DOTE
abandonnés qui forment la catégorie la plus importante des enfants qui nous occupe.
Très élevé sous l’ancien régime, où l'exploitation des enfants dans les rues, aux porches des églises, était largement pratiquée, le nombre des enfants trouvés a diminué progressivement lorsque l'admission put être réalisée au bureau de l'établissement dépositaire. Aussi bien que, sous le régime légal du tour, tous les enfants recueillis par ce moyen fussent considérés comme trouvés, de nos jours, avec le système couramment employé du bureau d'admission, seuls parmi les enfants portés à l’hospice sont regardés comme trouvés ceux dont les parents refusent de se faire connaître. À ces derniers, il faut ajouter les enfants vraiment trouvés, exposés dans un endroit public ou dans un lieu quelconque, et ceux qui sont abandonnés frauduleusement par ieurs parents entre Îles mains de personnes étrangères. Le contingent que fournit cette catégorie des trouvés est actuellement fort réduit. Ainsi à Paris, sur 4,578 enfants admis à l’assistance en 1896, les trouvés ne figuraient que pour 315 unités (6,88 pour cent), tandis que les abandonnés étaient au nombre de 3.878 (84,71 pour cent) et les orphelins, de 385 (8,41 pour cent) (1). Cette proportion va sensiblement s’augmenter dès que la loi de 1904, aujourd’hui en vigueur, aura produit ses premiers résultats. Les enfants au-dessous de 7 mois qu’elle prescrit de recevoir, nous allons bientôt l'indiquer, sans enquête, à bureau ouvert, seront, en effet, forcément classés parmi les trouvés puisque leurs parents sont inconnus et que l’on ne possède ni sur ces derniers, ni sur les enfants eux-mêmes, aucun renseignement.
La catégorie des orphelins ne nous retiendra pas longtemps. Nous ferons simplement remarquer que ces enfants
(1) Rapport Roussel, 1898. J. Of. A. S., 1899, annexe VIII, p. 586.