Borberg, ibiil., t. I, p. 90 el 9t
t. Sous ce litre : Appendices ad cod. aporryplt. iVori Testameuli a viro illustrissimo Silo, de Sacy rum t). Andrea Birch communicatœ et ab hoc. édita’, Havniæ, 181ü. J’en rapporte un passage, cité par Tliilo, dans l'appendice n° 10.
A quelle époque peut-ou placer la composition de cet écrit? On en appelle d’ordinaire, pour en fixer la date, à deux traits qui y sont mentionnés.
11 est question au chapitre 20 du règne d^ mille ans. Jésus dit à Joseph mourant que son corps tout entier se conservera sans éprouver la moindre corruption jusqu’au banquet de mille ans. L’auteur de cet écrit était donc millénaire. Or, dit-on, cette croyance disparut de l’Église dans le courant du troisième siècle; on ne saurait par conséquent placer la composition de ce livre à une époque postérieure.
Ce raisonnement ne me paraît pas concluant. II part d’une supposition qu’on ne peut accepter. Que la croyance au règne de mille ans ait ôté décidément repoussée par les Pères de l’Église à partir du milieu ou de la fin du troisième siècle; qu’il ait vu, dès ce moment, diminuer peu h peu le nombre de ses partisans, je le veux bien. Que peut-on conclure de là pour l’Égypte, la terre promise de l’ascétisme et du fanatisme ? Toutes les exagérations religieuses s’étaient acclimatées au milieu de ce monde de moines et d’anachorètes qui la peuplaient. Il faut lire la curieuse description que, vers la fin du quatrième siècle, Rutin d’Aquilée fait de la ville de Bahnèse, pour se faire une idée des superstitions de toutes sortes qui régnaient chez ce peuple de cé-
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 389 nobites et de solitaires. Il n’y avait pas, dit-il, un soûl coin qui n’eût son couvent ; ullus otnnino angtilus ejus nionachorum habitationïbus vacat La doctrine du chiliasme aurait disparu de tout le reste de la chrétienté, qu’elle pouvait très-bien se maintenir encore dans ce nid de fanatisme et d’ignorance, avec toutes ses anciennes excentricités.
L’autre trait me parait fournir une preuve plus acceptable. Au chapitre 5 il est parlé de la mort de la sainte Vierge en termes entièrement étrangers au cycle de légendes dont cet événement est devenu le thème au commencement du sixième siècle. Dans le courant du siècle précédent, la croyance que Marie était* montée au ciel après sa mort avait commencé à se répandre.I. * * * 5 S’il n’y a pas la moindre trace de cette légende dans un livre qui a pris naissance dans un lieu si avide de superstitions, c’est évidemment qu’il avait été écrit avant qu’elle y eût pénétré. Il est donc antérieur à la fin du cinquième siècle.