‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 82 sur 124 · VII* ÉTUIE. — COMTÉ DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

VII* ÉTUIE. — COMTÉ DE MONTMORENCY

dans les Lanrentides, renferme entr'autres colons, un habitant qui a récolté durant l'année de 1860 " une quantité de 220 minots d'avoine dans cinq arpents, ce qui donne 44 minots de l'arpent ; un autre, pour première récolte d'une terre qu'il venait d'ouvrir, a eu 250 minots d'orge dans huit arpents ; un troisième a eu 9 minots de beau blé d'un demi minot de semence, " etc. " Je sais qu'on peut avoir plus et qu'il n'y a là rien d'extraordinaire, — continue de dire le bien informé correspondant, — mais ces faits suffisent pour' prouver que le colon ne cultive pas là sans espérance. "

Cette population, dont j'ignore le chiffre, est desservie par M. le Curé de St. Joachim. Une école est ouverte, fréquentée par 42 enfants.

On compte dans les limites du comté un autre centre de colonisation qui se développe» très lentement mais sûrement, situé au dessous du canton Tewkesbury, à l'ouest de la rivière Montmorency, auquel on a attaché le nom de Mgr. de Laval, premier Evêque du Canada. Cette paroisse, placée sous le patronage de Ste. Brigitte, renferme une population de 103 ïamilles ou 617 âmes, dont 56 familles ou 353 personnes sont d'origine irlandaise et 47 familles composées de 264 personnes appartiennent à l'origine canadienne-française, une jolie Chapelle est construite sur le bord de la petite rivière Huron et un Prêtre réside dans l'endroit depuis quelques années. M. le Missionnaire de Laval rapporte que cinq famiFes ont laissé la paroisse durant l'année 1862, mais trois de ces familles doivent y retourner n'ayant pu trouver fortune ailleurs ; en revanche cinq autres familles sont allées s'établir dans l'endroit : deux circonstances qui parlent en faveur de la localité, suivant que le remarque ce monsieur. Une école est ouverte, fréquentée par 50 enfants. On estime à 2,328 acres les terrains mis en état de culture jusqu'à aujourd'hui, dont la moitié est ensemencée chaque année. La récolte de 1860 a donné 8,606 minots de grains et 17,6S5 minots de patates, formant en tout 26,291 minots et 329 tonneaux de foin, outre les pâtnrages. La valeur des terres est estimée dans le recensement de 1861 à $28,152, formant une richesse par chaque famille de $273.41 £, répartie également sur toute la population, pour ce qui regarde la propriété foncière seulement, à part la valeur des récoltes, instruments d'agriculture, bétail, produits de l'industrie, etc. Cette paroisse est a 15 milles de Québec.

510 COLONISATION DU BÀ8-CÀNÀDA.

LTIII.— Comté de Charlevolx.

Ce comté s'étend sur la rive nord du fleuve St. Laurent, depuis les environs de la Petite-Rivière St. François-Xavier jusqu'à l'Echafaud aux Busqués, situés à quelques milles endeçà de l'embouchure de la rivière du Saguenay et renferme Une population de 15,223 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de 134 personnes.

Le nombre d'acres de terre possédés par cette population s'élève à 285,658 dont 103,081 acres sont en état parfait de culture, laissant par conséquent une quantité de 181,977 acres encore en bois debout, pour les fins domestiques.

D'après le recensement de 1861 les récoltes de Tannée précédente ont donné 317,354 minots de grains et 223,522 minots de patates, formant uije récolte totale de 540,876 minots et 10,290 tonneaux de foin, outre les pâturages, le tout évalué à $392,483.07.

Ce comté tient le premier rang sur tous les antres de la région pour la production des céréales. Le blé seul figure pour 84,949 minots ; c'est-à-dire trois fois plus que n'offre le comté le plus élevé ensuite.

Les produits de l'industrie, qui consistent en beurre, sucre, laine, étoffe foulée, flanelle, toile et filasse, s'élèvent à $125,202.79.

Le produit des pêcheries, durant l'année 1860, a été comme suit : 420 quintaux morue sèche, 1,206 qtx. morue verte et 1,014 lbs. autre poisson frais, le tout évalué à $4,300.

Lq revenu des jardins et verger vaut $23,865.

Le bétail, qui compte pour 49,252 tètes, est évalué à $492,428.

Le3 voitures d'agrément, au nombre de 3,125, valent $59,251 ; f

On estime la valeur des instruments d'agriculture à $126,310 ; et celle de la propriété foncière à $2,241,025.

