‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 33 sur 124 · XVIII.— Comté de Lot b In 1ère · texte numérisé non relu

XVIII.— Comté de Lot b In 1ère

Ce comté, comme cetix de Nicolet et dTamasfca qui vont suivre, s'est développé d'une manière assez étonnante durant ces dernières dix années, puisque ses progrès se 6ont opérés sans appui du dehors ; au contraire, les comtés sus-mentionnés ont puissamment contribué à peupler lés nouveaux établissements des comtés de l'intérieur qui, aujourd'hui, leur disputent la place dans l'échelle du progrès.

Quant au comté de Lotbiûière, il renferme aujourd'hui une population de 20,01J8 habitants dont 15,708 sont d'origine canadienne-française. Il y a dix ans, la population de ce comté ne s'élevait qu'à 16,657 âmes, dont 13,221 habitants étaient canadiens-français.

Le nombre d'acres de terre possédés, en Ï851, s'élevait à 225,728 dont 78,756 acres étaient en état de culture ; aujourd'hui on y possède 250,722 acres dont 107,626 sont cultivés, formant une augmentation de 28,870 acres de terre nouvelle.

Les récoltes de 1851 donnèrent 297,385 minots de grains, et 112,256 minots de patates, en tout 409,641 minots ; les récoltes de 1860 ont donné 599,542 minots de grains et 285,110 minots de patates, en tout 884,652 minots, formant une augmentation, en 1860, de 475,011 minots de grains et patates. Les récoltes de cette dernière année sont évaluées à $461,894.30 ;

Les produits de l'industrie comprenant le sucre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, sont estimés à $112,654.58 ; le revenu des jardins et vergers à $13,901 ;

232 COLONISATION DU BAfl-OÀtfÀDÀ.

Le bétail, an nombre de 37,051 tètes, en 1851, s'élève aujourd'hui an chiffre de 46,279 tètes, évalué à $488,575 ;

Les voitures d'agrément sout portées au chiffre de 3,529 dans le recensement de 1861, évaluées à $55,365 ;

La valeur de la propriété foncière est estimée à $2,656,349 ; et celle des instruments d'agriculture à $101,485 ;

Formant en tout une valeur de $3,840,223.83.

La colonisation s'est développée très rapidement dans le comté de Lotbinière durant ces dernières dix années, comme on a pu le remarquer quelques lignes plus haut. Grâces à l'esprit d'activité de la population des paroisses en général de ce comté, plusieurs nouvelles paroisses ont surç depuis quelques années, lesquelles offrent toutes les garanties d une prospérité bien assise.

D y a d'abord la jeune paroisse de Saînt-Àpolinaire, située 6ur la deuxième rangée des paroisses du fleuve, en arrière de Saïht- Antoine de Tilly, qui renferme une église en pierre complètement terminée en dedans et en dehors, et un presbytère occupé par un Prêtre résident. L'érection civile de cette paroisse aate de 1854.

Cette paroisse, formée par le démembrement de celle de St. Antoine, renferme 219 familles ou 1,559 habitants, tous d'origine franco-canadienne à l'exception d'une seule personne, lesquelles possèdent 5,550 acres de terre en état de culture qui ont produit 32,179 minots de grains et 18,870 minots de patates, en 1860, formant en tout 51,049 minots et 713 tonneaux de foin, outre les pâturages* *

•La propriété foncière est estimée aujourd'hui à $107,227, et le bétail a $24,914.

Ces familles ont confectionné durant l'année 1860 environ 1,692 aunes d étoffe foulée, 932 aunes de flanelles ou couvertes, 2,145 aunes de toiles, 2,158 lbs. de filasse, outre 17,058 lbs, de beurre.

Il y a des routes ouvertes Çui communiquent soit au fleuve, soit au chemin de fer, lequel passe non loin de St. Apolinaire^ au sud.

Un deuxième centre de population se développe aussi très rapidement en arrière de Saint Apolinaire, sur l'une des rives de la rivière Beanrivage, laquelle arrose très bien la contrée

Î>our aller ensuite se perdre dans la rivière Chaudière, près de 'endroit où se forme la jonction du chemin de fer de l'ouest avec la brandie de la Rivière-du-Loup.

