‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 168 sur 222 · Borberg, ibid., 1. 1, p. 213 et · texte numérisé non relu

Borberg, ibid., 1. 1, p. 213 et

ÉTUDES SUR LES ÉVANGILES une traduction du prétendu Évangile hébreu de saint Matthieu, et la lettre par laquelle saint Jérôme leur dédia sa traduction de Tobie, et qui en est la préface, a servi sans le moindre doute de modèle à la réponse que l’on attribue ici au savant anachorète de Bethléhem.

Si ces lettres ne peuvent pas nous convaincre de l’authenticité de l’Évangile du Pseudo-Matthieu, elles peuvent du moins nous servir à fixer approximativement l’époque à laquelle il a été composé. 11 n’est pas antérieur à la fin du ive siècle; mais ce serait, ce me semble, en porter la date de la composition beaucoup trop tard que de lui donner pour auteur quelque moine savant du temps de Charlemagne '. Le plus vraisemblable, c’est qu’il est dirvi® siècle, époque à laquelle les préventions des Latins pour les Évangiles- apocryphes et les légendes qu’ils rapportent, avaient commencé à se dissiper *.

L’Évangile arabe de l’Enfance a été pour l’Orient

1. Doclus quidam monaclius circa tempora Caroli magni hujus Evangelii auclor exslitit. Tiscliendorf , de Evanyeliorum apocryphorum origine et usu, p. t8. On peut croire que M. Tischendorf a renoncé à celte hypothèse; du moins il n’en parle plus dans les prolégomènes de son édition des Évangiles apocryphes.

2. Tiscliendorf; de Evangeliorum apocryphorum origine et usu, p. 47.

ce que l’Évangile du Pseudo-Matthieu fut pour les Églises latines, je veux dire une compilation des légendes relatives à la sainte Famille et à Marie et de celles qui se rapportent à l’enfant Jésus. Cette compilation est toutefois plus étendue et plus complète que celle que l’on a dans le Pseudo-Matthieu. On a déjà vu que cet Évangile arabe se compose de trois parties, dont la première et la dernière sont des imitations, l’une du Protévangile et l’autre de l’Évangile de Thomas, et dont la seconde est un recueil de fables orientales sur l’enfant Jésus. D’autres éléments y sont encore entrés. On y a tenu compte de plusieurs données des Évangiles canoniques, en les travestissant toutefois plus ou moins *. L’auteur connaissait les Évangiles; il les désigne en bloc sous le nom d’Évangile parfait ou complet *.

Cette compilation est passablement décousue. On y a rassemblé une foule de récits de miracles, sans se donner la peine de mettre chacun d’eux à la place qui lui convient, encore moins de bien

4. Pour les emprunts faits aux Évangiles canoniques, voyez Évangile arabe, chap. 6, 9, 26, 80 et 53.

2. Évangile arabe, chap. 25. Le nom d'Évangile parfait ou d’Évangile complet, par lequel sont désignés ici les Évangiles canoniques, a été sans doute imaginé pour marquer que ces Évangiles embrassaient l’ensemble de la vie du Seigneur, tandis que ceux des apocryphes, qui étaient connus do l'auteur de cet écrit, n’en comprenaient chacun qu’une partie.

marquer la suite des événements qu’on y rapporte. Ainsi au chapitre seizième l’ange ordonne à Joseph d’aller s’établir dans la ville de Nazareth; aux chapitres suivants on voit la sainte Famille à Bethléhem, et la suite du récit laisse croire qu’elle y est décidément fixée ; ce qui y est raconté suppose constamment qu’elle est dans le voisinage do Jérusalem, par conséquent à Bethléhem. 11 n’en est rien toutefois, car après la fête à l’occasion de laquelle Jésus, âgé alors de douze ans, avait été conduit à la ville sainte, c’est à Nazareth, où l’Évangile ne l’avait pas encore amenée, qu’il nous apprend qu’elle retourne '. Les confusions ou les sous-entendus de ce genre ne sont pas rares. Ils ne peuvent s’expliquer que par l’incapacité de l’auteur, a b indiligentia compilatoris , comme dit M. Tischendorf.

Cet Évangile arabe n’est pas un ouvrage original, mais une traduction. Thilo et M. Tischendorf ont donné des preuves irrécusables qu’il avait été traduit du syriaque.

On y trouve de nombreux détails qui ne sont propres qu’à la Syrie. Ce n’est que là que Caïphe et l’historien Josèphe étaient tenus pour une même personne; cette bizarre confusion se retrouve au chapitre premier de cet Évangile. Le titre de

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