Formant une valeur totale de $3,464,364.86.

L'aspect général du comté est montagneux, mais le sol est de bonne qualité.

Durant les dernières dix années, le défrichement des terres incultes a été vigoureusement poussé, puisque le recensement de 186 L constate une augmentation de 21,423 acres de terre nouvelle sur celui de 1851. Nous allons passer en revue les anciens comme les nouveaux centres de colonisation renfermés dans le comté.

TIla ÉTUDE. — COMTÉ DE CHAELETOIX. 511

La paroisse de St. François-Xavier, (Petite-Rivière), est située a 9 railles de la Baie St. Paul, et renferme une population de 728 habitants. Il n'y a guère plus que 2,700 acres qui soit en culture dont la moitié environ est ensemencée chaque année. Le rendement des récoltes est médiocre, à l'exception du foin. Les développements du de boisement de la forêt comme la population ont été presque nuls durant cea dernières dix années.

La paroisse de la Baie St. Paul est situ le au fond de la baie de ce nom, encaissée de Caps d'une grande hauteur qui forment les pointes extérieures de la baie, lesquelles décrivent un cercle en forme d'amphithéâtre vers le fond duquel vient s'abîmer les eaux de la rivière du Gouffre, qui est un courant d'une grandeur considérable et qui prend sa source dans quelques lacs situés dans la seconde rangée de montagnes de 1 intérieur. L'Eglise de la paro;sse SS. Pierre et Paul, est construite sur le bord de la rivière du Gouffre, près de son embouchure dans la baie St. Paul. C'est dans la baie et le long de la rivière du Gouffre où se trouvent échelonné la population de cette paroisse, entourrée par une hante chaîne de montagnes qui s'étendent au nord depuis le fleuve, formant une vallée de douze à quinze milles de longueur sur un mille à un mille et demi de largeur. Plusieurs petits courants descendent des montagnes dans cette vallée qui, après l'avoir bien arrosée, tombent dans la rivière du Gouffre, font marcher plusieurs scieries ou des moulins à grain.

Un grand village entoure l'église, composé en partie par des gens de métiers, et un commerce d'exportation assez considérable se fait avec Québec. Le chiffre total de la population est de 3,664 âmes.

Cette paroisse tient la première place sur toutes les autres du comté pour la production de l'orge, du seigle, des patates et du foin.

En arrière de la Baie St. Paul se trouve la nouvelle paroisse de St. Placide, située à l'ouest de la rivière du Gouffre, dans l'extrémité orientale de la seigneurie de la Côte Beaupré, dans laquelle se trouve 72 familles qui y sont établies suivant que le constate le missionnaire de l'endroit (1). Une Chapelle a été construite au centre de la petite colonie qui a été bénite le 25 octobre 1860, et a été pourvue par la fabrique de la Baie St. Paul des ornements et autres objets les plus

(1) Rapport tut U$ MUiiom du Diocèse de Québec, Mars 1863.

nécessaires ponr y célébrer les offices religieux. Cette mission est desservie par M. le Curé de la Baie St. Paul, deux fois par mois, le dimanche. Ce zélé missionnaire ajoute dans son rapport que les habitans paraissent bien disposes et pleins de courage ; plusieurs terres nouvelles ont été prises et ouvertes durant l'année 1862, qui seront bientôt habitées. Mais ces progrès ne sauraient être rapides, dit-il, tant que le chemin projeté entre St. Placide et St. Féréoi n'aura pas été ouvert complètement. La population totale de St. Placide s'élève à 433 âmes.

La paroisse de St. Urbain est également située en arrière de la Baie St. Paul, à environ 9 milles de cette dernière paroisse, sur la rive ouest de la rivière du Gouffre, laquelle renferme une population de 117 familles on 761 habitants, tous franco-canadiens. Le seigle, l'avoine, le sarrazin et les patates sont les principales cultures, ainsi que le foin. Un chemin, long d'à peu près 63 railles, est ouvert complètement dont dix milles seulement restent à parachever, lequel part de St. Urbain et va aboutir à la Grande-Baie. Cette route est l'une des principales communications entre le fleuve St. Laurent et la vallée du Haut-Sagnenay. D'après le rapport de M. Ovide Tremblay, conducteur des travaux de 1861, le sol à travers lequel passe ce chemin est d'une assez bonne

?[ualité. Le bois y est très beau et très long, surtout dans les orôts qui s'étendent depuis le lac Ha ! Ha ! à aller jusqu'à a environ 7 milles des premières habitations de la Grande- Baie. La nature du sol dans cette partie est aussi d'une qualité supérieure.