Il y a une chapelle construite dans Teudroit, et la paroisse naissante est placée sous le titulaire de Sainte-Agapite. C'est

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If. le Curé de Saint-Apolinaire qui dessert ee noyau de population.

Je n'ai point d'autres renseignements sur eette localité.

Vient ensuite la nouvelle paroisse de Sainte-Agathe, fermée d'un territoire de forme irrégulière de 14 milles dans sa plus grande profondeur sur 8 milles de large, pris en partie 6ur le haut de la seigneurie de Sainte-Croix, sur celle de Beaurivage et partie des cantons Leeds et Nelson. Cette paroisse, qui ne figure pas dans le calendrier de 1851, a été érigé civilement en 1857 et possède l'avantage d'avoir un Prêtre résident.

Le mouvement progressif de la population comme l'augmentation considérable de l'étendue des défrichements opéras durant ces dernières dix années, constatent un développement précieux de richesses qui mérite d'être rappelé à notre mémoire.

Il y a dix ans, pette paroisse renfermait 63 familles ou 522 Ames, dont 219 habitants étaient d'origine canadiennefrançaise, et le reste d'origine irlandaise. On y possédait 1,673 acres de terre en culture qui avaient produit 5,057 minots de grains et 4,790 minots de patates, formant en tout 9,847 minots et environ 15 tonneaux de foin. Le recensement de 1861 fait voir qu'il y a maintenant 223 familles ou 1,509 âmes, dont 730 personnes sont franco-canadiennes. Ces familles possèdent 8,074 acres en culture qui ont produit 40,586 minots de grains et 34,348 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 74,934 minots, outre 1,075 tonneaux de foin.

Par cette heureuse ambition qui exerce tant d'énergie sur la nature progressive de»l'homme il appert que cette population a préparée 6,401 acres de terre nouvelle durant cette période de dix années, offrant un surplus de 35,529 minots de grains et 39,968 minots de patates et navets, en tout 65,087 minots j outre 1,060 tonneaux de foin.

Ces magnifiques résultats ont été précédés par d'autres non moins importants : la population. En effet, on compte une augmentation de 160 familles ou 987 habitants survenue durant cette même époque, dont 511 sont canadiens-français. Quoique la différence soit légère, cela n'empêche pas que l'élément canadien-français y prend les devants.

Parmi les produits de l'industrie domestique confectionnés durant l'année 1860, on remarque 31,977 lus. do beurre et 2,899 aunes d'étoffes ou flanelles.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $144,575 ; les instruments d'agriculture à $6,800, et le bétail à $25,934.

Les chemins Craig et Gosford passent dans les limites de cette paroisse, ainsi que d'antres routes transversales.

Sur la même ligne de Saint- Apolinaire, qne nous avons vu, à l'ouest, se trouve la paroisse de Saint-Flavien, située vis-à-vis de Sainte-Croix, laquelle est formée d'une partie des seigneuries de Sainte-Croix et des Plaines. Cette paroisse, qui renferme une Chapelle, Presbytère, etc., possède nn Prêtre résident depuis quelques années.

Les développements n'ont pas été aussi considérables que ceux de Sainte-Agathe ; cependant le chiffre de la population de cette ancienne mission delà paroisse de Sainte-Croix a doublé depuis dix ans, de même que les défrichements.

D'après le recensement de 1861, la population s'élève à 140 familles ou 1,025 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de 31 personnes. On y possède 2,930 acres en culture qui ont produit 19,450 minots de grains et 10,331 minots de patates, en tout 29,781 minots et '363 tonneaux de foin.

La propriété foncière est estimée à $105,175, et le bétail vaut $12,630.

Une autre paroisse naissante commence aussi à paraître avec toutes les garanties désirables, dans les profondeurs de Lotbinière. Le sol est excellent et avantageusement varié, et la forêt est mêlée d'orme, frêne, érable, hêtre et merisier. Toute l'étendue de la seigneurie est très bien arrosé par la rivière du Chêne, Bois' Clair, et autres courants ; la rivière du Chêne est navigable en tout temps de l'année de sa source jusqu'au lieu appelé le portage, à deux milles environ du fleuve Saint-Laurent.

