‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 128 sur 222 · Corinth., xv · texte numérisé non relu

Corinth., xv

2. Celle légende n'existait pas encore au II* siècle. Dans les Quirstiones et respontiones ad orthodoxos, quæst. 32, il n’est nullement question de la mort future d’Hénoch et d’Élie; ils y sont, au contraire, déclarés immortels, parce qu'ils n’ont pas désobéi à Dieu, la mort n’étant le résultat que de la désobéissance aux prescriptions divines. Justini Martyrii opéra, p. 444, A.

Certains détails de ces légendes ont été inspirés par le désir de mettre la tradition évangélique en parfait accord avec des croyances universellement admises par les chrétiens. J’en citerai un exemple.

Jésus, en sa qualité de Messie, devait descendre de David. Il est désigné en effet plusieurs fois dans les Évangiles canoniques comme le fils du roi-prophète *. Saint Matthieu et saint Luc avaient-ils cru établir cette filiation en rapportant la généalogie de Joseph? Probablement, car autrement on ne s’expliquerait pas du tout la présence d’une pièce de ce genre dans leurs écrits. On s’aperçut plus tard qu’elle ne prouvait rien quant à la descendance du Seigneur, puisque aucun lien de parenté ne le rattachait à Joseph. Si Jésus descend de David , ce dont aucun chrétien ne doutait, ce ne pouvait être que par sa mère *. Mais il n’y a pas, dans les Évangiles canoniques, un seul mot sur la tribu à laquelle appartenait Marie. Il fallut suppléer à ce silence. On n’y songea que fort tard. Saint Augustin fut-il le premier à comprendre que, pour affirmer l’origine royale de Jésus, il fallait se rattacher à la filiation maternelle? ou était-il seulement l’écho d’une opinion déjà répandue de son

1 . Matth-, ix, 27; xv, 22; xx, 30, 31; Marc, x, 17, 48; Lur, xviii, 38, 39; Jean, vu, 42.

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