VU6 ÉTUDE. — VILLE DE QUEBEC
Jacques-Cartier la terre est en grande partie labourable et composé d'une marne jaune excellente.
Les deux cantons Stoneham et Tewkesbury sont complètement bien arrosés par les rivières Jacques-Cartier et St. Anne, qui coulent majestueusement entre les hautes chaînes de montagnes, et par plusieurs autres petites rivières et lacs. L'érable, le hêtre, l'orme, le merisier et le bouleau y croissent ; mais c'est le bois mou qui domine.
Un chemin relie les dernières habitations ède Stoneham et Tewkesbury avec le Lac St. Charles et Valcartier, à l'ouest, et Laval, à l'est. L'ouverture de cette route doit raccourcir plusieurs lieues la distance de Stoneham à Québec, paraît-il.
Depuis plusieurs années on discute l'opportunité d'ouvrir un chemin entre Québec et le Lac St. Jean, tant dans la vue de faire coloniser les terres de la couronne qui se trouvent en arrière des seigneuries, que dans celle de procurer aux habitants du Haut-Saguenay un débouché pour l'écoulement plus facile de leurs produits et denrées destinés à alimenter le marché de Québec. Les opinions sont unanimes quant à reconnaître la nécessité de l'ouverture d'une telle route, il ne peut exister de différence d'opinion qu'au sujet de l'emplacement à choisir pour ce chemin : le projet de cette voie de communication prend une importance toujours croissante et je n'ai pas de doute que bientôt l'exécution va faire suite au projet.
Tille de Québec.
Québec, fondée par Champlain en 1608, est par excellence la ville historique du Canada. Je n'ai point à faire son histoire qui résume une bonne partie de l'histoire du pays ; je dois me contenter de la voir sous le point de vue colonisateur.
Depuis sa fondation jusqu'à ce jour, voici quel a été le mouvement de la population de cette ville.
En 1620 50 Âmes; y compris les religieux.
1681 880 " dont 316 bab. à la haute-ville et 564 à la basse-ville..
1706 2,640 " y compris la Banlieue et Siilery.
1739 4,603 " ville et Banlieue.
(Durant 87 ans, point de recensement particulier.}
1826 22,021 âraea; ville, Banlieue et Sillery.
Comme on voit, cette ville, j compris la cité et la partie dur
502 COLONT8ATION DU BAS-CÀKADÀ.
faubourg St. Eoch et Sillery, situés en dehors des limites actuelles, renferme une population totale de 63,080 âmes, dont 36,275 habitants sont canadiens-français et 26,805 appartiennent aux autres origines, surtout à l'origine irlandaise.
Mon intention, en faisant entrer au profit de la ville les Banlieues de la cité, dans l'exposé que j'offre de ses principaux développements, c'est pour rendre justice aux intérêts de Québec et ne pas accepter toutes les conséquences de l'acte de lord Sydenham qui sépara de la cité, pour le compte de ses créatures politiques, les parties de la ville qui leur étaient hostiles.
Québec voit couler à ses pieds l'un des plus grands fleuves de l'univers, qui forme un superbe bassin aans lequel viennent mouiller en sûreté des flottes considérables de vaisseaux de long cours, et qui la met en communication avec l'Europe et les vastes régions de l'Ouest, pour 6on commerce.
Les rivages, chaque côté du fleuve, depuis le voisinage de la ville jusqu'à l'extrémité de Sillcry, forment des anses nombreuses qui sont autant d'excellents entrepôts de bois de l'Outaouais, du St. Maurice et autres tributaires du St. Laurent, auprès desquelles on voit continuellement durant l'Eté un grand nombre de navires ancrés par groupes, qui offrent une scène continuelle d'activité commerciale. Les exportations du bois du Canada s'élèvent chaque année à environ 9 millions de piastres.
Sur les bords de la rivière St. Charles, qui serpente an nord de la ville, dans la belle vallée dont j'ai déjà parlé, se trouvent un grand nombre de chantiers de navire qui produisent une valeur moyenne annuelle d'environ un million de piastres.
Le progrès continuel de l'extension de'la propriété foncière de la ville de Québec va toujours croissant. La valeur de la propriété foncière non-cotisée est comme suit :
Gouvernement militaire $1,473,000
" provincial 888,000
Institutions charitables 751,600
Propriétés de la Corporation de la Cité 2,3 1 5,000
Compagnie du Gaz 60,000
Banlieues, etc 937,400
La valeur de la propriété cotisée s'élève a 14,404,000
Formant une valeur totale de $20.829,000
Dans ce chiffre, n'est point comprise la valeur du nombre considérable de Quais et Chantiers à bois, qui occupent toute la grève de l'Ànse-des-MèreB et Sillery, et que l'on peut évaluer au plus bas à sept ou huit millions de piastres ; soit 7,M>0,000
Ce qui fait un grand total de ~ $28,329,000
Tnc ÉTUDE. — COMTÉ DE MONTMORENCY. 503
Je n'ai point à faire l'énumération encore moins la description des nombreux édifices publics et des travaux militaires que présente Québec ; je n'ai point à décrire la beauté presqu'incomparable de son site et de ses environs ; je n'ai point à étudier ici l'importance de ses grandes institutions et notamment de l'Uni versi té-Laval, cette gloire de l'Eglise et du Peuple du Canada. Au reste tout cela est connu et je dois me borner à mon sujet, assez vaste déjà pour m'interdire toute digression de longue haleine.
