‹ Études sur les échinoïdéesChapitre 6 sur 28 · Echinoïdées à dents · texte numérisé non relu

Echinoïdées à dents

. D'après l'état actuel de nos connaissances, il paraissait naguere certain que toutes les Echinoidées qui ont vécu depuis le commencement de la période secondaire jusqu’à nous, n'auraient eu, dans chaque aire interradiale, que deux rangées de plaques. Une espèce nouvellement découverte est venue invalider, d’une manière peu attendue, cette régle considérée générale. C’est le Tetracidaris Reynesi Correau, fossile du terrain crétacé du Département des Basses-Alpes "). Vrai Cidaride sous tous les autres rapports, et se plaçant naturellement à côté du Diplocidaris DEsor, ce genre remarquable reproduit, au milieu d'une faune purement mésozoïque, le caractere essentiel des Echinoïdées paléozoïques, en présentant, dans chacune de ses aires interradiales, quatre rangées de plaques qui se réduisent brusquement à deux au sommet. Les plaques de la double rangée médiane sont hexagonales, celles des rangées adambulacraires pentagonales, étant retranchées à leurs bords externes de façon à s'adapter à la réception des ambulacres, dont les formes, dans ce contact, déterminent, ici comme partout, celles des plaques interradiales. Or, l'examen des données acquises sur ces mêmes parties chez les Echinoïdées paléozoïques tend à démontrer que, chez elles aussi, toutes les fois que les plaques interradiales ne sont pas transformées en écailles imbriquées, celles de leurs rangées médianes retiennent toujours la forme hexagonale inaltérée, tandis que par suite d'une modification amenée par l'enchässure des ambulacres, les plaques adambulacraires s’approchent plus ou moins de la forme pentagonale. C'est le cas chez les genres Paléchinus, Mélonites, Oligoporus, Eocidaris, Archéocidaris, Lépidocidaris, Lépidéchinus. On est donc conduit à en conclure que €’est la forme hexagonale, mais non la forme pentagonale, qui doit être envisagée comme la forme normale des plaques interradiales.

Le]

1) Revue et Magasin de Zoologie, publié par Guérin, 1872, p. 163, pl. XXII, fig. 7. Bulletin de la Société

géologique de France, Sér. 3, I, p. 258, pl. III.

KONGL. SVENSKA VETENSKAPS-AKADEMIENS HANDLINGAR. BAND. I. x:0 7. 47

Chez les Échinides, les aires interradiales, qui sont toutes conformes, entrent dans la composition du péristome avec deux plaques, dont une grande et l’autre petite, dans le sens de la longueur de l'aire, mais dont les rapports ne sont généralement accessibles à l'observation que chez de trés-jeunes individus. Le Toxopneustes dræbachensis (0. FE. M.), quand il n'a qu'environ quatre mm.') de diamètre, fait voir cette disposition, par suite de laquelle il se trouve que la plus petite plaque péristomienne, et la plus grande des deux dernières formées auprès de la pièce génitale, appartiennent aux rangées la, 2a, 3b, 4a, 5a, mais la plus grande plaque péristomienne, et la plus petite aupres de la pièce génitale, aux rangées 1h, 2b, 3a, 4b, 5b. C’est encore l’ordre que l’on retrouve chez la Salenia‘), et qui parait dominer dans tout le groupe des Echinides. C'est toujours l’interradium 3, l’antérieur du côté gauche de l'animal, dans lequel la position des plaques est changée. On reconnait facilement qu'une pareille disposition est symétrique des deux côtés d'un diamètre passant par l’'ambulacre Let l'interradium 3, le méme qui constitue l'axe longitudinal de l'Echinometra, et dans le plan vertical duquel se trouve dans ce genre la courbe de la flexion du test. C'est aussi dans cette méme ligne qu'est placée l'ouverture anale quand celle-ci est excentrique, et que se trouve le diamètre le plus long du périprocte, devenu elliptique chez l'animal adulte.

