‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 12 sur 124 · ÉTTDE. — COMTÉ DE BONAVENTURE · texte numérisé non relu

ÉTTDE. — COMTÉ DE BONAVENTURE

auparavant. D'ailleurs, ils auront plus de courage, — comme l'exprime si bien l'hon. M. Tessier, oui a pris une si belle et large part en faveur de cet établissement, — sachant que dorénavant ils travaillent pour leurs familles et non pour les autres, comme cela avait lieu d'après la tenure des terres à l'Isle du Prince- Edouard.

Pour satisfaire aux besoins futurs de la colonisation dans ce comté, le gouvernement offre en vente au-dessus de 200,000 acres de terre dans les cantons situes sur les bords de la Baie des Chaleurs et de la rivière Ristigonche, à raison d'un chelin

Îar acre, notamment dans les cantons Matapédia, Ristigouche, [ann, Nouvelle, Trakadièche {Carleton\ Maria, Cascapédia, {New-Rickemond), Hamilton, Cox, Hope et Port-DanieL L'agent local, J. A. Lebel, écr. réside à New-CarlÎ6le.

L'importance des missions du comté de Bonaventure a tellement grandi depuis dix ans, que je me crois obligé d'en dire quelque chose, comme je viens de le faire pour celles du comté de Gaspé. Je puise mes renseignements aux sources déjà mentionnées.

Saint-George (Port- Daniel). — Le premier poste du comté de Bonaventure qui se prosente sur la carte, en entrant dans la Baie des Chaleurs, est la desselle de Port-Daniel. Cette paroisse renferme une population • de 1,155 habitants, dont 598 sont canadiens-français», possédant 12,482 acres de terre dont 1,930 sont en état de culture. Les récoltes de 1860 ont produit 13,865 minots de grains et 32,422 minots de

Îatates et navets, formant une récolte totale de 46,287 minots. ,e canton Port-Daniel a huit rangs dont une grande partie reste à coloniser. On compte plusieurs chemins d'ouverts ou en voie de confection, lesquels passent à travers une étendue considérable de terrains propres à la culture, couverts d'érable, merisier, pin, épinette et cèdre. L'on y trouve aussi d'excellents et puissants pouvoirs d'eau, ainsi que de la pierre à chaux, dit M. McLeoa, conducteur des travaux, dans l'un de ses rapports adressé au département de la Colonisation. Un prêtre réside à Saint-George depuis quelques années. Le goût do l'agriculture se répand de plus en plus, — dit le missionnaire de l'endroit, — et tous dérobent maintenant à la pèche, le printemps et l'automne, un temps qu'ils ne croyaient pouvoir lui refuser autrefois, mais qu'ils jugent aujourd'hui mieux employé à l'ouverture de leurs terres. Depuis une couple d'années, trois écoles sont en opération et sont fréquentées par 169 enfants.

Notre-Dame (Paspébia.) — La paroisse de Notre-Dame de Paspébia comprend une partie des cantons Hope et Cox, avec une population réunie de 3,153 habitants dont 1,317 sont d'origine canadienne-française. Le nombre d'acres de terre possédée dans les cantons ci-dessus mentionnés, dont le premier mesure 10 rangs et le second 14, s'élève à 24,221 acres dont 4,114 «ont en état de culture, et ont produit une récolte de 30,601 minots de grains et 64,718 minots de patates et navets, formant en tout 95,379 minots et 1,133 tonneaux de foin. Il y a un prêtre résidant depuis longtemps. Quatre •écoles fonctionnent, fréquentées par 90 enfants. Le gouvernement fait ouvrir en ce moment un chemin qui part des •environs de l'église N. D., et se dirige vers 1 intérieur du • «canton Hope où personne n'a encore pu parvenir par défaut de communication, si ce n'est l'hiver à travers le bois. M. Loisel, conducteur des travaux, dit dans son rapport de 1861 qu'en arrière «de Paspébia il y a une grande étendue de terrain d'une excellente qualité ; c'est une forêt d'érables et autres bois francs, se prolongeant par une pente douce vers l'intérieur à une grande distance, de même que de chaque «côté à droite et a gauche. Le plus grand nombre de nos pêcheurs, ditril, n'attendent que ce chemin pour aller travailler sur des terres qu'ils ont pris en concessions, et les antres en feront autant lorsque ce chemin sera terminé. Ils se rencontrent de magnifiques pouvoirs d'eau sur la rivière Nouvelle. -Jusqu'à présent la •colonisation de l'intérieur a été nulle pour les raisons que je viens de faire voir. Une autre route, plus à l'Est, commence au barachoîs de la rivière Nouvelle et :s'avance vers l'intérieur «du même canton. M. Ross, conducteur des travaux, dit que toutes les terres par où doit passer ce <chemin sont bonnes et propres à la culture, et que l'on y trouve toutes espèces de bois. H ajoute que ce chemin doit donner accès à des milliers d'acres de terres également propres à la colonisation. Un moulin à farine est déjà en activité ♦dans l'endroit.

