisté sur celte cause. Il a même cherché à expliquer son mode d'action : je ne rapporterai pds la théorie qu'il en donne; mais je ne puis me dispenser de transcrire ici le fait sur lequel il se fonde, et d'examiner les conséquences qu'il en lire : « En attendant que je publie , dit-il , un ouvrage ex professa sur les alfeclions scrophuleuses que des circonstances favorables me permettent d'observer sous toutes les formes et dans tous les degrés de leur développement, je veux rapporter l'exemple remarquable d'un homme adulte , chez lequel l'usage des mercuriaux a déterminé un état scrophuleux bien décidé, n
« M, François 0**'''', homme âgé de quarante ans environ, fort et robuste, et présentant tous les caractères du tempérament bilieux, avait esruyé diverses maladies vénériennes , pour lesquelles on lui avait administré le mercure sous toutes les formes imaginables. Des douleurs s'étanl déclarées dans le pied gauche et dans la région mastoïdienne di oite, on les attribua au vice vénérien déguisé mais non détruit , et l'on crut qu'il devait recommencer un traitement méthodique. Un des plus célèbres chirurgiens de la Capitale, aux soins duquel se confia le malade , préféra les frictions à toute autre méthode, et voulant procéder par extinction , en administra soixante-douze de deux gros chacune. Pendant les trois mois consacrés à ce traitement, durant lequel le malade usait de lisannes sudorifiques, les douleurs du pied et de la tête s'accrurent, un gon-
ÉTIOLOGIE. 67 flement se manifesta dans les os du tarse, la région masloulienne devint gonHée, rouge et douloureuse, puisabcéda, la peau se rompit en divers endroits. Effrayé du progrès constant d'un mal que l'usage du mercure paraissait évidemment exaspérer, le malade vint me consulter. Au moment où je l'examinai, son extérieur indiquait une constitution délabrée. Sa peau ordinairement brune, offrait un teint blafard; le tissu sous-cutané était dans un état d'empâtement qui, pour le visage, donnait lieu à une sorte de bouffissure, et formait au bas des jambes un véritable œdème. L'ulcération derrière l'oreille offrait plusieurs crevasses d.'où s'écoulait un ichor séreux, et qu'environnait une peau rougeâtre, épaisse et rugueuse. Les effets pernicieux du mercure étaient évidens. Je fis interrompre le traitement, et mis le malade à l'usage d'une forte décoction de kina, dont il buvait chaque jour une pinte, soit pure, soit mêlée au vin pendant ses repas. La teinture alcoolique de Gentiane , les bains du pied dont le tarse était gonflé, dans l'eau de lessive , joints à un régime fortifiant, réussirent au point que le malade, revenu au bout de six mois d'une Terre qu'il habite aux environs d'Orléans , se trouva entièrement rétabli. La région mastoïdienne est couverte de plusieurs cicatrices , véritables coutures, si je puis me servir de l'expression assez significative qu'emploie le vulgaire pour désigner les cicatrices écrouelleuses ; le pied gauche est revenu à sa grosseur naturelle. Le malade, en aidant au succès du traitement par l'exercice à l'air libre, a toujours eu le soin de ne point fatiguer cette partie et de ne presser que faiblement sur elle , pour s'appuyer dans l'équitalion. « Tout. 1, pag. 171 , ô.t" édit.
Je ne saurais voir dans ce fait un état scrophuleux bien décide. Sur quoi se fonder en effet pour admettre
68 MALADIE SCKOPHULEDSE.
UD pareil état ? Esl-ce sur le gonflement des os du tarse? mais ce p,onflemcnt n'appartient pas exclusivement à la maladie scrophuleuse. On l'observe dans d'autres affeclions : la rapidité de sa guérison chez M. 0**** s'oppose même à ce qu'on le rapporte à cette maladie. S'appuiera-t-on sur l'abcès de la région mastoïdienne ? Mais qui ne sait que des abcès semblables ne se rencontrent pas seulement chez des individus scrophuleux ; qu'il en survient dans le cours de plusieurs autres affeclions. Les cicatrices avaient, il est vrai , l'apparence de coutures; mais c'est bien à tort qu'on regarde ces coutures comme des signes caractéristiques d'écrouelles antérieures : on sait aujourd'hui, à n'en pas douter, que des cicatrices semblables peuvent se former à la suite de tous les engorgemens glanduleux qui se terminent par suppuration , que ces engorgemens soient scrophuleux ou non. J'en ai vu plusieurs fois dans l'aine à la suite de bubons vénériens abcédés. J'ajouterai à ces remarques que le teint blafard, la bouffissure du visage, l'œdème des jambes ne sont pas des symptômes ordinaires aux écrouelles , qu'ils ne s'y rencontrent que comme complication ou lorsque les progrès du mal ont amené un affaiblissement qui laisse peu d'espoir de guérison.