Le Lac Ha-Ha, dont parle M. Tremblay, se trouve situé dans le canton Boilleau, nouvellement arpenté, lequel donne la vie à la rivière Ha-Ha qui va tomber dans la Baie. Le chemin de St. Urbain suit cette vallée.

MM. Bois et Bouchard, qui ont remplacé M. Tremblay pour la direction des travaux de ce chemin, en 1862, confirment dans leur rapport l'opinion émise par M. Tremblay sur la beauté du bois et l'excellence du sol du canton Boilleau, situé au deux tiers du chemin de St. Urbain, du côté de la Baie.

M. l'abbé Morisset, curé de St. Urbain, rapporte devant le Comité de Colonisation de 1862 que les terres arpentées des cantons De Sales et Caillières se détrichent partout où il y a des chemins ouverts. Il fixe l'attention du gouvernement sur la nécessité d'arpenter trois rangs dans le premier de ces cantons qui avoisinent la rivière du Gouffre et les plus

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rapprochés de la seigneurie du même nom, pour lesquelles terres un assez grand nombre d'habitants de St. Urbain et des paroisses environnantes auraient le désir d'y former des établissements pour leurs enfants ; mais le défaut de communication a été un obstacle qui les a arrêtés jusqu'ici, et qui les arrêtera encore longtemps dans leurs projets, s'ils ne peuvent obtenir du gouvernement une aide pour avoir un chemin qui y conduise.

La paroisse des Eboulements est située sur le penchant d'une haute colline, en face du St. Laurent, et renferme un sol d'une grande fertilité quoique extrêmement montagneux. La population de cette paroisse s'élève à 2,235 habitants, tous canadiens-français, moins 9 personnes d'origine irlandaise. Le bl«'', l'orge et toutes les autres espèces de céréales produisent abondamment, ainsi que les légumes et le foin. Cette paroisse est à 69 milles de Québec.

* En arrière des Eboulements se trouve le canton Settrington, dans lequel se développe la nouvelle paroisse de St. Hilarion, érigée civilement depuis 1860. Déjà 81 familles on 540 personnes sont établies dans l'endroit, lesquelles possèdent 2,31-1 acres défrichés, qui ont produit 7,948 minots de grains et 3,988 minots de patates, en 1860, formant en tout 11,930 mi iots et 72 tonneaux de foin. La valeur des terres de cette nouvelle paroisse est estimée dans lé recensement de 1861 à §30,421.

Un chemin part des Eboulements, traverse la nouvelle colonie, pour aller aboutir au chemin ouvert de St. Urbain. Il n'est pas encore complètement terminé.

M. l'abbé Clovis Gagnon, chargé de la direction des travaux d'ouverture de ce chemin, en 1862, mentionne dans son rapport que " la colonisation progresse rapidement dans cette localité. Je ne suis pas capable de dire l'augmentation de la population dans les environs de ce chemin, mais les terres chaînées sont toutes prises, et si celles du nord delà rivière du Gouffre Tétaient, elles seraient immédiatement ouvertes. Un bon nombre de colons en ont marqué, mais ils n'osent travailler dans la crainte d'être dérangés lorsque le gouvernement ordonnera l'arpentage."

Une jolie Chapelle de 36 pieds sur 40, avec sacristie, est construite au milieu de cette vigoureuse population, qui est desservie par M. le Curé des Eboulements. Une école est établie dans l'endroit, fréquentée par 40 enfants.

514 COLONISATION Dr BÀ0-CÀNÀDÀ.

A quelques milles de là se trouve lé nouveau canton De Sales, dans lequel sont établies 66 familles ou 398 habitants, tons d'origine franco-canadienne. La quantité réunie des défrichements s'élève à 2,209 acres dont 810 acres ont été ensemencés et qui ont produit 5,971 minots de grains et 2,507 minots de patates, en 1860, formant un total récolté de 8,47S minots et 54 tonneaux de foin. La valeur foncière de ces nouveaux établissements est estimée à $26,716.

Le chemin ci-de?sus mentionné traverse aussi les défrichements de ces nouveaux colons, lesquels poussent avec une fçrande vigueur les travaux du déboisement de la foret. C'est e même missionnaire qui dessert St. Hilarion qui est chargé de la desserte de cette nouvelle paroisse en voie de formation.

