‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 81 sur 124 · TU* ÉTUDE. — COMTÉ DE MOKTMOEENCY · texte numérisé non relu

TU* ÉTUDE. — COMTÉ DE MOKTMOEENCY

commencement du siècle dernier, près du fleuve, qui fut détruit dans le temps où l'armée anglaise, 60us le général Wolfe, était campée sur la rive orientale de la rivière Montmorency. La paroisse du Château-Richer sert aujourd'hui de chef-lieu au comté. Le blé, l'orge et les patates sont cultivés avec succès, et le commerce du bois de chauffage est très considérable avec la ville de Québec. Les belles érablièrcs 'destinées à la fabrication du sucre ont fourni une quantité de 102,182 Ibs. dans le printemps de 1860, représentant une ressource annuelle de plus de $8,000. Cette localité fournit encore des carrières précieuses de pierre de bonne qualité et de dimensions fort avantageuses.

Vient ensuite la paroisse de Ste. Anne, célèbre par les étonnants prodiges opérés en faveur des pieux pèlerins qui vont y confier leurs misères à la bonne Sainte-Anne : cette paroisse renfermé une population de 1,035 âmes. La rivière Ste. Anne, qui reçoit les eaux des petites rivières à la Rose et des Hoches, coule à travers les terres de la paroisse d'une manière très profitable à la culture. Les céréales et le foin produisent d'abondantes récoltes et les terrains sont généralement très bien cultivés.

La paroisse de St. Joachim renferme 1,296 habitants, et les terres y sont d'une bonne qualité et en bonne culture, produisant abondamment toutes espèces de céréales. Il n'en saurait être autrement, après les généreux efforts que ne cessent de faire les vénérables Prêtres du Séminaire de Québec pour étendre le goût et les connaissances agricoles parmi les cultivateurs de l'endroit, par le pioyen de l'exemple qu'ils offrent sans cesse dans la culture de leurs terres. Sur une éminence, à peu de distance du Cap Tourmente, est délicieusement située la maison de campagne des MM. du Séminaire, avec une Chapelle et divers autres constructions, où ces messieurs se retirent tous les ans, dans la belle saison des vacances.

En arrière de St. Joachim, sur le bord occidental .de la rivière Ste. Anne, se trouve la paroisse de St. Féréol qui s'étend sur une longueur assez considérable, laquelle renferme une population de 882 âmes. Le sol de cette paroisse étant considérablement élevé et par conséquent très exposé à la rigueur du climat et des vents, les récoltes y éprouvent quelquefois des dommages assez sérieux. L'orge, le seigle, 1 avoine, et les patates y sont les principales récoltes. Il n'y a guère plus de 1,500 arpents qui soient ensemencés chaque année, sur les 8,800 acres qui sont en état de culture.

Un chemin nouveau part de St. Féréol, à une demie {lieue au sud de la rivière Ste. Anne, et doit aller aboutir au chemin de St. Urbain. Cette route a été entreprise dans la vue de favoriser l'établissement des terres qni se rencontrent sur son parcours et de raccourcir de 15 milles la distance que Ton a a parcourir par le chemin actuel " des Caps " pour se rendre à St. Urbain et de là au Saguenay. M. Charles Rhéaume, conducteur des travaux, disait dans 6on rapport de 1S61 : " Ce chemin traverse une grande étendue de belies terres qui me paraissent d'une très grande fertilité. 11 longe quatre lacs magnifiques remplis de poissons. Toutes les terres auxquelles ce cnemin donnera accès sont défendues des vents du nord par une rangée de montagnes, et par conséquent bien moins exposées à la gelée qui se fait souvent sentir le long du vieux chemin. Elles penchent vers le sud, de sorte qu'elles sont toujours exposées au soleil, ce qui ajoutera encore à leur fertilité, et elles seront moins exposées à la gelée. Les bois les plus fréquents sont le merisier, l'érable, etc. " Dans son rapport de 1862, il constate qu'un certain nombre de lots ont été pris durant l'année et que des colons s'y sont placés dans différents endroits et paraissent bien réussir..

Entre St. Joachim et la Petite-Rivière, espace d'environ 20 milles se trouve un terrain stérile et montagneux, qui a toujours nui et continuera de nuire sérieusement aux progrès de la colonisation comme aux moyens de transports des produits qui pourraient s'échanger entre les habitants des deux comtés de Montmorency et de Charlevoix. Cependant, pour remédier quelque peu à cet inconvénient, le gouvernement s'est efforcé de rendre plus facile les communications, par des améliorations importantes qui y ont été faites dans la réparation du u Chemin des Caps, " comme on le désigne généralement.

Quant à la colonisation, malgré que ce lopin de terre soit de nature à repousser les volontés les plus fermes et les plus robustes, cependant on a vu des hommes assez courageux pour braver ces ODStacîes et défricher les quelques parties propres» la culture et s'y établir. C'est ainsi que commence à surgir aujourd'hui la nouvelle paroisse de St. Tite, qui se développe sur le Chemin des Caps, à l'est de St. Joachim, dans le fief Beauval. Une correspondance nous apprend que ces terres " malgré leur inégalité de surface et la difficulté de leur défrichement, ne laissent pas que d'être très fertiles, " et pour preuve on cite que la nouvelle paroisse de St. Tite des Caps, sur un plateau peut-être le plus élevée de ceux qu'on cultive

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