Justin Martyr, Opéra, p. 69, C, Apologie 4r», S
3. Justin Martyr, Opéra, p. 35, A et B, Ad Griecos rohortatio, §37.
4. Par exemple, quand il assure que les empereurs euxmémes auraient cru au Christ, s’ils eussent pu être empereurs à la fois et chrétiens. — Sed et Gosarescredidissent superChristo,
très-bien au rapport tel que nous l’avons, et nullement à un rapport tel qu’un gouverneur romain aurait pu l’adresser au chef de l’empire. Dans la pièce que Tertullien avait sous les yeux, Pilate parlait en chrétien, ipse jam pro sua conscientia christianus; ce sont les expressions dont il se sert. C'est bien là le langage que lui fait tenir, dans le rapport qui est parvenu jusqu’à nous, le faussaire qui l’a composé; mais ce n’est pas certainement celui qu’aurait tenu Pilate en écrivant à l’empereur. Qui croira qu’il eût laissé percer des sentiments chrétiens, en eût-il été pénétré, dans une pièce officielle ? Rien n’est plus contraire d’ailleurs à ce que nous savons de son caractère que le ton général de cet écrit. Mais Justin Martyr et Tertullien ne doutèrent pas un seul instant qu’à la vue de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, le gouverneur romain n’eût éprouvé des sentiments analogues .à ceux que la mémoire de. ces deux grands événements produisait en eux-mêmes.
Quant à la condamnation dont Eusèbe frappe un rapport apocryphe de Pilate à Tibère, Le Nain
si et christ iani poluissenl esse Cæsares. Apoloy., cap. H . Au reste, Le Nain de Tillcmont, ayant moins d’égards à garder envers Tertullien qui, après tout, fut un hérétique, qu’envers Justin Martyr, que l'Église tient pour un saint, reconnaît que le premier peut bien n’avoir pas été plus exact dans l'histoire qu’en beaucoup d’autres choses. (Méritoires pour tereir à l'histoire de t'Êgliu, 1. 1, p, 447-)
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 359 de Tillemont commet une méprise. Ce que l’évêque de Césarée repousse comme une pièce fausse, c’est, non celle que nous avons encore, mais un écrit que l’empereur Maximin avait fait fabriquer sous le nom de Pilate, écrit rempli de blasphèmes et d’impiétés contre le Sauveur et destiné, selon ses ordres, à être publié en tous lieux, pour prévenir les esprits contre le christianisme Cette pièce n’avait rien de commun avec celle qui nous a été transmise comme étant de la main de Pilate, et qui respire, au contraire, à chaque ligne, une admiration sans bornes pour Jésus-Christ. Selon toutes les vraisemblances, Eusèbo a tenu celle-ci pour authentique. Dans tous les cas, il ne doutait pas que Pilate n’eût fait un rapport à l’empereur et que ce rapport ne fût favorable au Seigneur 2.
D’un autre côté, M. Tischendorf croit que le document dont Justin Martyr et Tertullien invoquent le témoignage est, non celui qui nous est parvenu avec le titre et sous la forme d’un rapport de Pilate à l’empereur, mais l’écrit qui forme la première partie de l’Évangile de Nicodème et qui existe séparément sous le titre d 'Actes de Pilate 3.
1. Eusèbe, Itist. eccles., lib. IX, cap. 5, 7 et 9; Nicéphore, Hist. certes-, lib. VII, cap. Î6.
2. Eusèbe, Hist. eccles., lib. II, cap. 2; Chronic., lib. II, éd. Scaliger, p, 203. Fabricius, Codex apoeryphus Novi Testament i, pars 1, p. ÏI7-ÎI9; pars î, p, 480 et suiv,