Cette jeune paroisse ne figure pas encore dans le recensement de 1861, quoiqu'elle renferme une population assez considérable, détachée de la Cure de Lotbinière. JElle a pour titulaire Saint-Edouard, et elle est desservie tous les dimanches par l'un des prêtre» de cette dernière paroisse, dans la belle petite église en pierre qui se trouve construite non loin de la nvière Bois Clair.

Enfin, on arrivo à la dernière paroisse nouvelle <jui nous reste à considérer dans les limites de ce comté, et qui ne fait que commencer à paraître à travers les arbres de la forêt Elle est située entre Lotbinière et Saint-Jean des Chaillons, et c'est la première de ces paroisses qui lui a donné l'existence, en y plaçant l'exhubérahon de sa population qui, comme à Saint-Edouard, se développe sensiblement et régulièrement, au point que déjà elle acquiert une raison d'existence des

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mieux assurées Cette nouvelle paroisse aura pour patronne Sainte-Emilie, et sa Chapelle devra être placée dans nn site très agréable, sur une des rives de la rivière du Chêne. C'est M. le Curé de Lotbinière qui dessert cette population.

Ajoutons, pour terminer, que la paroisse de Lotbinière a puissamment contribuée aux développements de tous genres qui ont surgi dans ce comté, depuis aix ans ; développements qui doivent enorgueillir tonte cette population à la vue de cette intéressante paroisse qui, après avoir eoncourrue pour une si large part dans la formation des cantons de l'Est, a pu favoriser l'établissement de ces deux nouveaux centres de population, " tout en gardant encore assez de population et de sol fertile pour conserver sa prospérité et soutenir son renom " suivant l'heureuse remarque faite par la Gazette des Campagne* (1).

" M. le Curé de Lotbinière, ajoute encore cette feuille, qui se fait vieux par l'âge, mais nullement par le zèle, l'activité et l'esprit de bonne humeur, porte comme un jeûne homme le poids dh travail, des voyages et des affaires que lui suscite sa grande paroisse. Un couvent des Sœurs du Bon Pasteur, de Québec; sera établie près de l'église* de Lotbinière, au printemps prochain (1$63), et un vaste presbytère vient d'y être élevée aux frais du digne Curé, qui cédera l'ancien qu'il occupe actuellement pour servir de logement aux bonnes Sœurs.

" Lotbinière, du reste, est un centre d'activité industrielle et agricole d'une grande importance, — dit le spirituel Touriste des paroisses du sud du fleuve, dans le journal déjà cité. — Ses belles terres sont déjà connues : leurs produits emploient et chargent à pleins bords deux bateaux à vapeur qui, deux fois par semaine, suivent une ligne régulière d'exportation. Ajoutez-y les produits de l'industrie et surtout ceux de trois fonderies qui exportent principalement uno notable quantité de poêles et de charrues, vous aurez une idée de l'activité industrielle et agricole de cette paroisse de Lotbinière. Il va sans dire que les paroisses environnantes contribuent en partie à ce mouvement progressif d'activité agricole et industrielle."

Ce comté à produit 41,122 minots de blé, en 1860.

(I) Ce journal du " Cultivateur et du Colon " est publié à Sainte-Anne de la Pocatière, et il est particulièrement chargé de constater le Baccès des améliorations et des essais faits sur la ferme-modèle du Collège, tout en se dévouant à la cause agricole du pays eu général. Cette entreprise mérite l'appui des hommes de bien. L'abonnement ne coûte que trois chelins et dix huit sous par année, et le journal parait tous les quinze jours.

XIX — Comté de Nieolet*

Ce riche comté renferme neuf paroisses, dont cinq 6oat situées sur le fleuve Saint-Laurent, et quatre dans l'intérieur des seigneuries. Les paroisses du fleuve sont celles de Saint- Pierre les Becquets, Saint-Edouard de Gentilly, Nativité do N. D. de Bécancour, Saint-Grégoire-le-Grand et Saint-Jean- Baptiste de Nieolet. Celles de la deuxième rangée ou de l'intérieur sont : Saint-Louis de Blanford, (une petite partie seulement) Sainte-Gertrude, Saint-Célestin et Sainte-Monique.

