Fragments traduits du copte par M. Dulaurier, p. 28 et
2. Descendit ad interna, ut Adam protoplastum, et patriarchas, et prophetas, omnesque justos, qui pro originali peccato ibidem delinebantur, liberaret; et ut de vinculis peccati absolues, do eadem captivitate et inferni loco suo sanguine redemptos, ad supremam patriam et ad perpetuæ vitæ gaudia revocaret. Reliqui qui supra originale peccatum principalem culpam commiserunt, ut asserit Scriplura, in pœnali tartaro
remanserunt Partira momordit infernum pro parte corum
quos liberavit; partira reliquit, pro parte eorum qui pro principalibus criminibus in lormenlis remanserunt. .Auÿuslitu opéra, t. VI, col. 1740; Sermo de Symbolo, § 7.
séjour temporaire des hommes pieux de la Nouvelle, qui allaient s’y purifier jusqu’à ce qu’ils en fussent délivrés à leur tour comme l’avaient été avant eux ceux des Israélites qui avaient été fidèles à la Loi * .
Il faut chercher la patrie des légendes recueillies dans les Évangiles apocryphes orthodoxes non en Occident, mais dans les Églises de l'Orient. C’est des Grecs qu’elles passèrent aux Latins, qui pendant longtemps ne les connurent qu’imparfaitement, et tinrent la plupart d’entre elles pour des inventions des hérétiques. Saint Augustin s’en défiait, peut-être parce qu’il voyait les Manichéens en faire usage, et à la même époque, Innocent Ier les repoussait, en condamnant les écrits apocryphes qui les contenaient 2. Quelques-unes, il est vrai, étaient admises sans contestation ; mais on en faisait peu d’usage. On a vu que Tertullien, et après lui saint Augustin, n’élèvent pas le moindre doute sur celle de la descente de Jésus -Christ aux enfers. Cependant , tandis que les prédicateurs grecs
1 . G. Ilolger Waago, De œtate articuli quo in symbolo apostoliro traditur Jesu Christi ad inferos ilescensus, commentatio, p. loi.
ï . Epistola ad Exsuperium.
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 291 du ive siècle en font fréquemment de brillants tableaux dans plusieurs de leurs sermons, les écrivains ecclésiastiques de l’Occident sont, sur ce sujet, de la plus grande sobriété. Tcrtullien n’en fait mention dans aucune de ses règles de foi ; je crois même qu’il n’en parle que dans le passage que j’ai rapporté plus haut, et saint Augustin ne l’expose que dans un seul de ses sermons De Symholo' j dans les autres iln'en ditjien, et quoiqu’il ait retouché le Symbole des apôtres usité dans les Églises d’Afrique, il ne paraît pas avoir eu un^eul moment l’intention de l’y introduire. Ce fut près d’un siècle après lui, qu’on y inscrivit l’article Descendit ad inferna, « il est descendu aux enfers, » qui ne se trouvait auparavant que dans le Symbole des apôtres de l’Église d’Aquilée.
Dans l’Orient, au contraire, ces légendes furent connues de bonne heure; elles y devinrent trèspopulaires. On en a la preuve dans le grand nombre d’Évangiles apocryphes grecs , syriaques , coptes, dans lesquels elles furent recueillies. On peut supposer avec quelque vraisemblance que c’est là où elles se propagèrent d’abord, qu’elles avaient pris naissance.
On a d’autres raisons de le croire.
t . J’ai cité plus haut ce qu’il en dit. Ce sermon est le premier qu’il composa; il est de l'année même où il fut ordonné prêtre.
Les mœurs et les usages qui sont supposés dans plusieurs des légendes rapportées daus les Évangiles apocryphes orthodoxes, principalement dans les Évangiles de l’Enfance, appartiennent à l’Orient. Ce n’est que là que des enfants peuvent jouer sur les toits des maisons, qui sont toujours surmontées d’une terrasse 1 . Ce n’est que dans la Syrie et dans l’Arabie qu’un homme riche peut garder lui-même ses troupeaux, comme il est raconté de Joachim *. Ce n’est que parmi les Juifs qu’une grande douleur se manifeste par les démonstrations auxquelles se livre Joseph, en s’apercevant que Marie est enceinte 3. Ce n’est encore que parmi des descendants d’Israël qu’a pu se former la légende de Zachée. L’idée d’attribuer une valeur et un sens mystique aux lettres do l’alphabet leur appartient en propre. Nulle autre part que dans les écoles rabbiniques, on n’a cherché des mystères dans les ornements des manuscrits et tenu compte des traits intérieurs, aigus, écartés, redoublés, dont se composaient les caractères de l’écriture ou dont la calligraphie, si estimée en Orient, les embellissait 4.
On pourrait même arriver à un plus grand
\. Evangile de Thomas, cliap. 9.