Saint- Bonaventure (Bonaventure). — Cette paroisse comprend le canton Hamilton, mesurant 12 rangs et sillonné par de nombreux cours d'eau, et une partie de celui de Cox, avec une population de 1,309 habitants dont 1,145 sont d'origine •canadienne-française. Ces habitants possèdent dans le canton Hamilton 18,217 acres de ternie dont 3,441 acres sont en culture, ayant produit 23,429 minots de grains et 55,451 jninots de ^patates et navets, f^ranant en tout 78,880 minots et

i6 Étude.-— coûté de bonaventube. 35»

728 tonneaux de foin. Un prêtre y réside depuis nn grand nombre d'années. Six écoles sont ouvertes, fréquentées par 447 enfants, dans les deux cantons Hamilton et Cox. Plusieurs routes sillonnent le canton Hamilton; mais le principal chemin est celui qui part de l'église de Saint-Bonaventure, allant aboutir au Kapide-Plat, sur la Rivière Bonaventure. M. Cavannagh, conducteur des travaux, rapporte que ce* chemin traverse des terrains aussi beaux que iert2as> et où le bois de construction se trouve en abondianee. Il ajoute, dans son rapport de 1861, que la colonisation fait beaucoup de progrès depuis que ce chemin est onvert. Une chapelle nouvelle est construite dans ce canton depuis 1860. Quant au canton Cox, qui n'est séparé de celui (rHamilton que par la rivière Bonaventure, il possède aussi plusieurs chemins de colonisation;, entr'antres, la route qui part près de l'église anglaise de New-Carlisle, allant aboutir a la rivière Bonaventure, laquelle route traverse une étendue de terres très riches.. Le conducteur des travaux de ce chemin dit qu'il s'y forme déjà de nombreux et beaux établissements. Le bois consiste en érable, bouleau, pin, sapin et cèdre. En avançant plus à l'intérieur il paraît qu'il s'y rencontre là une plus grande étendue de terrain pouvant contenir une population de sept à. huit mille habitants.

Sainte- Brigitte (Maria). — Cette nouvelle paroisse se développe rapidement, surtout depuis ces- dernières années oïl un. prêtre y a pris résidence. La population de Sainte-Brigitte s'élève déjà à 1,823 habitants dont 1,404 sont d'origine canadienne-française. Une belle et vaste église, longue de 100

Sieds sur 45 de large, ainsi qu'un presbytère, ont été construits epuis quelques années. L< - - - -

possèdent à 1 heure qu'il est 20,670 acres de terre dont 4,840

[epuis quelques années Les habitants de Sainte-Brigitte

acres sont en état de culture, ayant produit 20,227 minots de* grains et 55,273 minots de patates, en 1860, formant en tout 75,500 minots et 730 tonneaux de foin. La belle et grande rivière Cascapcdia sépare ïe canton Maria d'avec celui de lîew-Richinoud. Le canton Maria n'a que 5 rangs, mais- il est sillonné par un grand nombre de petites rivières qui rendent Fon sol très fertile. On compte trois écoles dans Sainle-Brigitte, fréquentées par 320 élèves. Deux chemins traversent ce canton : l'un est ouvert jusqu'au quatrième rang, offrant aux colons de grands avantages par la facilité avec laquelle ils peuvent communiquer avec les établissements du bord de l'eau et y transportes Leurs produits de tous genres ;.