11 y a dix ans, ce comté renfermait une population de 19,657 habitants dont 694 personnes étaient d'origine britannique ou étrangère. D'après le recensement de 1861, on ne compta plus que 180 personnes d'origine britannique dans le chiffre de la population totale du comté qui s'élève à 21,563 âmes, formant une augmentation sur 1851 de 1,906 habitants.

Cette légère progression de la population n'a été que l'accroissement naturel qui résulte de l'excédent des naissances sur les décès, car tontes ces paroisses sont anciennes et très développées, à l'exception de celle de Saint-Célestin, que nous considérerons tout-à-l'heure, et Saint-Louis de Blanford, que nous avons étudié sous la rubrique du comté d' Arthabaska.

L'aspect général du comté est superbement diversifié par d'attrayantes situations et d'agréables points-de-vue qui rendent le séjour facile et enchaîne l'âme pour ces délicieuses campagnes. La qualité du sol, il est vrai, contribue pour une large part à faire estimer davantage cette contrée, qu'arrose le neuve Saint-Laurent, lorsque l'on voit les paroisses de ce comté venir fournir 70414 minots de blé pour leur part dans la récolte générale du pays surtout dans un temps de calamité aussi vive que celui-ci contre la culture de ce céréale si important et si nécessaire aux besoins de la vie domestique.

Le sol du comté de Nieolet peut se classer comme suit :

Dans la seigneurie de Saint-Pierre, il est composé d'une marne argileuse, et d'une terre grasse et noire très fertile, qui

Î>roduit d'abondantes récoltes. Une partie de la rivière du 3hène, et autres courants, arrosent très-bien la seigneurie. Le terrain, près du fleuve, continue d'être élevé et escarpé depuis les hauteurs de la Pointe-Levis on remontant le fleuve. Vient ensuite la seigneurie do Gentilly, qui renferme un sol argilacé et de marne sablonneuse ; mais plus loin, à l'intérieur, il se change en terre forte et noire, favorable à toutes

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espèces de culture. Près du fleure, en remontant, le terrain commence à baisser graduellement au point qu'il devient jusqu'au niveau de l'eau du fleuve dans la seigneurie de Nicolet. La rivière Gentilly passe à travers ce lopin de terre.

Plus haut se trouve Becancour ; magnifique seigneurie arrosé par les rivières Becancour, Blanche et Godefroi, ainsi que par les lacs aux Ontardes et Saint- Paul. Le plus important de ces lacs est celui de Saint-Paul, long d'environ 4 milles et demie sur un demi-mille de largeur, fi n'est pas très profond dit le géographe Bouchette, mais il est très poissonneux ; 6es, eaux passent par le canal de la rivière Godefroi dans le fleuve. Ses bords offrent un paysage parfait et rempli de points devue charmant. Le lac aux Outardes se joint à celui de Saint- Paul et présente une situation aussi agréable.

La seigneurie de Saint Grégoire ofire généralement un sol riche et précieux ; près du fleuve, il est léger et sablonneux, maie bientôt il change de nature, et vers l'intérieur il offre une belle terre noire. Les rivières Sainte-Marguerite et Godefroi, avec plusieurs petits ruisseaux, serpentent et arrosent complètement la seigneurie. Le ' chemin de fer d'Arthabaska traverse aussi cette contrée, et vient aboutir au fleuve Saint-Laurent, vis-à-vis de la ville des Trois-Rivières, qui est au nord.

