Samuel, i, <0, 11, 19 et suiv.; il
Marie pour marquer qu’ils sont les antécédents directs et, en un certain sens, les préparateurs de l’économie de la grâce. Anne signifie, en effet, la grâce, et Joachim *, Dieu a dressé, a préparé*.
La légende a dû nécessairement donner des noms aux personnages qu’elle mettait en scène. Et si les noms d’Anne et de Joachim sont toujours attri- . bués aux parents de la Vierge, c’est que la fable de la sainte famille se répandit de bonne heure parmi les chrétiens et ne varia plus que dans quelques détails insignifiants. Il n’est pas une seule donnée historique qui permette de supposer que ces noms n’aient pas été imaginés en même temps que le fond même de la légende. Tout nous oblige à croire que le souvenir des ascendants de Jésus n’existait déjà plus à la fin du premier siècle. C’était de la personne et de l’enseignement du Sauveur, de l’œuvre qu’il avait accomplie, que les apôtres avaient à répandre la connaissance. L’histoire de sa famille était entièrement en dehors de ce cadre, n’y avait rien à faire, et avec d’autaut plus de raison que les chrétiens ne tardèrent pas à regarder Jésus, non comme le fils d’un homme, mais comme le fils de Dieu et que dès lors les liens
t. En hébreu Qipvn, QijiV ou ErpiirP; dans les LXX, 'Iuaxif», Deus erexit, ou encore Deus slat.
i. Le Nain de Tilleuiont, Mémoires pour sercir à l’histoire ecclésiastique, t. I, p. i83.
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES *77 qui l’avaient rattaché à l’espèce humaine étaient chose indifférente, sans la moindre importance. Le quatrième Evangile se borne à parler de l’incarnation du Verbe en termes métaphysiques, et l’auteur de l’épître aux Hébreux le compare à Melchisédec, qui était sans père et sans mère1. La généalogie de Joseph n’a pris place, dans le premier et le troisième Evangile, que parce qu’il convenait d’établir que Jésus descendait de David, le Christ devant, suivant les croyances messianiques des Juifs, être de la race du roi-prophète. Le nom de Marie, quoique cité plus d’une fois dans les récits évangéliques*, resta longtemps dans l’ombre; on parle de la naissance miraculeuse du Christ, c’était une preuve de sa mission divine; on s’occupe fort peu, ou, pour mieux dire, pas du tout de sa mère. Ce n’est que quand les pratiques ascétiques se glissent dans le christianisme, quand on se met, à l’exemple des ascètes de l’Égypte et de l’Asie, à attacher une valeur morale à la virginité, que le nom de Marie reparaît avec éclat, et depuis ce moment grandit sans cesse.
On chercherait en vain dans les légendes dont se composent les Évangiles apocryphes orthodoxes, en