Ilnlo, xbul., p. xxii ; Asseinan, Bibliolh. oriental, t
ÉTUDES S l’ K LES ÉVANGILES qu’on ait écrit avec ces caractères l’histoire arabe du charpentier Joseph, évidemment dans le but de la mettre plus facilement à la portée de ceux des chrétiens de la Syrie qui avaient quelque teinture de la langue arabe, me semble une preuve irrécusable que ce livre n’a jamais existé en syriaque. Pourquoi, dans le cas contraire, en aurait-on écrit en caractères syriaques le texte arabe?
L’opinion la plus vraisemblable, c'est qu’il fut composé primitivement en copte. D’abord il en existe des manuscrits en cette langue, aussi bien dans le dialecte saliidique que dans le dialecte memphitique. Écrit primitivement dans l’un de ces deux dialectes, il fut plus tard, ou peut-être en même temps, arrangé dans l’autre, pour que tous les chrétiens coptes pussent le lire facilement *. Ensuite c’est parmi ces chrétiens que ce livre était le plus répandu, et c’est d’eux que le culte de saint Joseph a passé dans l’Église catholique. « On pré- » tend, dit Le Nain de Tillemont, que les Coptes » et les autres Orientaux en font une fête fortsolen- » nelle le 20 de juillet, auquel ils mettent sa mort » sur l’autorité d’une vie pleine de fables *. Bol-
\. Tliilo, ibid., p. xxu et suiv.
2. Celte vie pleine de Tables est précisément notre apocryphe. La date do la mort de Joseph est indiquée dans le prologue.
« Son départ de ce inonde, y est- il dit, arriva le 20 du mois d'Abib. a Mais au chapitre 29, il est placé au 26 de ce même mois. C'est cette dernièro date qui correspond au 20 juillet.
» landus croit que les Carmes ont apporté (l’Orient » cette fête en l’Église d’Occident, et que les Cor- » (leliers l’ayant reçue en 1399, elle s’est ensuite » répandue dans toutes les Églises latines *. » Il est certain que ce saint était en grande vénération parmi les chrétiens de l’Égypte et de l’Éthiopie *.
On peut supposer avec la plus grande vraisemblance que cette histoire fut composée en vue de la fête de saint Joseph, pour être lue ce jour-là dans le culte public, comme on lisait partout, aux anniversaires de la mort des confesseurs de la foi, les actes de leur martyre. Cette pièce est très-bien appropriée à cette destination. Elle est, en effet, moins une histoire des derniers moments de Joseph qu’une homélie sur cet événement touchant1 * 3. On sait que les Coptes avaient un assez grand nombre d’homélies de ce genre qui étaient lues à certaines fêtes dans le culte public. Un archevêque de Balinèse, nommé Cvriaque, eu avait composé plusieurs. Sylvestre de Sacy a donné une-notice sur deux de ces homélies de Cyriaque dans une lettre adressée à Birch, et que celui-ci a publiée en 18154.