Vient enfin h, seigneurie de Nicolet, avec son terrain bas près du fleuve, au pied même du magnifique Lac Saint-Pierre, et son village si remarquable par la beauté de sa situation, étant établi sur le versant d'une légère colline qui lui assure le plus magnifique coup-d'œil possible, égayé par les nombreuses et jolies maisonnettes, aux couleurs variées dispersées dans les différentes parties de la seigneurie. Le sol est léger et sablonneux, mais il devient supérieur au fond de la seigneurie. La belle rivière Nicolet, dont j'ai déjà parlé, arrose cette contrée. Au milieu du florissant village, brille le superbe Collège de Nicolet, si cher à bien des intelligences, fonde en 1804 par Jf. l'abbé L. M. Brassard, alors curé de Nicolet, et si efficacement soutenu dans ses premières années d'existence par l'illustre Mgr. Plessis, onzième évêque de Québec, qui fut la gloire de l'épiscopat et le champion le plus ardent des vrais intérêts du pays, au sein même du Conseil Législatif du Canada, dans des temps bien difficiles, et ce, durant le premier quart du siècle actuel. Grâce à cette sollicitude pour le Collège de Nicolet, cette institution est aujourd'hui bien établie et poursuit efficacement sa sublime carrière, qui, comme les autres collèges de ce genre, fait l'honneur du pays et des Lettres.

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Après l'exposition succincte que je viens de faire sur la qualité du sol du comté de Nicolet, je comprends que le

'énergie et l'intellig< encore plus productif.

Pour la même raison que j'ai exprimé touchant l'accroissement de la population, les défrichements n'ont pas été non £lus très considérables durant ces dernières dix années. Tailleurs, les limites forestières ne doivent aujourd'hui se borner qu'à la seule étendue des seigneuries puisque les terres de l'intérieur se défrichent activement par les populations du comté d'Arthabaska, qui s'avancent à pas de géant vers les lignes seigneuriales et semblent commander aux habitauts des paroisses du fleuve : Voitê n'irez pas plus loin /

Quoiqu'il en soit, les défrichements ont augmenté de 11,250 acres, en dix ans. Le chiffre total de terrains mis en état de culture s'élève aujourd'hui à 92,057 acres, qui ont produit 571,672 minots de grains et 200,353 minots de

Satates, formant en tout 772,045 minots et 18,347 tonneaux e foin, le tout évalué à $511,318.41.

Il appert par les recensements de 1851 et 1861 que le surplus des défrichements ci-dessus exprimé a procuré une augmentation de 169,796 minots de grains et 119,930 minots de patates, en 1860, formant en tout 289,746 minots d'augmentation sur la récolte de 1851.

Les produits de l'industrie, qui comprennent le beurre, le sucre, la laine, l'étoffe foulée, lp flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent aujourd'hui à $131,998.27.

Parmi ces produits figurent 199,542 lbs. de sucre d'érable et 253,409 lbs. ae beurre, confectionnées durant l'année 1860.

Le revenu des jardins et vergers s'élève à $5,737.

Le bétail, au nombre de 46,457 tètes, en 1851, s'élève aujourd'hui à 51,515 têtes, évaluées à $^j97,377.

Les voitures d'agrément, au nombre de 3,303, sont estimées dans le recensement de 1861 à $76,272.

La propriété foncière est hautement appréciée, puisqu'elle est évaluée dans le même recensement à $3,378,060.

Les instruments d'agriculture figurent pour une valeur estimée à $84,395.

Formant une richesse totale de $4,675,157.68 ; égale à près de $217 par tête, répartie également sur toute la population du comté.

mf ÉTUDE. — COMTÉ DK HIOOLET. 239

On constate qu'une paroisse nouvelle et une mission ont surgi dans les limites de ce comté depuis dix ans : Saint* Pierre-Célestin et Sainte-Brigitte. Quoique )a cognée da défricheur eût été entendue bien avant 1851 dans le premier de ces endroits, frappant ça et là les arbres géants de la foret, cependant ce n'était que des défrichements isolés et sans suite, ne pouvant encore donner la garantie d'un succès quelque

5>eu assuré. Mais les choses changèrent bientôt de tournure, orsqu'appar&t en 1852 un zélé prêtre qni s'empressa de donner une direction nouvelle et propre à agrandir en richesse et en importance, ce nouveau centre de colonisation qui, aujourd'hui, prend place dans Tordre hiérarchique des développements du pays.

