BÉTAIL ET INDUSTRIE
Le bétail a aussi subi une grande augmentation depuis dix ans, surtout sous le rapport du perfectionnement des races.
En 1851, le chiffre du bétail s'élevait à 1,681,531 tètes, évaluées à 19 millions 256,732 piastres ; aujourd'hui il s'élève à 2,034,716 pièces, estimé à 25 millions 781,798 piastre*, formant un surplus de 353,185 têtes et une augmentation en valeur de 6 millions 525,066 piastres.
On voit avec bonheur que le Bas-Canada possède des échantillons très remarquables de chacune dés races d'animaux, surtout depuis la création de la Chambre d'Agriculture dont la mission est de prendre en main cette cause vitale pour le pays.
L'industrie domestique s'est également bien développée. En 1851, on évaluait à 2 millions 714,012 piastres la valeur des produits manufacturés dans les fermes ; aujourd'hui cette valeur a augmenté jusqu'à 5 millions 576,462 piastres, formant un surplus de 2 millions 862,450 piastres. C'est surtout le beurre, le sucre et les tissus qui ont le plus progressé.
La viande d'abattoir, qui valait 2 millions 651,180 piastres, en 1851, s'élève aujourd'hui à la somme de 3 millions 389,385 piastres, offrant ainsi une augmentation de $738,205.
Tel est en peu de mots, l'ensemble de ces quelques dévelop*
conclusion. 561
pements, depuis dix ans, et dont les principales valeurs se récapitulaient comme suit :
En 1851. En 1861.
Valeur de la propriété foncière du Bas-Canada,
(les villes comprises) - $166,832,632 $233,393,469
Valeur des instruments d'agriculture, voitures, etc.™ .«...... % - 8,1)00,000 11,321,864
Valeur <ru bétail, animaux tués, c te 21,907,912 29,171,183
Valeur des récoltes, produits de rindustrte, etc. 18,488,734 32,029,336
Valeur du revenu des pêcheries, moulins et
usines,....*. , 1,205,029 13,927,806
■■ i ■ — i ■■■■ I i I. il
Eatout. ...» »...*. ..„*..*. $216,434,307 $319,843,658
Nombre Nacres de terre en culture, en 18M,.. 3,605,167 acr» " " en 1861,.. 4,804,235 «
Augmentation en 1861,...* w. „ .... 1,139,068 acr»
Nombre de m in o ta récoltés, (y compris le mil,
etc.) en 1851, .....*. .^.20,21 3,023 min.
•Nombre de rainots récoltés (y compris le mil,
etc.; en 1861, 41,783,745 «
Augmentation en 1861 -..».« ....„»,.„„ 11,570,772 min.
DIS L'ATESriIt DE LA COLONlSATIOff.
(PLAN SOMMAIRE ET frRÀTTQtra.)
Pour compléter toute ma pensée sur l'œuvre de la colonisation, en terminant^ je crois devoir présenter an lecteur les quelques réflexions qui vont suivre, et que je crois propres à aider à l'avancement de cette grande causa
1°. — De V ouverture des Chemins.— ~La première et principale mesure qui doive assurer à la colonisation son plein succès, •est l'ouverture de grands chemins passant à travers les cantons, dans les différents endroits où il y a de bonnes terres à
562 LONISÀTÏON DU BA&-CANADÀ.
coloniser et un surplus de population aux alentours pottr en profiter.
Le gouvernement et la législature du pays réparent noblement sur ce point depuis quelques années la négligence ou la mauvaise volonté d'une autre époque, et font preuve d'un véritable patriotisme en s'oecupant aussi sérieusement de l'avenir de la jeunesse du pays et de la colonisation de nos vastes forets.
A travers le dénigrement et les dissensions malheureuses qui naissent entre les hommes politiques de nos jours, difficultés d'autant plus regrettables que le Canada n'aurait pas un seul homme à perdre si tous voulaient sincèrement le bonheur du pays avant tout, sachons reconnaître dans tous les rangs les bienfaiteurs de l'importante cause de la colonisation. Environ 614 lieues de chemins ont été ouverts à la colonisation, ou réparés, depuis 1853, dans le Bas-Canada, à part les routes ouvertes par le Département des Travaux-Publics.
Voici la part que chacune des administrations qui se sont succédées depuis dix ans a dans ce grand mouvement.
Milles ouverts. Sommes dépensées*
it
Tachc-MacDonald
. M acdo n al d- Cartier
Cartier-Macdonald
it
u ii
M&cdonald-Sicotte
Total des dix années.... 1,843} milles. $535,995
Ajoutons, qu'à part les grands chemins conduisant à linfé* rieur, il serait utile de choisir les cantons les plus propice* à une prompte colonisation pour les sillonner davantage par de petits chemins de rangs, de 12 à 14 pieds de large, ouverts parallèlement de deux rangs en deux rangs, à angle droit Avec le chemin principal, lesquels conduiraient aux lots à
n'importe quelle profondeur, et qui déboucheraient dans le grand chemin central.
Pour plus d'éclaircissement, voici le tracé d'un canton ainsi traversé par les chemins en question.
Chemine de rangs.
et
Chemins de rangs.