‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 177 sur 222 · Tischendorf, Evunqtlia apocrypha, p. lmii-iav · texte numérisé non relu

Tischendorf, Evunqtlia apocrypha, p. lmii-iav

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Cette opinion me parait manquer de vraisemblance.

En effet, ce que Tertullien dit des sentiments exprimés par le gouverneur romain dans cette pièce convient bien mieux au Rapport qu’aux Actes de Pilate. Dans le premier de ces deux écrits, Pilate se présente lui-même comme « saisi de crainte et de terreur » à la vue et encore au souvenir de ce qui s’est passé sous ses yeux. Il va même jusqu’à déclarer les miracles de Jésus supérieurs à ceux des divinités du peuple romain. C’est bien d’un homme animé de tels sentiments qu’on peut dire, avec Tertullien, qu’il était déjà chrétien au fond du cœur, ipse jatn pro sua conscientia christianus. On ne saurait l’affirmer aussi positivement du gouverneur romain des Actes de Pilate. Il y montre sans doute une constante bienveillance pour le Sauveur ; mais il ne se prononce pas toutefois aussi énergiquement en sa faveur que dans le Rapport.

Ce qui me paraît le plus décisif contre l’opinion de M. Tischendorf, c’est que Justin Martyr et Tertullien en appellent ou croient en appeler à une pièce officielle ; sans cela , leur argumentation n’aurait pas de sens. Or, des deux écrits, le rapport de Pilate à Tibère est le seul qui affecte cette forme.

On peut conclure de là, ce me semble, que c’est de ce document que veulent parler Justin Martyr

ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 361 et Tertullien, et, par conséquent, que cette pièce existait déjà vers le milieu du second siècle.

L’Evangile de Nicodème se compose de deux ouvrages apocryphes qui, dans le principe, étaient distincts et séparés, qui sont d’àges différents, et qui n’ont été réunis que fort tard. Le premier est formé des seize premiers chapitres et, dans un grand nombre de manuscrits, porto le titre d 'Actes de Pilate 1 ; le second comprend les dix derniers chapitres, du dix-septième au vingt- septième4, et contient un récit de la descente de Jésus-Christ aux enfers3.

Que ces deux écrits aient été séparés dans l’origine, c’est ce qui ne peut soulever le moindre doute i. Des douze manuscrits grecs consultés par M. Tischendorf, deux ou trois seulement ont les deux parties réunies. La traduction copte ne renferme que les Actes de Pilate. Les manuscrits latins, les seuls qui portent le titre d’Évangile de Nicodème, contiennent, il est vrai, les deux ouvrages se suivant sans interruption, comme on le voit dans le

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