Brunet, ibid., p. 144 et 215; Tliilo, ibid., p. lxv
m ÉTUDES SU H LES ÉVANtilLES
était bien réellement le Messie, c’est tout simplement par suite, (l’un côté, de l’ignorance historique qui régnait alors, et d’un autre côté, des préventions d’hommes qui ne pouvaient comprendre que les raisons qui les rattachaient au christianisme n’eussent pas produit le même effet sur ceux qui avaient été témoins des miracles du Sauveur? Encore ici il n’y a rien qui puisse n’appartenir qu’à un Juif converti au christianisme.
Mais comment peut-on chercher un Juif converti dans l’auteur des Actes de Pilate, quand on y rencontre des erreurs qui certainement ne se seraient pas produites sous la plume d’un enfant d’Israël ? Un Juif n’aurait pas ignoré que le temple qui existait du temps de Jésus-Christ n’était pas celui que Salomon avait fait bâtir 1 et que ce roi mit sept ans*, et non quarante-six, à le faire construire. 11 n’aurait pas mis dans la bouche des prêtres et des docteurs de la loi une phrase telle que celle-ci : « Nous avons pour loi de ne guérir personne le jour du sabbat 3. » Ces erreurs, et bien d’autres encore, montrent dans l’auteur de cet écrit un homme entièrement étranger à l’histoire et aux mœurs du peuple d’Israël.
Et non-seulement l’auteur des Actes de Pilate n’est pas un J uif, mais encore le but qu’il se pro-