‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 183 sur 222 · Brunn, Ibid., p. 64 et suiv · texte numérisé non relu

Brunn, Ibid., p. 64 et suiv

hypothèse un certain air d’invraisemblance qui suffirait pour la faire rejeter.

Tenons -nous-en cependant au livre des Actes de Pilate. Sur quoi se fonde-t-on pour en attribuer la composition à un Juif converti au christianisme? Est-ce sur le sentiment de violente animosité qui y éclate a chaque page contre les Juifs, sentiment, dit-on, assez ordinaire à des convertis à l’égard de leurs anciens coreligionnaires ? Mais ce sentiment était-il donc a cette époque inconnu parmi les chrétiens? De bonne heure on rejeta sur les docteurs de la loi, sur les pharisiens, sur les prêtres juifs, sur la 'race d’Israël tout entière, l’odieux de la condamnation du Seigneur, et par suite on amnistia d’autant le procurateur romain, dont on oubliait trop la déplorable légèreté. Il n’y a donc rien dans ce trait qui oblige à voir un Juif converti dans l’auteur de ce livre.

Voudrait-on trouver dans les aveux des prêtres et des docteurs de la loi, par lesquels se termine cet écrit *, une preuve que l’auteur avait eu l’intention « d’opposer à l’incrédulité des sectateurs de Moïse le témoignage des contemporains de Jésus-1- Christ 3? » Mais qui ne voit que, si l’on représente ici le grand^prêtre, le sacrificateur et les docteurs de la loi comme reconnaissant à la fin que Jésus

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