30 COLONISATION DU BAfl-CAffADA.

l'autre, qui part des établissements irlandais en voie de formation pour aboutir au ruisseau de la chaussée de castor, sur la rivière Cascapédia, en arrière du moulin de M. Cuthbert, leauel est destiné à faciliter le transport des grains pour le moulin : chose qui n'est pas peu importante, surtout dans un nouvel établissement. La nature du sol le long de ces chemins, — rapporte M. Michaud, conducteur des travaux, — est très propre à la culture, le bois étant principalement le bouleau et l'érable, avec un peu de cèdre. Il ajoute qu'il existe en profondeur de ce canton une étendue de bonnes terres de plusieurs milles de longueur, et que les gens n'attendent plus que l'ouverture des chemins en voie de confection et l'arpentage de ces terres pour s'y fixer. Une chapelle nouvelle a été construite dans le canton Maria durant Tannée 1860.

La mission des SS. Anges-Gardiens (Cascapédia), située dans le canton communément appelé New-Riclïmond, de huit rangs de haut, est desservie par M. le curé de Sainte-Brigitte. Cette mission renferme une population de 1,510 âmes dont 597 habitants sont canadiens-français. Les habitants de cette nouvelle paroisse possèdent 20,801 acres de terre dont 5,770 acres sont en état de culture, ayant produit 25,310 minots de

frains Pt 51,099 minots de patates, en 1860, formant en tout 6,409 minots, et 1,321 tonneaux de foin. Quatre écoles fonctionnent, fréquentées par 355 enfants. Trois chemins conduisent à travers ce canton. Le premier part du rivage de la Baie des Chaleurs et se dirige jusqu'au sixième rang ; les deux autres partent des deuxième et troisième rangs, et se dirigent également vers l'intérieur du canton. M. Doddridgc, conducteur des travaux de ces divers chemins, dit que le sol est de bonne qualité, couvert de bois francs, cèdre et épinette, et que vers l'intérieur il se rencontre une plus grande étendue de terrain qui est uni et de qualité supérieure.

Saint-Joseph (Trakadièche). — La paroisse de Saint-Joseph possède une Délie et magnifique église, complètement terminée, et un prêtre y réside depuis un grand nombre d'années (1). La population de Trakadièche srélève à 958 habitants dont 879

(1) Voici ce que nous Usons dans Te Rapport sur les Missions du diocèse de Québec de 1861, au sujet des missionnaires de T akadièche :

Le premier prêtre résidant à Trakadièche (Carleton), fut M. Joseph Mathnrin Bourg, qui arriva à la Baie au commencement de septembre 1773 et la quitta dans le courant de l'Eté de 1795. M. Dtojardin lui succéda et def servit la Ba.'e pendant six ans. Vinrent ensuite M. Amiot, de 18 ai * 1806 \ M. Pain-

Ie Étude. — comté de bonayextube. 37

«ont canadiens-françaiç. On j possède 6,939 acres de terre dont 2,346 acres sont cultivés, lesquels ont produit 11,415 niinots de grains et 29,763 minots de patates, formant un total de '41,178 minots et 297 tonneaux de foin. Trois écoles sont ouvertes, fréquentées par 236 enfants. Un nouveau chemin commence à la lime Est de Trakadièche et conduit aux établissements situes en arrière du canton Maria. Dans les environs de ce chemin, le terrain est en grande partie de bonne qualité, couvert de merisier, épinette et bouleau. Une chapelle nouvelle est construite dans l'intérieur du canton Caneton depuis 1860.

Les habitants de la seigneurie de Shoolbreds, ainsi que ceux du canton Nouvelle, qui lui est continue, sont desservis par M le curé de Saint-Joseph, i Ces centres de colonisation renferment une population réunie de 1,561 âmes dont la moitié est d'ori-

Sine canadienne-française. On y possède 22,259 aere& de terre ont 4,480 sont cultivés, lesquels ont produits une recolle cte 24,667 minots de grains et 48,300 minots de patates, en 1860, formant en tout 72,967 minots, et 1,104 tonneaux de foin. "La colonisation se développe rapidement et régulièrement dans ces endroits, surtout dans le canton Nouvelle, le long de la rivière qui 6épare an centre ce canton. Plusieurs chemins mènent a l'intérieur, entr'autres: la route neuve qui part du grand chemin du bord de l'eau et qui traverse le canton en suivant le côté sud-ouest de la rivière Nouvelle ; une autre route qui commence dans le deuxième rang du même canton, courant vers l'ouest, et se dirigeant vers un petit lac qui s'y trouve ; enfin une troisième route, en voib d'ouverture, destinée à conduire à une étendue de très bonnes terres également fertiles. Cinq écoles, fréquentées par 415 enfants, sont en opération dans les divers centres que nous venons de voir.

