On peut s’en convaincre eii comparant les deux textes
latins publiés par M. Tischendorf.
leur littéraire, mais elle l'emporte sous ce rapport, et de beaucoup, sur les Évangiles do l’Enfance. La rédaction de ceux-ci ne demandait pas la moindre culture littéraire. Il s’agissait tout simplement de mettre par écrit des légendes qui étaient connues de tous les chrétiens. Dans l’histoire du charpentier Joseph, au contraire, le travail de broderie est infiniment plus considérable que le thème général fourni par la tradition, et ce travail suppose une faculté de combinaison qui n’appartenait pas certainement à un homme aussi peu cultivé que celui que nous fait connaître la langue de cet opuscule *.
De quelle langue a-t-il été traduit en arabe? De l’hébreu, selon Wallin, et la raison qu’il en donne, c’est qu’un grand nombre de livres apocryphes ont été écrits dans cette langue. Il est inutile de faire remarquer que cette raison n’est pas concluante; la plupart des livres apocryphes auraient pu être écrits en hébreu, qu’il ne suivrait nullement de là que celui-ci eût dû l’être. Mais il y a plus, elle manque d’exactitude. Il n’est pas un seul des Évangiles apocryphes que nous avons appelés or-
t. C’est ce qu’avait déjà fait remarquer Wallin dans la préface de sa traduction de cette histoire du charpentier Joseph. Arabice libellum, dit-il, pri ni i lus conscriplum esse vix pulamus.
I ta conjicieudi primam nobis ansam dédit sermonis arabici impuritas : nævis enim et solrccismis quain sæpissime scatet : quam culpam non tam auclori suæ ulique linguæ ejusque genii gnaro, quam translatori polius minus accurato tribuendam forte non imnierito censemus.
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 3S3 thodoxes, qui aient été composés dans cette langue. 1^ Évangile du Pseudo-Matthieu et celui de Nicodème se donnent, il est vrai, pour des traductions de l’hébreu; mais on a vu que le premier a été compose en latin et le second primitivement en grec; en les présentant comme traduits de l’hébreu, on a voulu tout simplement en relever l’autorité et faire croire à leur origine ancienne et apostolique.
L histoire du charpentier Joseph n’aurait-elle pas été traduite du syriaque, comme l’Évangile arabe de l’enfance? Je ne saurais l’admettre. Je ne trouve rien dans ce récit qui rappelle les opinions nestoriennes, comme c’est le cas pour l’Évangile arabe de l’enfance, et qui oblige, par conséquent, à en placer la composition dans la Syrie «. Je ne crois même pas qu’on l’ait rencontré en langue syriaque. On en connaît bien un manuscrit en caractères syriaques, mais il est en langue arabe -, et le fait
1. Un dominicain, Isidore de Insolanis. assure, dans sa Summa
de dons S Joseph, (parlie .v, chap. 9), que les chrétiens calhohques de Orient lisent dans leurs églises, le 20 des kalendes de juillet, la vie de ce saint, écrite en hébreu, et il ajoute qu’il en donne une analyse d’après une traduction latine faite en 1340. Mais ce témoignage isolé ne peut avoir le moindre poids <.e dominicain Isidore peut avoir pris ut, livre écrit en arabe ou on copie ou en syriaque, pour un écrit hébreu; ou peut-être ne parle-t-il de cet écrit hébreu que d’après des renseignements incertains ou erronés. 8