Evangile de Xicodéme, cliap
ÉVANGILES APOCKÏPHKS OKTHODOXES 373 pose n’est nullement de convaincre les Israélites, par lés prétendus témoignages de leurs pères, de la vérité de l’histoire évangélique. S’il met au nombre des accusations que les chefs de la synagogue portèrent devant Pilate contre Jésus-Christ les arguments par lesquels les Juifs de son temps cherchaient, dans la controverse avec les chrétiens, à combattre le christianisme et à en rabaisser le fondateur, c’est par suite de ce malentendu trop fréquent par lequel les historiens inintelligents transportent dans les événements du passé les idées et les manières de penser de leurs contemporains. Il ne se doute même pas que les adversaires du Seigneur eurent soin de ne faire valoir contre lui, au tribunal de Pilate, que des raisons politiques. Les Juifs purent trouver utile à leur cause de reprocher aux chrétiens en général, et aux chrétiens judaïsants plus spécialement, la naissance illégitime de leur maître et le peu de respect qu’il avait montré, en certaines circonstances, pour la loi de Moïse. Mais ces arguments, bons pour la controverse, auraient peu touché le gouverneur romain. C’est cependant là-dessus que l’auteur des Actes de Pilate insiste de préférence. S’il touche aux raisons qui seules purent faire impression sur le procürateur romain, ce n’est que parce qu’elles lui étaient en quelque sorte imposées par le récit des Évangiles canoniques, et encore n’est-ce qu’en
passant qu’il indique que les Juifs représentèrent le Seigneur comme un agitateur public, dangereux à la domination romaine. Quoi qu’il en soit, c’est tout simplement une histoire du jugement, de la mort et de la résurrection du Sauveur qu’il a prétendu raconter; son ambition n’allait pas plus loin que d’embellir le récit qu’en avaient fait les Évangiles canoniques, des traits nouveaux qu’y avait ajoutés la légende.
Cet écrit n’est pas une simple compilation , comme les Évangiles de l’Enfance. Bien des passages des Évangiles canoniques y sont rapportés textuelle^ ment ou eu abrégé ', et probablement il s’y trouve plus d’un emprunt à différents ouvrages qui ont péri. Mais ce ne sont là que dus matériaux que l’auteur a mis en œuvre, dans une composition qui lui appartient en propre. Il est même digne de remarque qu’il traite avec une grande liberté les données qu’il tire des Evangiles canoniques. Ainsi ce n’est pas par les ordres des chefs de la synagogue que Jésus-Christ est arrêté*, et ce n’est pas par eux qu’il est conduit à Pilate après avoir d’abord comparu devant Je sanhédrin 3. D’après les Actes de Pilate, il était encore en liberté