‹ Études Sur Les Diverses Catégories D'enfants AssistésChapitre 18 sur 60 · PAT CRE · texte numérisé non relu

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une école professionnelle de l'Etat. Quelques-uns créent mêmes ces écoles de toutes pièces. Ainsi le département de la Seine, outre son école Roudil de Ben Chicao (Algérie), a l’école Le Nôtre pour l’horticulture à Villepreux (Seineet-Oise), l’école d'Alembert pour l’ébénisterie et la typographie à Montévrain (Seine-et-Marne), l’école de la rue Bourg-l’Abbé à Paris pour l’orfévrerie et la bijouterie, établissements tous destinés aux garçons. Pour les filles sont réservées l’école de couture et ménagère d’Yzeure (Allier) et l’école de’broderie de Montreuil-sous-Bois. Notons enfin qu’il y a certaines catégories d’enfants auxquelles le placement familial et rural ne peut convenir. Ce sont les dégénérés, les idiots, les infirmes, incurables ou guérissables tels que les aveugles, sourds-muets, scrofuleux, phtisiques, enfin, les enfants vicieux ou simplement difficiles. Les idiots et les infirmes sont quelquefois placés isolément à la campagne dans des familles qui con-. sentent à les recevoir moyennant des taux de pensions particulièrement élevés et qui sont parfois continués au-delà de leur majorité (il ne faut pas oublier que les départements font alors une œuvre de pure bienfaisance, car l'assistance qu’ils doivent aux enfants cesse légalement à partir de 21 ans). Le plus souvent, ils sont gardés à l’hospice ou envoyés dans des établissements ou sanatoria spéciaux. Quant aux enfants vicieux ou difficiles, il reste la possibilité de les interner en usant du droit de correction paternelle, dans les colonies pénitentiaires ou de les élever dans une des rares écoles de préservation qui existent aujourd’hui. Mais nous touchons ici à un côté de notre sujet qui sera plus longuement développé, lorsque nous parlerons dans notre troisième partie du traitement qui doit être réservé aux petits délinquants confiés par la loi du 19 avril 1898 à l’Assistance publique.

Nous venons de voir les règles suivies dans l'éducation

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des enfants assistés. Quels sont les résultats pratiques obtenus par les efforts de l'Administration ? Quelle est en fait la situation des pupilles pendant le temps qu’ils passent dans le service? Que penser de leur condition, de leur moralité, de leur santé ? Ces questions ont fait l’objet de très vives discussions car de tout temps les attaques n’ont pas manqué contre l’organisation effective du service.

Dès 1849, en effet, un inspecteur général des établissements de bienfaisance, M. de Watteville, dans un rapport adressé à M. Dufaure, alors ministre de l’Intérieur, avait fait les déclarations suivantes : « Très peu d’enfants trouvés savent lire, encore moins savent écrire. Les filles sont plus difficiles à placer que les garçons, la grande majorité d’entre elles se livre à la prostitution. » En 1859, une pétition déposée au Sénat affirmait que la clientèle des bagnes et des maisons centrales se recrutait principalement dans le service des enfants assistés. Les enquêtes de 1850 et de 1862 vinrent démontrer toute l’injustice de ces accusations en prouvant qu’il n’y avait qu’une prostituée sur 582 femmes ou filles anciennes assistées, et 1 détenu criminel ou correctionnel sur 533 anciens élèves des hospices. Néanmoins, ces calomnies, qui avaient reçu par la voie de la presse une grande publicité, se répandirent rapidement dans l’esprit public. En 1880, M. Georges Bonjean, le président de Œuvre en faveur de la protection de l'Enfance abandonnée ou coupable, traitait les assistés de véritables parias (1). En 1888, dans la Revue des Deux Mondes (2), M. d’Avenel écrivait

(1) Discours prononcé à la Société des Agriculteurs de France, séance du 5 février 1880.

(2) M. le vicomte d’Avenel, La Réforme administrative (Revue des Deux- Mondes, 15 octobre 1888, p. 851).

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