On lit dans le traité des maladies vénériennes de J. Hunter plusieurs observations analogues à celle que je viens de rapporter d'après le professeur Richerand. Hunter soupçonnait que les accidens étaient de" nature scrophuleuse , et celle opinion est en quelque sorte fondée, dii-il, sur ce qu'ils cèdent fréquemment aux bains de mer. On sent qu'un pareil motif n'est pas concluant. Son opinion au reste n'était pas bien arroléc.
Plenck et Kortum ont parlé d'un état semblable qu'ils désignent par le nom de scrofulœ spuriœ , écrouelles
ÉTIOLOGIE. 69 fausses , ou en d'autres termes, écrouelles qui ne sont pas des écrouelles. Oa ne saurait méconnaître dans la production de cet état, l'influence pernicieuse du mercure; cependant il faut aussi tenir compte des circonstances au milieu desquelles ce médicament est employé. L'administration d'un traitementantisyphililique sérieux exige des précautions hygiéniques sévères. Ordinairement le régime alimentaire est grandement modifié ; mais ce qui me parait plus important encore à considérer, c'est l'obligation que l'on impose aux malades de demeurer constamment dans une température toujours égale. Us se permellent à peine de sortir , surtout dans certaines saisons ; ils n'osent pas ouvrir les croisées de leur appartement, dans la crainte de diminuer la chaleur, ou de donner accès à l'humidité : et peut-être faut-il moins attribuer au mercure qu'au séjour prolongé dans un air non suffisamment renouvelé, ce teint blafard, cette boutSssure du visage , cet œdème des jambes, l'espèce d'éliolement enfin signalé par le professeur Richerand.
Il n'est pas douteux que les accidens occasionés quelquefois par l'usage du mercure ne revêtent , dans certains cas , l'apparence extérieure des scrophules j mais il n'est pas moins certain qu'au fond ils en diffèrent essentiellement. Il faut bien se rappeler que la maladie scrophuleuse n'a pas exclusivement son siège dans les glandes et le tissu cellulaire. Slrunia seu scrojphula, dit \\\en , u bique in glaiidula.i , iiitisciilos , iiiem- Ifonas , in ipsa ossa incidiL. On doit aussi reconnaître . que toutes les maladies qui affectent les glandes et le tissu cellulaire ne sont pas de nature scrophuleuse. Si l'abus du mercure peut cire considéré comme cause des écrouelles, c'est en ce sens seulement, qu'affaiblissant profondément l'organisme, il le rend plus ac-
70 MALADIE SCROPUUI,El'SE.
cessible à l'action de loules les causes des maladies • il fait naître une prédisposition aux scrophules comme à plusieurs autres affections. Mal[;ré les helles expériences du professeur Cruveilhier sur l'injection du mercure dans les veines , je ne crois pas que dans l'état actuel de la science, il soit possible de prouver au-delà de ce que je viens de dire. Car en admettant que l'on puisse à volonté déterminer la formation de véritables tubercules, on n'observe pas que la maladie scrophuleuse attaque de préférence les doreurs sur métaux.
Parmi les substances vénéneuses susceptibles d'amener le développement des scrophules , on a placé au premier rang les préparations de plomb. Satiirnina medicainenta vaneni lanti instar agunt, dit Borsieri, vt tahc ut plurinmin gJandtilari sive striimosacotificiunf. On adresse les mêmes reproches au vin frelaté avec la litharge. Ces reproches sont fondés sur la slypticité des sels de plomb, propriété qui doit déterminer l'obstruction des glandes. C'est toujours, comme on voit, le raisonnement qui sert de guide. On a cependant invoqué le fait suivant rapporté par Thunberg : « Piures horaines comederant de placenta , cui loco farinae ex errore cerussa incocta erat : inde prœter alia eaque gravissima symptomala in quibusdam quoque glandularum in ore et sub menlo luraores exciiali. » Mais il est bien évident que ces engorgemens glanduleux ne ressemblent en rien à la maladie scrophuleuse.
Schulze regarde l'usage des vases d'étain comme étant souvent cause d'atrophie, parce qu'il entre toujours dans la composition de ces vases une certaine quantité de plomb. Les écrouelles sont très-fréquentes en Angleterre. Or les Anglais se servent habituellement de vaisselle d'étain : donc la vaisselle d'étain est la cause
ÉTIOLOGIE. 71 des écrouelles. Telle est la manière de raisonner de Scliulze : elle est appréciée dès qu'elle est connue.
Si le plomb avait les inconvéniens qu'on lui attribue, on verrait la maladie scrophuleuse affecter plus souvent que d'autres, les ouvriers qui travaillent ce métal. Or l'observation ne montre rien de semblable.
C'est toujours en raison de leur siypticité que d'autres poisons ont été accusés de donner lieu à l'engorgement des glandes. Clossius croit que la fréquence de ces engorgemens chez les Hollandais lient à l'usage du vin frelaté avec l'alun, qui, dit-il, est fréquemment employé pour convertir le vin blanc en vin rouge. Pour démontrer le peu de fondement de cette assertion, il suffit défaire remarquer que les écrouelles sont beaucoup plus fréquentes parmi les personnes qui ne boivent pas de vin que parmi celles qui en font usage.