Sainte- Anne (Ristigouche). — Cette paroisse possède un prêtre résidant depuis un grand, nombre d'années, lequel dessert également les noyaux de population établis dans les cantons Mann et Matapédia, situés chaque côté de Sainte- Anne. La population ae cette dernière paroisse s'élève à 521

chaud, de 1806 à 1814; M. Btellenjçer, de 1814 a 18L9; M. Dcmer3 et M. Gaftoon, de 1819 à 1824; M. Faacher.de 1824 à 1828»; M. Mato, de 1$28 à 1843 ; M. OlsCiimps avec M. Desruisseaux, de F843 & 1844: M' Dfesruisseaux seul jusqu'à sa mort, arrivée le 23 do embre 1848 ; M. Tèssier, de 1848 a 1852 ; M. Bilan d après avoir été vicaire un an desservit seul un an et eut pour successeur en 1854 M. Audet, missionnaire actuel.

kabitants, dont 47 seulement sont d'qrigine canadienne-française, lesquels possèdent 18,551 acres de terre dont 3,104 sont en culture, ayant produit 16,279 minots de grains et 22,091 minots de patates, en 1860, formant en tout 38,370 minots et 1,242. tonneaux de foin. Jusqu'en 1859, il n'y avait pas de chemins pour visiter la partie ouest de la mission de Sainte- Anne. Mais depuis cette dernière époque il a été tracé une route le long de la rivière Matapédia qui est maintenant ouverte sur une longueur assez considérable. Une grande étendue de bonnes terres, paraît-il, existe entre la petite rivière P&tapédia qui tombe dans la Kistigouche, et la rivière Matapédia, auquel premier endroit il s'est formé depuis deux ans une nouvelle colonie, comprenant plus de cent familles, qui sont dans un état assez prospères ; cette nouvelle bourgade est voisine de la colonie acadienne, à l'ouest. Un chemin nouveau est projeté pour aller au secours de ces valeureuses familles, de même qu'il s'ouvre pour les acadiens une voie facile de communication. À propos du chemin conduisant aux établissements des acadiens, M. Verge, conducteur des travaux, rapporte que les terrains le long de ce chemin sont de bonne qualité, couverts de bouleau, d'érable, de cèdre, etc., et sont très propres à former des établissements agricoles. Ujie cha-

{>elle temporaire a été érigée par les acadiens au centre de eurs défrichements (1).

(I) Malgré que le3 acadiens soient aujourd'hui établis en grand nombre dansle canton Matapédia, je crois devoir insérer dans ces pages les nome des premières familles qni ont commencées a ouvrir ce cunton, en 1861, afin de faciliter les recherches & ceux qni, pluB-tard, pourraient avoir besoin de consulter ces utiles renseignements, que je puise dans-us écrit signé de Thon M. Tessier et publié dans les journaux d'alors.

Hubert Doiron, sa femme, Marie Gallant, ayant 9' entants, — Total 11

Sylvain Pitre,

Gilbert Gallant,

Joseph Gallant,

Bazile Gallant,

Vve. Frs. Pitre,

Maxime Pitre,

Léon Gallant,

Sévère Pitre,

Sylvain Pitre,

Jean Blaquière,

Gracien Pineau,

Léon Pitre,

Etienne Pitre,

f ve. Daniel Pitre,

En tout 15 familles, renfermant... 59 enfans. Total ...87 âme».

Modeste Gallant, '

ce

Julienne Gallant,.

Gertrude Gandin,

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Polomée Pitre

ce

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Julienne Gallant,

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Apoline Dion,

Charlotte Doiron,.

Sophie Doiron,

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Modeste Doiron,

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Marie Pitre

Marie Déroche,

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Judith Gallant,

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