Des recherches ultérieures devront décider de quelle manière sont disposées les plaques interradiales des Cidarides. Il parait qu'à la face intérieure des plaques qui constituent la limite temporaire de leur couronne, il se fait une espece d'écaillement, par suite duquel sont produites les plaquettes interradiales de la membrane buccale. ”) A l'égard des Échinoconides, le nombre restreint des exemplaires accessibles à l'observation, et leur état de conservation, ont laissé trop de doutes pour qu'il soit permis de tracer ici avec certitude la disposition des éléments de leur aires interradiales. ‘)

Les Clypéastrides”) différent des autres Echinoïdées en ce que leurs aires interradiales sont percées de pores tentaculaires. Elles Jes ont aussi toutes les cinq semblables entre elles, leurs formes et les dimensions relatives de leurs éléments présentant une correspondance parfaite. Ainsi, chez l'Echinocyamus") et le Laganum”), toutes les aires interradiales sont terminées auprès de l'appareil apical en une seule plaque grande et triangulaire imperforée, tandis que dans les genres Clypéaster, Encope, Mellita, Echinarachnius, Arachnoïdes*), les plaques plus jeunes deviennent partout de plus en plus petites, et les supérieures, toujours disposées par paires, embrassent souvent encore les pores génitaux, lesquels ne trouvent plus de place dans l'appareil apical. ”) Comme on vient de le voir, les interradiums subissent une pression telle par l'élargissement graduel des ambulacres, que leurs rangées en sont très-souvent coupées en deux. À cet égard, comme à d'autres, les deux frontaux, 2 et 3, sont généralement symétriques entre eux, comme le sont aussi les deux latéraux, 1 et 4, et l'impair ne présente que de légeres modifications. C’est de même par rapport à l'augmentation successive du nombre de leurs

1) PI XVMIL fig. 140. ?) PI. XIX, fig. 165. ©) PL XX, fig. 166, 167, 168. ‘) PI. XIV, fig. 124, 125, OCR PIE te 0152 188 184 0) PI OXDIV LIT ME) PL XIV) PL XV 5) Pl XP MIE LIT 3) PI. XLVI, fig. 237: Encope Valenciennesi AG. PI. XLVII, fig. 239: Clypeaster rosaceus (2). PI. XLVIII, fig. 240: Mellita hexapora ((rm)

48 S. LOVEN, ÉTUDES SUR LES ÉCHINOÏDÉES.

plaques. La trés-jeune Mellita hexapora”), de 6,5 mm. de longueur, fait voir, dans toutes les aires interradiales, neuf à dix plaques, l'adulte, de 85 min., treize ou peut-être douze, car il est presque impossible de s'assurer si la plaque par où passe la périphérie, est divisée en deux par une suture, ou non. De même, ehez le très-jeune Echinarachnius parma”), de six mm. et demi de longueur, on compte dans les aires interradiales paires onze paires de plaques, et neuf dans l'impaire, et, chez l'adulte, dans les premières quinze à seize, dans la derniere quatorze. Les modifications de forme peu considérables que présente toujours l'aire interradiale impaire, sont déterminées par la position, à son intérieur, de la partie rectale du canal alimentaire. C’est à cette disposition qu'il faut attribuer la circonstance que, dans la majorité des genres, cet interradium résiste à un plus haut degré que les autres à la pression exercée par les plaques des séries ambulacraires T4 et Vh. Le périprocte, pratiqué par érosion aux bords contigus de deux ou de quatre de ses plaques, où méme en partie aux bords des plaques ambulacraires 2 de Ia et Vb, lorsque celles-ci viennent couper l'aire en deux, comme dans l'Encope Valeneiennesi AG.'), reste à peu près en place par rapport aux plaques environnantes, bien que sa forme et sa grandeur relative se modifient pendant la croissance. Chez la très-jeune Mellita hexapora Gm.”), il est comparativement beaucoup plus grand que chez l'adulte, et d'un contour arrondi. Il est alors entouré antérieurement d’une partie trés-mince de la plaque 2, qui disparait peu à peu, de sorte que finalement c'est la plaque / qui constitue la limite adorale de son aperture devenue ovalaire. Dans cette espèce, comme dans le genre Encope ”), l'aire interradiale impaire se distingue encore des autres d’une manière trèsremarquable par la présence d'un hiatus ou lunule. Cette solution de continuité se produit de très-bonne heure chez la Mellita, tous les autres hiatus qui se trouvent dans les ambulacres ne venant que plus tard. Celui de linterradium impair est presque circulaire dans l'individu tres-jeune, ovalaire chez l'adulte, et il change de position pendant la croissance, de manière que chez le premier il est bordé par les plaques ventrales 2 et 3 et par les plaques dorsales 3 et # ou 7, tandis que chez l'individu adulte il est entouré, à la face ventrale, des mêmes plaques 2 et 7, mais à la face dorsale des plaques #, 7 et &, vu que les plaques dorsales s’approchent insensiblement du bord et y deviennent même en partie ventrales.

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