La paroisse de St. Irénée est située sur le fleuve, entre les Eboulements et la Malbaie, et renferme une population de 99$ habitants, tous canadiens-français. Le ble, V avoine et les

! datâtes sont les cultures les plus considérables ainsi que le •oin. La valeur de la propriété foncière est évaluée à $111,895. Cette paroisse se trouve éloignée du marché de Québec d'environ 81 milles.

La Malbaie est une ancienne paroisse, située sur le fleuve St. Laurent, qui renferme un grand et florissant village. Cette paroisse, placée sous le patronage de St Etienne, possède une population de 2,766 habitants. La qualité du sol lui permet de tenir le premier rang sur toutes les autres paroisses du comté pour la production du blé et des pois ; les autres grains et légumes y croissent aussi d'une manière très profitable. Le bois scié rentre pour une bonne part dans le commerce d'exportation de cette industrieuse localité.

A sept milles et demie en arrière de la Malbaie, sur la jivière de ce nom, se trouve située la paroisse de Ste. Agnèsy qui renferme une population de 1,324 âmes. Le blé, les poisf les patates et le f«»in y croissent admirablement bien. Un magnifique chemin de 76 mi!hs de longueur part de Ste. Agnès et va aboutir à la Grande Baie. L'honorable Commissaire des Travaux Publics mentionne dans son rapport de 1861 que cette route traverse un pays très rude et montagneux? mais que le sol y est bon dans les premiers 14 milles en partant de la Malbaic, et dans les 21 derniers milles en se rendant à la Grande Baie, et qu'il n'y a que la partie du milieu qui soit impropre à la culture. A la date du 1er janvier 1862 on comptait 62 milles de chemin propre à la circulation, le reste n'étant ouvert qu'en route dliiver. La somme dépensée»

VIIe ÉTUDE.— COMTÉ DE CHÀBLEVOIX. 515

à cette date, s'élevait déjà à $10,123.00, et on estimait à $6,000 la somme nécessaire pour parachever ces travaux.

Entre la rivière Malbaie et le Cap à l'Aigle, sur le fleuve St. Laurent, dans la seigneurie du Mont Murray, se développe une nouvelle paroisse placée sous le patronage de St. Firmin, qui renferme déjà une population de 251 âmes. En général, la surface est inégale ou montagneuse, mais le sol y est bon. C'est M. le Curé de St. Fidèle qui dessert cette population.

A l'est du Cap à l'Aigle jusqu'à la rivière Noire se trouve la paroisse de St. Fidèle, qui renferme 150 familles .on 836 habitants, tous canadiens-français. Le blé, de môme que toutes les antres espèces de grain, forment ici de bonnes récoltes, ainsi que le foin. La valeur des terres de cette paroisse est estimée à $88,820. Cette paroisse est éloignée de Québec d'environ 100 milles.

Plusieurs centres de colonisation se développent dans les environs de cette paroisse, qu'on désigne sous les noms Portaux-Quilles, Baie des Rochers, Echafand-aux-Basques et Rivière-anx-Canards, dans le canton Cailliôre. M. le Curé de St. Fidèle, chargé de la desserte de ces différents groupes de population, calcule qu'il y a dans ces différents centres une population de 41 familles. Aucun endroit ne possède de Chapelle, mais des mesures doivent être bientôt prises pour en ériger une près du Port-aux-Quilles, dans un endroit central et charmant, sur le bord d'une agréable petite rivière. En attendant, la mission se fait dans des maisons particulières trois ou quatre fois par année.

Presque toutes ces familles s'occupent de culture, dit le missionnaire, et quelques unes récoltent suffisamment pour subvenir à leurs propres besoins. Les terres sont excellentes mais rocheuses.

A l'est de la paroisse de St. Fidèle, depuis la rivière Noire jusqu'à la baie aes Rochers, espace d'environ 4 lieues, il y aurait assez de bonnes terres, paraît il, pour former une paroisse de 150 à 200 familles.

Le gouvernement fait ouvrir un grand chemin à travers cette contrée qui longe le fleuve, étant la continuation du chemin de St. Fidèle, il commence à la rivière Noire ' et doit se terminer à l'embouchure du Saguenay ; il est ouvert aujourd'hui jusqu'à la baie des Rochers. M. John McLaren, conducteur des travaux, dit dans son rapport de 1862 que le sol, le long du chemin, est très propre a la culture, que les pouvoirs d'eau sont très nombreux, et que des défrichements

considérables ont été faits et préparés pour être ensemencés au printemps de 1863. " Faites tout ce que vous voudrez, dit jI. McLaren, la colonisation ira toujours plus vite que les chemins. " Je dois ajouter, pour Fexcellente raison que les chemins ne vont pas assez vite pour la colonisation.

