‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 113 sur 222 · isl. du cliarp. Jose/ih, cliap 30 el · texte numérisé non relu

isl. du cliarp. Jose/ih, cliap 30 el

2. J'ai déjà fait remarquer que d'après Irénée, ni Hénoch ni Élie ne devaient goûter la mort, parce qu’ils avaient été supérieurs au péché, qui est la cause de la murt. La tradition sur ces deux hommes pieux de l’Ancien-Testamenl a donc complètement changé du u« au tv« siècle; elle a changé, parce que les idées sur le péché se sont modifiées; on ne croit plus qu'il puisse y avoir d'exception à la condamnation qui a été la suite du péché du premier homme. Saint Éphrem parle déjà du retour d’Ilénoch el d’Élie sur la terre à la fin des temps, pour y satisfaire à la loi qui veut que tous les descendants d’Adam passent par la mort; dans l’hotius, Cod., 229, éd. Bekker, p. 252; Thilo, Codex ajiocryphut Noui Testament!, p. 736-7tif. Saint Augustin s’exprime dans le même sens. Il dit d'ilénoch et d'Élie : Qui sane creduntur in exiguum temporis rcdituri in lias terras, ut etiam ipsi cum morlo confligant el quud primi hoimnis propagini.dchetur exsolvant. Contra Julian., Itb. VI, cap. 30.

Les derniers moments de Marie ont été, comme ceux de Joseph, l’objet de la légende. Ici, comme partout ailleurs, elle s’est très-peu inquiétée de la vraisemblance et elle n’a pas moins dédaigné tout sentiment poétique. Les fictions dont elle a surchargé un sujet en lui-méme assurément fort touchant, sont pour la plupart puériles et ridicules. Elles sont reproduites dans plusieurs écrits 1 . Je les exposerai d’après celui qui me paraît le plus complet. C’est un opuscule arabe publié, pour la première fois, il y a dix ans, par M. Max. Enger, d’après un manuscrit de la bibliothèque de Bonn -, mais qui paraît avoir été connu, du moins au moyenâge, dans presque tout l’Orient. Il en existe en effet une traduction, ou, pour mieux dire, une imitation en grec3, et peut-être aussi avait-il été traduit ou imité en copte. Un fragment d’un ouvrage en cette langue sur la mort de la Vierge , rapporté par

4 . Dictionnaire des apocryphes, t. 11, col. 534-5:17 el 587-

5. Joannis apostoli de transita beativ Maria • Virginie liber ex recensione el rum interprelatione Maxim. Kngeri, Elbcrfeld, 4834, in 8° de MX et 407 pag. On en a une traduction française dans le Dictionnaire des apocryphes, t. Il, col. 503-532.

3. Thilo, Acta: S. Tliumœ, p. xvili; Dictionnaire des apocryphes, t. II, col. 396 599.

ÉTUDES SUR "LES ÉVAXÜ1LBS Zoega 1 et traduit en français par M. Dulaurier -, offre des analogies frappantes avec l'écrit arabe sur le même sujet.

Les six chapitres dont il se compose sont précédés d’un long prologue dans lequel il est raconté comment on arriva à la possession de ce livre, et (pii a pour but évident de nous apprendre qu'il est l’œuvre de l’apôtre saint Jean. Les prêtres du mont Sinaï ayant écrit à Cyriaque, évêque de Jérusalem •1, pour lui demander une copie de l’histoire de la vie et de la mort delà sainte Vierge, celui-ci leur répondit que, d’après un livre de la main de Jacques, frère du Seigneur, l’apôtre saint Jean avait écrit, en six chapitres, le récit des derniers moments et de l’Assomption de Marie, et que cet ouvrage devait se trouver à Ephèse. On envoya aussitôt du mont Sinaï des messagers dans cette ville. La Vierge, touchée de leur piété, apparut alors à saint Jean et lui dit : « O mou tils, donne » ton livre qui contient l’histoire de ma sortie de » ce monde, à ces hommes venus à toi depuis le

Page 1