‹ Études Sur Les Diverses Catégories D'enfants AssistésChapitre 49 sur 60 · TUE · texte numérisé non relu

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et dont les mauvais instincts n’attendent qu’une occasion pour se manifester. Elle a établi la première les bases de l'éducation correctionnelle appliquée aux enfants déjà coupables ; elle ne s’est pas préoccupée de l’éducation préventive réservée à ceux qui sont sur le point de le devenir. Vis-à-vis de ces jeunes dévoyés qui ne sont pas entièrement corrompus, mais qui se gangrènent chaque jour, et dont la chute occasionne à la société la charge d’un délinquant de plus, y a-t-il cependant un meilleur moyen pour arrêter leur nombre, que de les arracher à leur milieu et leur donner les soins matériels, intellectuels et moraux appropriés à leur état ? Cette méthode, il est vrai, ne va pas sans quelques difficultés, puisqu'elle aboutit, somme toute, à arrêter, à enlever à leurs parents et à interner des individus qui ne sont pas précisément des coupables. Ces difficultés n’ont pas arrêté les pays anglosaxons, pays pratiques avant tout, et qui ont cherché à enrayer par les moyens les plus simples et les plus rapides possible, la marche progressive de Ia criminalité enfantine. Aussi, assez peu soucieux des droits des familles, et considérant avant tout l’intérêt de l’enfant, correspondant d’ailleurs à un intérêt évident pour la société, ils ont mis sans hésiter à la disposition de l’autorité publique, tous les mineurs en danger de devenir de futurs délinquants, en assurant leur éducation et leur relèvement au moyen de diverses catégories d'établissements, appropriés au but qu’ils désiraient atteindre. C’est le tableau de cette éducation préventive, telle qu’elle a été réalisée en Angleterre, aux Etats-Unis, en Belgique et en Prusse, que nous avons à présenter.

L’Angleterre n’organisa qu'après nous son éducation correctionnelle. Avant 1850, elle avait bien sa fermeécole de Red’hill, créée par la Société Philanthropique aux environs de Londres, pour recevoir les enfants vicieux

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et abandonnés, et sa prison de Parkhurst, dans l’île de Wight, réservée à l’internement des jeunes détenus ; elle avait bien aussi promulgué en faveur des mineurs délinquants sa loi du 22 juillet 1847, désignée sous le nom de « juvenile offenders act », qui simplifiait considérablement la procédure usitée à leur égard, mais on ne pouvait voir là qu’un petit groupe de mesures bienveillantes et ron un système suivi et coordonné. Aussi les Anglais reconnaissent-ils facilement que l’apparition de notre loi de 1850 a exercé une grande influence sur la transformation du système employé par eux vis-à-vis de l’enfance coupable. En effet, dès 1854, ils édictent une loi instituant des écoles de réforme qui sont le pendant de nos colonies pénitentiaires : ils adoptent par conséquent nos idées sur l'éducation correctionnelle. Mais, comprenant les lacunes que leur laisse cette seule organisation, ils vont plus loin que nous, et nous devancent en posant en 1857, par la fondation d’écoles industrielles, les principes de l’éducation préventive. Les deux lois de 1854 et de 1857 ont été revisées et augmentées considérablement par deux textes plus récents, datant du 10 août 1866. Ces textes n’ont subi dans la suite que des transformations secondaires (1) et nous serviront dans nos explications (2).

Et d’abord, quelle est la différence essentielle existant entre l’école de réforme et l’école industrielle ? C’est que, tandis que l’école de réforme est destinée aux mineurs

(1) A l’exception, toutefois, de celle que nous indiquerons et qui provient de la loi de 1893.

(2) Sur i’éducation correctionnelle et préventive en Angleterre, consulter les articles de M. d'Haussonville, dans la Revue des Deux-Mondes, sur le vagabondage des enfants et les écoles industrielles des 1er, 15 juin et 15 novembre 1878 et son ouvrage sur l'Enfance à Paris ; le rapport de M. Robin devant la Société des Prisons, Rev. pénit., 1878, p. 226 et suivantes ; le rapport Roussel du 25 juillet 1882, J. Of. A. S., 1883, p. 589 et suivantes, 591 et suivantes ; l'étude de M. Joïy, intitulée : « Une mission à Londres », dans son livre : A travers l'Europe.

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coupables d’une infraction caractérisée et qui, par suite, sont des délinquants avérés, l’école industrielle, au contraire, est destinée à recueillir les enfants qui n’ont pas encore été condamnés pour aucun méfait, mais que leurs habitudes doivent probablement faire glisser du côté du crime, si on ne les prend pas en main à temps. En d’autres termes, tandis que l’école de réforme n’est qu’un établissement répressif, l’école industrielle constitue véritablement un établissement préventif. I1 n’y a pour s’en rendre compte qu’à consulter la liste des enfants qui peuvent être reçus dans une école industrielle. D’après l’article 14 de la loi du 10 août 1866, peut être en effet conduit dans un de ces établissements, tout enfant paraissant âgé de moins de 14 ans:

__« Qui est trouvé mendiant, ou recevant l’aumône (que ce soit ouvertement ou sous le prétexte de vendre ou d'offrir en vente quelque chose), ou se trouvant dans une rue ou une place publique dans le but de mendier ou de recevoir l’'aumône, comme il vient d’être dit ;

» Qui est trouvé errant et n'ayant aucun foyer ou lieu de demeure fixe, ou tutelle propre, ou moyens apparents de subsistance ;

» Qui est trouvé délaissé, soit qu’il soit un orphelin, ou qu’il ait son père ou sa mère encore vivants, subissant la servitude pénale, ou l’emprisonnement ;

» Qui fréquente la compagnie de voleurs notoires. »

Les articles 15, 16 et 17 admettent encore dans les écoles industrielles : les enfants Âgés de motns de 12 ans, coupables d’une infraction punissable de l’emprisonnement, mais qui n’ont pas été condamnés pour crime ni pour vol, si les juges, en raison de leur Âge ou des circonstances de Îa cause, estiment qu’ils doivent jouir du bénéfice de l « Industrial schools act »; les enfants âgés de moins de 14 ans, que leurs parents déclarent ne pouvoir

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