Il ne nous reste plus qu'à considérer la paroisse de St Louis, située sur l'Isïe-aux-Coudres, dans le fleuve, presque vis-à-vis de la Baie St. Paul, à environ deux milles de la rive nord du fleuve. Cette Isle a environ six milles de longueur et sa plus grande largeur est de trois milles ; l'extrémité orientale se terminant en pointe. Sur les 7,914 acres de teire qu'elle renferme on en compte 4,774 acres qui sont en parfait état de labour, qui produisent du grain de toute espèce bien au-delà de la consommation. Le chiffre de la population de risle.cst de 700 habitants, qui habitent de jolies maisons Lien bâties, le long d'un chemin qui fait complètement le tour de l'Isle. La valeur de la propriété foncière de FIsle-anx-Coudrcs s'élèvent à $218,730, égale à une richesse de $2,i)lG.40 réparai également entre les 75 chefs de familles qui se partagent la propriété foncière de cette paroisse.

L1X.— Comté de Chicoutim!.

Ce comté est situé en arrière de ceux de Charlevoix et Saguenay, et comprend cette immense contrée qui s'étend depuis les environs de l'Anse St. Jean, sur la Rivière du Saguenay, jusqu'aux dernières limites nord, embrassant les grandes vallées formées par la Rivière du Saguenay et le Lac St. Jean.

Dans le but de développer les ressources de l'intérieur du Saguenay et faire face aux besoins toujours croissants de la colonisation dans cette partie du pays, le gouvernement à fait ouvrir des routes de colonisation qui ont puissamment contribuées aux développement de la contrée. A part les chemins ouverts par le Département des Travaux Publics, il n'a pas été dépensé moins que $87,200 pour l'ouverture de nouvelles routes depuis 1854, outre une somme de §41,000 pour glissoires ou autres travaux publics exécutés pour les fins du commerce et l'exploitation des forêts.

Durant Tannée 18G2 il a descendu parles eaux du Saguenay

* VIIe ÉTUDifi.— COMTÉ DE CHICOUTnn. 517

43,2S9 billots de pin blaaic, 7,000 billots d'épinette et 715 pièces de bois de construction pour les vaisseaux, outrp une immense quantité de madriers, planches, lattes, bardeaux, etc., envoyé dans des goélettes.

Il y a quinze ans, l'exportation seul des madriers du Saguenay s'élevait à environ $140,000, suivant que le constatent les rapports de H. Jessopp, écr., alors collecteur des douanes.

L'auteur de la brochure sur le Saguenay, que je ci'ais dans l'introduction de cette Etude, mentionne que " la maison Prrêc charge tons les ans environ 20 bâtimcnte européens à Chicoutimi, et 10 à la Grande Baie. Quelques-uns prennent jusqu'à 27,000 madriers. La valeur du bois ainsi directement exporté en Europe s'élève à environ $180,000. La même maison exporte encore chaque année à Québec et aux Etats- Unis pour environ $16,000 en bardeaux, bois scié et lattes. A part ce commerce étranger, il s'en fait un antre assez considérable avec le3 paroisses du fleuve, depuis Québec jusqu'à Kimouski. Nous croyons ne point nous tromper en disant que les ports do Chicoutimi et de la Grande Baie sont régulièrement fréquentés, pendant toute la saison, par 20 ou 30 goélettes dont chacune fait six à sept voyages à Québec et ailleurs, chargées de planches, madriers, bardeaux, bois de cordes et écorces de bouleaux."

D'après ces données, d'une exactitude incontestable, sur le commerce du Saguenay, en 1851, on peut se former une idée de sa valeur d'aujourd'hui, puisque d'immenses travaux ont été exécutés depuis polir en faciliter les développements, et que l'extension des- affaires généralement embrasse toutes les parties du pays.

Il y a dix ans, on comptait dans les limites de ce comté,

3ui forme ce qu'on appelle le Saguenay, une population totale e 5,864: àmes, y compris 603 sauvages. D après le recensement de 1861, on porte le chiffre de cette population à 10,478 habitants, y compris 258 sauvages. Comme on voit cette dernière classe diminue sensiblement.

Le3 défrichements, qui s'élevaient à 13,086 acres, en 1851 forment aujourd'hui une étendue de 40,415 acres.

Oes calculs démontrent donc que la population a doublée depuis dix ans, et que l'étendue du défrichement a triplé..