Est-il vrai que l'eau-de-vie de grains distillée dans des vaisseaux de cuivre dissout une certaine quantité de métal et devient ainsi susceptible de faire développer la maladie scrophuleuse ? Aucun fait ne le démontre, et c'est par une analogie trompeuse qu'on a été conduit à le supposer.
DE LA MALPnOPRETK.
La malpropreté a été signalée comme une cause puissante de scrophiiles, et c'est à elle qu'on a attribué la fréquence de celte maladie parmi les enfans des Juifs Allemands dont la saleté est proverbiale. Celte cause agit ptincipalement , dit-on, en s'opposant à la liberté de la transpiration cutanée. « Quœcumque culim ità aliiciunt ut nialeries per eam secundùm naluram excernenda retinealur, vel acrimonia ad culim deposita reprimatur , vel denique variai impurilates in huuiorum
72 MALADIE SCROPHCLEUSE.
massam resorbeantur , dyscrasiae scrofulosa; favent
liùc verù pertinct poiisslmùm inivuindilics quam in mfimâhorainura classe insignem et vix evllandam deprchendimus.n Korlum,pag. 324. On ne peut disconvenir que la malpropreté ne se rencontre souvent chez les enfans affectés d'écrouelles , soit qu'elle dépende de la paresse, ou de la misère des parcns qui manquent du linge et des vélemens nécessaires. Mais je ne saurais lui reconnaître l'influence pernicieuse qu'on lui a accordée. Si celte influence était réelle , verrait-on des enfans tenus avec tous les soins de propreté imaginables , baignés fréquemment, frictionnés chaque jour sur tout le corps, enveloppés dans du linge toujours propre et renouvelé aussi souvent qu'il est nécessaire, verrait-on, dis-je, ces enfans devenir scrophuleux, ainsi que cela n'est pas rare surtout à Paris , dans la classe des commereans aisés ? Verrait-on jouir de la plus belle santé des enfans qu'on ne prend jamais la peine de néloj'er ailleurs qu'à la figure, qui changent de chemise tout au plus une fois la semaine, qui sont du matin ausoir , pieds nus dans la boue ou dans la poussière , ainsi que cela se . voit si souvent dans beaucoup de villages, parmi les paysans? Il n'y a rien de plus sale que le peuple de Palerme et cependant , comme je l'ai déjà dit et répété, la maladie scrophuleuse y est fort rare. En Angleterre et en Hollande où règne au contraire une grande propreté, les écrouclles sont extrêmement communes.
L'erreur dans laquelle on est tombée par rapport à l'influence accordée à la malpropreté dans la production des scrophules, me paraît tenir à ce que cette malpropreté n'existe jamais seule : elle est toujours accompagnée d'autres circonstances qui, frappant moins les organes des sens, ont été négligées ou mises en seconde ligne, quoiqu'elles agissent d'une manière bcau-
ÉTIOLOGIE. 1^
coup plus nuisible. On le comprendra mieux à mesure que j'avancerai dans l'examen des causes de la maladie scrophuleuse.
DES SÉCEKTIOSS ET DES EXCUÉTIOIVS.
Plusieurs auteurs ne voyant dans les écrouelles qu'une acrimonie particulière, ont cru trouver une cause de celle acrimonie dans la sécrétion d'une trop faible quantité d'urine. « Inter se et excrctiouera urinœ , hujusque qualitatem et cacocliymiam scrol'ulosam multus esse videtur nexus. » Kortum. Ils étaient d'ailleurs confirmés dans cette opinion par les effets quelquefois avantageux des diurétiques dans le traitement des scrophules. « Plurima enim ex optimis remediis antiscroFulosis diuretica sunl et diuresi imprimis effectum suum praestant. « Je ne m'arrêterai pas à réfuter celle hypothèse, non plus que celle deKœmpf, qui accuse l'abondance trop [grande du méconium. « Meconium copiosius prima jam in utero infarctuum rudimenta sœpe consliluere, docet Kaîmpf. »
Warc Aurèle Sévérin attribuait le pfedarlrocace à la rclenlion du sperme et du sang menslruel. Warlhon voulut étendre l'influence de cette cause à toute la maladie scrophuleuse. « Juvencs cœlibes sœpe strumosi fiunl, postca verô , uxore ductii nonnunquani spontè curanlur. Nempc materia olim ad strumas fluens ad alias jam partes divertitur. « Faure embrassa l'opinion de Warthon que Dordeu fait connailre sans la contredire, en l'étayant même de quelques observations. Elle ne peut cependant supporter un examen sérieux : si elle était fondée, la presque totalité des enfans serait afTcctéc des scrophulcs, puisque chez tous existe la protendue cause signalée par Warlhon. La maladie , au