‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 188 sur 222 · Brunn, ibid., p · texte numérisé non relu

Brunn, ibid., p

i. Il faut ajouter que cet écrit a subi, à diverses reprises, des altérations et des remaniements de plus d’un genre. Il y a de nombreuses discordances entre les manuscrits. Alf. Maury, Croyances et légendes de l'antiquité, p. 291.

ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 377 se sont permis sur ce point les plus singulières fantaisies. Dans un manuscrit de la version latine ( codex bodlejan , 2513), on l’attribue à saint Ambroise : Passio Domini, y est-il dit, a S. Ambrosio de grœco in latinum translata, quœ reperta fuit in prwtorio Pontii Pilati. Les deux indications se valent: la traduction est de saint Ambroise, de même que le livre a été trouvé dans le prétoire de Tilate.

La seconde partie de l’Évangile de Nicodème remonte tout au plus à la seconde moitié du quatrième siècle. Il ne saurait y avoir le moindre doute sur ce point. J’ai déjà fait remarquer que la légende de la descente de Jésus-Christ aux enfers a successivement revêtu trois formes différentes, ou, pour mieux dire, a été entendue et expliquée dans trois sens différents. A la fin du second siècle et pendant tout le troisième, on croit que le Seigneur est descendu dans les lieux souterrains, d’abord pour se soumettre à la loi commune à toute la race humaine, qui veut que l’homme, après la mort, aille dans l’IIadès, et ensuite pour annoncer la bonne nouvelle du salut aux générations éteintes et faire participer au salut quiconque se convertirait à la foi. Au quatrième siècle et au moins pendant la première moitié du cinquième, on se figure qu’il est descendu dans les enfers pour achever son œuvre en brisant la puissance de la Mort et de Satan, et

en tirant des profondeurs du Scheol les hommes justes de l’ Ancienne Alliance qui avaient attendu et annoncé son avènement sur la terre. Enfin , à partir du milieu du cinquième siècle ou du commencement du sixième, cette dernière explication de la légende prend un plus grand degré de précision : on distingue entre les saints et les justes que le Seigneur a délivrés et les impies et les pécheurs endurcis qu’il a laissés dans les tourments de l’enfer. Il n’a pas détruit l’enfer, à proprement parler; il a seulement brisé les portes de la partie où les patriarches et les prophètes avaient été retenus jusqu’à ce moment, et maintenant que ce lieu n’est plus fermé à jamais, les saints et les justes de la Nouvelle Alliance, qui y sont conduits après leur mort, pourront à leur tour en sortir en temps opportun. La doctrine du purgatoiro est déjà en germe dans cette nouvelle interprétation de la légende 1 .

Quelle est celle de ces trois explications d’après laquelle elle est racontée dans la seconde partie de l’Evangile de Nicodème? Ce n’est certainement ni la première ni la dernière. Elle y est exposée dans le seps de la seconde, dans le même sens que lui donnent Chrysostome, Grégoire de Nysse, Cyrille de Jérusalem, tous les orateurs chrétiens du quatrième siècle. Cette partie de l’Évangile de Nicodème

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