Le recensement de 1861 constate qu'il y a actuellement 127,669 acres de terre possédés par la population du comté* dont 40,415 acres sont en état de culture, comme que je viens de le mentionner, et 87,254 acres sont en bois debout.

Les récoltes dy 1860 ont donné 156,911 minotsde grains et 103,273 ininots de patates, formant en tout 259,184 minots et 3,648 tonneaux de foin, le tout évalué à $182,575.27. ■

Les produits de l'industrie, tels que le sucre, le beurre, la laine, 1 étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèventà $32,956.97.

Le bétail, au chiffre de 18,746 tètes, vaut $217,674. Le revenu des jardins est estimé à $5,760. Les voitures d'agrément, au nombre de 892, valent $18,837. La valeur des instruments aratoires est évaluée à $44,724 ; et celle de la propriété foncière à $943,842. Formant une richesse totale de $1,446,369.24.

L'intérêt qu'inspire le Haut-Saguenay à tous les ara» de la colonisation commande que nous consacrions quelques pages à ce vaste territoire, afin que le lecteur puisse toucher du doigt la valeur des progrès considérables qui se sont accomplis dans cette contrée depuis dix ans.

Le premier poste est l'Anse St. Jean, située à 271 milles du fleuve St. Laurent, espèce de petit lac d'une longueur dô huit à neuf milles allant dans la direction du sud au nord. Sa forme est irrégulière, se divisant en plusienrs baies et anses profondes qui s'avanceut entre les montagnes : la rivière St. Jean qui s'y décharge, coule de 6on extrémité sud, et FÀnse St. Jean est environnée de terres hautes accidentées et bien boisées.

La population de ce poste est demeurée stationuaire pendant dix-huit ans, mais depuis ces dernières quatre années elle a presque doublé, dit le Rapport des Missions de 1863. Elle est aujourd'hui de 348 habitants, tous canadiens-français ; et depuis le mois de janvier 1863 il est arrivé dix nouvelles familles ; elles viennent toutes de la Malbaie, de la Baie St. Paul et surtout des Eboulements. Une Chapelle, presbytère, et autres dépendances sont construites, et un Prêtre réside dans l'endroit depuis 1860. On constate que depuis l'embouchure de la rivière St. Jean jusqu'au chemin qui conduit de Ste. Agnès à la Grande Baie, la distance est de 18 milles, et que toute cette étendue offre des terres excellentes à la culture, si l'on en juge par la richesse de leurs bois qui consistent en érable, frêne, merisier, hêtre, cèdre et orme ; le seul désavantage que l'on mentionne est que ces terrains sont entrecoupés de collines plus ou moins élevées.

Malgré l'ancienneté de cette mission, on ne compte encore que 781 acres qui sont défrichés, lesquels ont produit, 3,399

Vn* ÉTUDE. — COMTÉ DE CHTCOT7TIMI. 519

Tninots de grains et 2,684 minots de patates, en 1860, formant en tout 6,047 minots et 64 tonneaux de foin.

Cette paroisse est placée sons le patronage de St. Jean- Baptiste, et on y tient des Registres.

Yient ensuite la Grande Baie, située à environ 30 milles

plus haut, communément appelé la Baie de Ha 1 Ha !

ainsi probablement appelée, dit Y auteur du Saguenay déjà cité, à cause de la surprise qu'on éprouVe en l'appercevant pour la

Sremière fois. On la prendrait presque pour une continuation e la rivière du Saguenay ; elle a environ deux lieues de profondeur sur une lieue de largeur. Au fond de la baie coulent deux petites rivières à deux milles l'une de l'autre, et cette baie offre un vaste port où l'ancrage est partout sûr pour les vaisseaux de toute grandeur, et à l'abri de tous les vents, étant entouré de hautes montagnes.

• Deux belles paroisses se développent au fond de cette baie : St. Alexis et St. Alphonse. Depuis 1851 il y a en des registres communs pour ces deux paroisses jusqu'à l'automne de 1858, à laquelle époque on comptait une population de 209 familles ou 1,179 âmes. Mais depuis, un prêtre réside dans chacune de ces paroisses et tient un registre séparé.

Le premier Curé qui ait résidé à la Grande Baie est M. l'abbé Charles Pouliot, en 1841. Jusqu'à cette époque les habitants du Saguenay avaient été desservis par M. le Curé de la Malbaie, qui s'y rendait une ou deux fois l'année. Trois ans plus tard, c'est-à-dire en 1844, ce missionnaire fut remplacé à son tour par les JRR. PP. Oblats, qui furent en outre chargés des diverses missions ou postes échelonnés le long du fleuve, en bas de Tadoussac.

