‹ Études sur les eaux minérales de la ProvenceChapitre 6 sur 45 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Historique

PÉRIODE CELTIQUE. — Les eaux minérales de la Provence ont été connues et appréciées dès le temps les plus reculés. Louver, dans son Supplément à l'Histoire de la Provence, nous apprend que des prêtres, connus sous le nom de « Pharmaques », présidaient à l'administration des eaux de Montbrun, bien avant la conquête romaine.

Vacqueyras est la désignation explicite du lieu où étaient les eaux d’Aéria (Aquæ Aeriæ). En effet, PLine l'ANCIEN, ARTÉMIDORE, APPOLODORE parlent d’une grande ville celtique située aux environs d’Avignon et d'Orange et connue sous le nom d’Aéria. En son érudit ouvrage, Aéria retrouvée, M. Louis DE CH4MBELLE a démontré qu'il nous faut voir Templacement de cette ville sur la partie Sud-Est du massif de Montmirail par la découverte de nombreux vestiges indéniables.

Gréoulx tire son nom de la langue celtique : Grézum, douleur et lin, eau d’où grezum-lin, eau pour les douleurs.

Enfin une inscription (1) trouvée à Aix ne laisse aucun doute sur l'emploi des eaux thermales par les Celtes : |

DEXTER BORMAN ITER. L. M

Cet ex-voto de reconnaissance au dieu Bormo ne peut pas être d'inspiration romaine, car en latin il n’y à pas de racine borm. Au contraire, le dialecte celte a une racine berv qui signifie bouillir, d’où le le langage populaire a fait borv, borvo et bormo. Ces sources thermales étant dédiées à des dieux, on attribua les propriétés thérapeutiques d'Aix à la protection du dieu Bormo ; et les Romains conservèrent cet usage en y ajoutant leurs divinités, comme nous le verrons plus loin. D'ailleurs, hors de la Provence nous voyons encore paraître le nom du dieu Bormo mais seulement auprès des sources thermales de la Gaule, Bormo se transforme même quelquefois en Bourbon ; Bourbon-Lancy, Bourbonl’Archambault, etc. Qui sait si le village de Bormes, situé dans les environs d'Hyères, ne tirerait pas son nom d'une source thermale aujourd’hui disparue ?

Nous émettons là une hypothèse que l'avenir résoudra peut-être. |

(4) €. I. L. T. XII n° 495.

Page 1