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Le Protévangile était connu dans l'Occident au moveu

Ce livre est attribué à Jacques, frère du Seigneur. Il est à peine nécessaire de faire remarquer que c’est sans la moindre raison et contre toute vraisemblance. Jusqu’au xne siècle, il n’est cité que sous le nom de Jacques ou d’un certain Jacques. Plus tard on supposa que ce Jacques était le frère du Seigneur. Cette supposition, fruit de l’ignorance, fut évidemment inspirée par le désir de relever l’importance et l’autorité de cet écrit.

On ne saurait douter qu’il ne soit très-ancien. Quelques-unes des légendes qui y sont rapportées, sont connues de Justin Martyr ', de Tertullien 2 et de Clément d’Alexandrie 3. Ce ne serait pas là toutefois une preuve qu’il existât alors, car il pourrait se faire que ces anciens écrivains ecclésiastiques eussent emprunté les faits dont ils parlent, soit à d’autres écrits 4, soit à la tradition orale 5. Mais

âge. Il csl cité à cette époque par plusieurs écrivains ecclésiastiques, et on en a des imitations dans les langues vulgaires. Thilo, Codes apo:njphus No ci Teslamenti, p. xcv, c, ci, etc.

t. Justin Martyr, D'uxlog. cum Trgph., § 78.

î. « Zacharie est égorgé entre le vestibule cl l’autel, laissant sur la pierre l'ineffaçable empreinte du sang qu'il a versé. » Tertullien, (le Scorpiaco, § 8, comp. Protécang., chap. 24.

3. Clément d’Alexandrie, Stromat., lib. VII, cap. 16: • Quelques-uns veulent qu'ayant été examinée par la sage-femme après l'enfantement, Marie ait été trouvéo vierge. • Comp. Protèvangile, chap. 19 et SO.

4. C’est le cas pour Justin Martyr, qui tenait certainement la légende de la naissance de Jésus dans une caverne, d’un Évangile judarsant.

3. Fabricius, Codex apocnjph. lYori resfflm.,pars1,p. 40, note 6.

3iS ÉTUDES SUR LES ÉVANGILES

Origène, en rapportant la légende qui donne les frères de Jésus pour des enfants issus d’un premier mariage de Joseph, dit qu’il trouve cette explication dans le livre de Jacques ', et cette légende se trouve, en effet, dans le Protévangile *.

Cet écrit existait donc au commencement du 111e siècle; il remontait certainement bien plus haut, on ne comprendrait pas autrement comment il aurait acquis déjà à ce moment une assez grande notoriété pour être cité par Origène.

Était-il alors tel que nous le possédons? Je ne vois pas de raison d’en douter. Il a pu subir quelquesunes de ces modifications qui n’ont été épargnées à aucun ouvrage ancien; mais il n’y a pas lieu de croire qu’elles en aient troublé sensiblement le fond ni qu’elles en aient altéré le caractère général.

Lorsque Postel assura que le livre qu’il rapportait de l’Orient était lu dans le culte public chez te Grecs, on n’accueillit ses paroles qu’avec défiance; on crut assez généralement que ço qu’il en disait n’était qu’une invention destinée à faire valoir la découverte qu’il en avait faite ; on alla mémo jusqu’à le soupçonner d'avoir fabriqué lui-même cet

1. « Quelques-uns aflirmont que les frères de Jésus étaient les fils que Joseph avait eus d'une première femme, avant d'épouser Marie. Ils se fondent sur l'Évangile intitulé selon Pierre ou sur le livre de Jacques. » Origenes opéra, t. XI, p. ÏÎ3, Comment, in Erang. Matth.

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