Les statistiques particulières aux deux paroisses sus-mentionnées se trouvant réunies dans une seule et même colonne dans le recensement de 1861, je regrette de ne pouvoir offrir des données séparément sur ces deux centres importants de colonisation, qui se partagent ainsi les belles terres du canton Bagot.

D'après le dernier recensement, on compte dans ces deux paroisses une population réunie de 3,063 habitants, tous canadiens-français, à l'exception de 28 personnes qui sont d'origine écossaise et irlandaise, possédant 14,621 acres de terre en état de culture, dont 5,212 acres ont produit 56,260 minots de grains et 33,408 minots de patates, en 1860, formant en tout 89,668 minots et 1,731 tonneaux de foin.

Un beau village, qu'on appelle Bagotville, forme le centre

do la paroisse de St. Alphonse, dans lequel oit vient d'élever nne magnifique église en pierre de 130 pieds de longueur sur 55 pieds de largeur, avec aussi une sacristie de pierre de 4<J pieds sur 30, et dont la bénédiction solennelle eut lieu le 23 décembre 1862. On compte six écoles ouvertes* à St. Alexis, fréquentées par 210 enfants, et huit écoles à St. Alphonse, instruisant 275 élèves.

A quatorze milles de 9t. Alphonse ou neuf milles de Chicoutimi, en arrière de ces deux centrée de population, on voit sur les bords d'une belle rivière, dans le canton Laterrière, une vigoureuse population qui forme déjà par le nombre une belle paroisse. Je veux parler du Grand-Êrâlé. A peine y a-t il seize ans que le premier arbre a été abattu dans l'endroit, que déjà une paroisse est toute formée, laquelle renferme une population de 100 familles ou 816 habitants, tous d'origine canadienne-française, moins 23 personnes. On y# possède 4,463 acres de terre défrichés dont 2,212 acres ont produit 21,518 minots de grains et 10,74S minots de patates, en 1S00, formant en tout 32,266 minots et 2S0 tonneaux de foin. Unu jolie église en bois est construite depuis nne douzaine d'années, ainsi que plusieurs moulins à scie et à farine. Le recensement de 1S61 porte la valeur de la propriété foncière de ce nouvel établissement à §82,206, et le bétail à $21,553 ; formant une richesse de plus de $1,000 par chaque famille, à part la valeur annuelle des produits agricoles et de l'industrie.

Cette paroisse est placée sous l'invocation de Notre-Dame, et possède un prêtre résident depuis quelques années. Trois écoles sont en opération, fréquentées par 152 enfants.

Je m'estime heureux de mêler ma voix à celle de l'auteur de la brochure du Saguenay, pour reconnaître la grande part de mérite qui revient aux RR. PP. Oblats, dans l'œuvre de la colonisation de la Grande Baie. Car c'est sous les soins et l'inspiration immédiate de ce* zélés missionnaires et du Père Honorât, leur Supérieur, que la plus grande partie des défrichements de Notre-Dame s'est accomplie. (1.)

(1) A propos du Rev. Père Honorât dont il est ici question, et que la mort * frappé au commencement de l'année 1863, à- Paris, voici comment le Courrier du Canada du 23 janvier 1863 rend compte do son passage en Canada :

" Le P. Honorât arriva en Canada en décembre 1341, et était bien connu dans le diocèse de Québec où il exerça son zèle pendant plusieurs années.

Monseigneur l'Archevêque confia, en 1844, la mission du Sagnenar à la Congrégation des PP. Oblats de Marie-, et le P. Honorât fut choisi comme

THe ÉTUDE. — OOMIÊ DK CHieOUlTMI. 521

A dix-huit milles au-de?sus de la Grande Baie se rencontre la belle et grande paroisse de Chicoutimi, placée sous l'invocation de St. François-Xavier, laquelle renfermait une population de 1,200 âmes, en 1851, et 4,213 acres de terre en état d'être cultivés. Aujourd'hui, cette paroisse renferme 3,177 habitants, tous franco-canadiens, moins 73 âmes, lesquels possèdent 10,657 acres défrichés dont 4,988 acres ont donné 40,111 minots de grains et 25,084 minots de patates, en 1860, formant une récolte totale de 65,195 minots et 740 tonneaux de foin.

Ces calculs font voir une augmentation de 1,977 âmes sur le chiffre de la population, depuis dix ans, et un surplus de 6,444 acres de terre nouvelle défrichés durant le même laps de temps.