IjTlI.-^Conité de Montmorency.
Ce comté renferme une population de 11,136 âmes, dont 10,708 habitants sont d'origine canadienne-française.
On y possède 159,804 acres de terre, desquels 61,484 acres sont en parfait état de labour et 98,320 acres encore en bois debout.
Les récoltes de 1860 ont donné 278,208 minots de grains et 153,295 minots de patates et navets, formant en tout 431,503 minots et 8,838 tonneaux de foin, outre les pâturages, le tout évalué à 8260,954.45
La valeur des produits ordinaires de l'industrie domestique, consistant en beurre, sucre, laine, étoffe foulée, flanelle, toile et filasse, s'élève à $84,505.70.
Le revenu des jardins et vergers est estimé à $12,818.
Les troupeaux, qui consistent de 29,194 tètes, valent $254,515.
Les voitures d'agrément, au nombre de 2,525, sont évaluées à $56,851.
Les instruments d'agriculture valent $60,294 ; et la valeur de la propriété foncière est estimée à $1,811,663.
Formant une richesse totale de $2,541,601.15.
Le comté de Montmorency embrasse les paroisses de l'Ange- Gardien, Château-Richer, Ste. Anne, St. Joachim et St. Féréol, situées sur la rive nord du fleuve St. Laurent, et celles de St. Pierre, Ste. Famille, St. Laurent, St. Jean et St. François, situées dans l'Isle d'Orléans.
L'Isle d'Orléans partage le cours du fleuve en deux canaux, et elle a environ 21 milles de longueur sur 5} de largeur. Le
50i COLONISATION DS BAS-CANADA.
sol est fertile dans toutes ses parties ; sur les hauteurs 0 consiste ordinairement en une bonne terre légère, mêlée tantôt de sable, tantôt de sable et d'argile ; dans les situations moins élevées se trouve une belle terre noire qui en approchant des rivages est pareillement mêlée de sable. Les rivages descendent par degrés jusqu'au bord de l'eau. Celui du nord de l'Islc est plat et fangeux, et des chaînes de rochers régnent le long ; mais du coté du sud il est généralement composé d'un bean sable.
♦ L'ancienne colonie Ilnronne de 1659 est donc aujourd'hui remplacée par une population de 4,837 habitants, tous d'origine canadienne-française, moins 22 personnes, établie dans les paroisses ci-dessus mentionnées, et que nous allons brièvement considérer.
La paroisse de St. Pierre, située sur le' côté nord de l'Isle, se trouve presque en face de la Chute de Montmorency, et le chiffre de sa population s'élève à 1,022 âmes. L'église occupe la partie la plus haute de l'Isle et elle est construite à environ quatre milles du bout de l'Isle. Un bateau-à-vapeur voyage tous les jours de l'Isle à Québec. C'est l'avoine, les patates et le foin qui sont les principales cultures.
Plus loin, et sur le même côté, se trouve la paroisse de Ste. Famille qui renferme S88 habitants, tous canadiens-français. Le blé, les pois et l'avoine réussissent bien ainsi que les patates. Cette paroisse possède un établissement d'éducation pour les jeunes filles, dirigé par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. La date de la fondation de cette maison remonte à l'année 1685, du temps de la vénérable Sœur Bourgeois, et eût pour premières fondatrices ou directrices les sœurs Hioux et Barbier, qui y endurèrent de cruelles épreuves de privations et de souffrances.
Vis-à-vis de la paroisse St. Pierre se trouve sise la paroisse de St. Laurent, située sur la rive sud de Tlsle, laquelle compte 933 âmes. Un peu à l'ouest de la paroisse est un havre sûr et bien abrité où les vaisseaux trouvent un bon refuge lorsque le temps empêche ou contrarie leur* marche. Les cultures sont les mêmes qu'à Ste. Famille, à l'exception etn blé et des patates qui sont moins cultivés. L'église est située tout près du rivage.
La paroisse de St. Jean vient à la suite, à environ 6 milles, et renferme une population de 1,433 habitants. Une bonne partie des chefs de familles exercent la profession de pilotes. Cette paroisse tient le premier rang dans la culture des céréales et des légumes, et la valeur de la propriété foncière l'em-