Cette paroisse située en arrière de Saint-Grégoire, dans la seigneurie de Roquetaillade, renfermait une population de 61 familles ou 468 habitants, en 1851, tous d'origine canadiennefrançaise, moins 18 âmes. Le recensement de 1861 démontre 2u'il y a aujourd'hui une population de 185 familles ou 1,355 mes, dont 1,330 habitants sont canadiens-français, et 25 appartiennent aux origines écossaises et irlandaises. L'accroissement de la population de cette paroisse a donc été de 124 familles ou 887 habitants, depuis dix ans, tout au profit des canadiens-français, à l'exception de 7 personnes.

Cette paroisse renferme une église d'environ 110 pieds de longueur, et un prêtre y réside depuis l'automne de 1852, comme je viens de le dire.

Il y a dix ans, on comptait dans cette paroisse 1,858 acres de terre en état de culture, qui avaient produit 11,056 minots de grains* et 3,398 minots de patates et navets, outre 362 tonneaux de foin. D'après le recensement de 1861 il appert qu'il y a aujourd'hui 4,986 acres en état de labour, ayant produit 82,603 minots de grains et 17,207 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout une récolte de 49,810 minots et 517 tonneaux de foin.

Ces chiffres établissent donc une augmentation de 3,128 acres de terre nouvelle préparés durant ces dernières dix années, et un surplus de ^|,547 minots de grains et 13,809 minots de patates formant en tout 35,356 minots, outre 155 tonneaux de foin.

Aujourd'hui la valeur de la propriété foncière de la paroisse de St. Pierre-Célestin s'élève à $216,488 ; les instruments d'agriculture à $6,242, et le bétail à $27,936.

Parmi les produits de l'industrie domestique se trouvent 12,360 lbs. de sucre, 9,123 lbs. de beurre, 1,299 aunes d'étoffe

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foulée, 2,319 aunes de flanelle et 3,480 aunes de toile, le tout confectionné dans la seule année de 186Q/

Mais le zèle ardent de M. l'abbé -Marquis, Curé de Saint- Pierre-Oélestin, pour la colonisation, ne se borna pas là : il lui fallait un champ plus vaste. Dès lors il fonda les paroisses nouvelles de Saint-Léonard et Saint- Wenceslas, à l'ouest de ea paroisse, sur les bords fertiles de la rivière Nicolet, que le lecteur a pu apprécier et connaître lorsque j'ai parlé ae ces paroisses nouvelles, sous la rubrique du comté d'Àrthabaska.

C'est surtout à cette époque glorieuse et féconde de notre histoire colonisatrice,— que je m'efforce de retracer aussi exactement que possible, — cju'il convient de consigner la part de mérite que chacun a droit de voir compter pour son travail dans l'œuvre nationale de la colonisation, soit par son intelligence, soit par sa coopération à donner la première impulsion ou imprimer un rapide essor aux entreprises qui entrent dans le cercle de cette Voie si heureuse pour les destinées du pays. Ainsi, quoique M. l'abbé Marquis ait été si souvent l'objet d'honorables mentions dans la presse du pays, il ne serait pas convenable de passer outre sans lui exprimer de nouveau combien ses remarquables efforts sont appréciés et inspirent chez ses amis de judicieuses réflexions. D'ailleurs, une fois pour toutes, serait-il juste que la moisson fut refusée aux mains qui ont semé ?

L'autre centre de colonisation, Sainte-Brigitte, ne fait que commencer à se développer. Cette mission naissante est située en arrière de Saint-Zéphirin, seigneurie de Courval, et renferme déjà une population de 88 familles, canadiennes et irlandaises, en égal nombre. Une magnifique chapelle de 74 pieds sur 30 a été construite durant l'année 1862, et c'est M. le Ouré de 8t. Zéphirin qui dessert cette population, depuis cette époque.

Cette paroisse nouvelle est située à 4 lieues au sud-ouest de l'église de la paroisse de Ste. Monique, et comprend le fond de la seigneurie de Courval et hne partie du canton Wendover, arrosé à l'Est et à l'Ouest par la branche S. O. de la Rivière Nicolet et par la Eivière Saint-François.

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