La rivière Chicoutimi, aussi considérable que la rivière St. Charles, à Québec, sort du lac Kinogomi, et va tomber dans la rivière Saguena^, où elle forme un joli bassin au pied d'une chute de 40 pieds, dans le village de Chicoutimi. Ce bassin est très sûr, mais seulement pour les bâtiments ne tirant pas plus d'une brasse et demie d eau ; quant aux navires de gros tonnage, dont j'ai parlé en commençant, ils trouvent un bon et sûr mouillage, au milieu du Saguenay même.

La paroisse de Chicoutimi étant le centre du district judiciaire, il y a une Prison et une Cour de Justice construites dans l'endroit, et un juge y réside. L'église est bâtie à une dizaine d'arpents en bas du bassin, et mesure une longueur de

Supérieur de la résidence de la Grande Baie, aujourd'hui Si. Alexi3. Les Pères ne bornaient pas leurs soins aux Canadiens établis sur les bords du Saguenay ; ils étaient de plus chargés des missions qui se faisaient chez les Montagnais du lac St. Jean, de Chicoutimi et de tous les postes du rai depuis Tadoussac jusqu'à la côte de Labrador, ainsi que chez les Têtes de Boule, dans le pays qu'arrose le St. .Maurice. Le Père Honorât eut sa bonne part de ces pénibles travaux dans une contrée dont la population totale ne s'élevait qu'à 3 000 âmes, et que l'on devait souvent visiter à pied. Vers 1846 l'on commença l'établissement du Grand-Brûlé aujourd'hui Notre-Dame de Laterrière.

En 1853, la résidence de la Grande Baie fut transférée à St. Sauveur de Québec, et le Rév. P. Honorât quitta le diocèse de Québec, étant appelé à d'autres fonctions. Nous n'avons pu rapporter que les faits arrivés sous nos> yeur.

11 était dû à la mémoire du vénérable défunt de- rappeler ces faits, qui seraient restés ignorés, s'il en avait dépendu de lui 'r son nom doit être associé à ceux de nos apôtres de la colonisation, et de nos missionnaires les plus puissants. Nous lui devons non seulement nos regrets, mais le suffrage de noa prières. "

100 pieds sur 58, avec gallerios à l'intérieur. Deux Prètre3 résident dans la paroisse. La première messe célébrée dans l'endroit eût lieu dans l'Eté ae 1849^ et cette paroisse est redevable à M. l'abbé J. B. G-agnon, premier curé résident, d'une grande part de ses progrès, comme aussi de la construction de cette vaste église.

En traversant sur la rive gauche de la rivière Saguenay, on trouve un peu plus bas l'Anse-au-Foin, dans le canton Harvey, où une nouvelle paroisse commence à se développer dans des conditions assez satisfaisantes. Cette mission* desservie par M. le Curé de Chicoutimi, est placée sous le patronafe de St. Fulgence, et renferme une population de 207 âmes. L y a une Chapelle construite dans l'endroit, sur le lot marqué B, dans le 1er rang du canton. On évalue à 702 acres les terrains mis en état de culture, dont 475 acres ont produit 1,977 minots de grains et 3,504 mifiots de patates, «en 1860, formant en tout 5,281 minots et 129 tonneaux de foin. Une école, fréquentée par 38 enfants, est ouverte dans cette nouvelle place.

Vient ensuite le canton Tremblay, qui renferme dix rangées de terres, toutes arpentées, dans lequel se développe la nouvelle paroisse de Ste. Anne. Le chiffre de la population de Ste. Anne s'élève à 590 habitants, tous franco-canadiens moins 21 personnes, lesquels possèdent 2,753. acres défrichés dont 1,516 acres ont été ensemencés et ont produit 7,236 minots de grains et 6,386 minots de patates, en 1860, formant en tout 13,622 minots et 395 tonneaux de foin.

Une belle Chapelle de 45 pieds sur 32 est construite sur le 1er rang du canton ainsi qu'un presbytère de 32 pieds sur 25, dans lequel un Prêtre réside depuis l'année dernière. On y tient des registres. Une terre est attachée à la Cure, et produit du grain, des patates et des légumes de toutes sortes.

La valeur de la propriété foncière de l'endroit est déjà estimée à $72,110.

Deux belles routes traversent ce canton : la route Tremblay et le chemin Price.

La première part de la rivière Saguenay, monte dans la ligne qui sépare les deux cantons Tremblay et Simard et va aboutir au dernier rang de ces cantons. Cette route passe à travers un terrain très uni, sans y rencontrer de roches nnisi-

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