Actes, vin, 9 et suiv
2. Actes, xviii, 24 et 25; xix, 4-7. Pour les disciples de Jean- Baptiste, la régénération s’opérait par l’eau, opinion qui resta celle de plusieurs sectes judéo-chrétiennes (voyez plus loin les articles relatifs à l'Évangile des Clémentines et à l'Évangile des Elkésattes); pour les disciples de Jésus, c'était par l'eau el l'esprit. Jean, ni, 5.
3. Colossiens, il, 4 et suiv.; Philippient, ni, 2 et suiv.; Tite, I, 40-46.
PRÉFACE n
venir chrétiens, et qui semblent avoir donné à la religion nouvelle quelques-uns de ses plus illustres propagateurs 4 ; ailleurs, au milieu des païens, ce furent des âmes qu’avait touchées le mysticisme de quelque Apollonius de Tyane *.
Cet état de choses avait pour le christianisme des avantages et des dangers. Si, d’un côté, il trouvait des coeurs ouverts au sentiment religieux et disposés à l’accueillir comme l’expression saisissante de leurs propres aspirations vers le divin, d’un autre côté, il était exposé à être mal compris par des esprits prévenus en faveur d’un système, à être interprété dans le sens de leurs spéculations par des hommes connus déjà comme chefs d’école, en un mot, à être absorbé, à différents degrés, par les diverses théosophies de cette époque. En raison de sa supériorité, il s’imposait à toutes. Mais y en
t. Il faut citer entre autres l'auteur de l'Épitre aux Hébreux, dont le langage, la méthode et la forme même de la pensée trahissent un esprit familier avec les écrits de Philon. Keerl, Die Apokryphenfrctge, p. 321 et suiv.
î. Apollonius de Tyane fut à peine de quelques années postérieur à Jésus-Christ. Bien d'autres mystiques d'une tournure d'esprit analogue vécurent à la même époque.
PRÉFACE
aurait-il une seule qui n’eût pas la prétention de le rendre semblable à elle -même ?
Il arriva, en effet, que, comme le rayon de lumière auquel les différents milieux qu’il traverse font subir des inflexions différentes, la religion nouvelle fut diversement modifiée selon les diverses préoccupations religieuses de ceux qui l’acceptèrent.
Ces modifications diverses, quelque étranges qu’elles puissent nous paraître, étaient d’autant plus faciles que le christianisme primitif ne consistait qu’en quelques principes généraux, levain qui devait faire lever la pûte *. Se détacher du monde qui passe, s’appliquer uniquement à la recherche des biens spirituels, sacrifier ses passions et ses intérêts à l’acquisition de la vie future qui allait commencer, attester, en recevant le baptême, qu’on acceptait ce changement de conduite, ou, comme s’exprimaient les Juifs, qu’on devenait un nouvel homme, et, en prenant part à des repas fraternels.
\. Matth., xiii, 33; Luc, xm, 2).
PRÉFACE
qu’on persistait dans cette généreuse résolution, tel avait élé l’enseignement du Christ. Il était susceptible de bien des sens divers : on pouvait le prendre à un point de vue purement moral , ou bien y voir un ascétisme plus ou moins prononcé, ou encore le fondre dans un système mystique.
D’un autre côté, il soulevait une foule de questions auxquelles on pouvait donner bien des solutions différentes. Le christianisme était la religion définitive, aucun de ses adhérents ne le mettait en doute. Mais dans quels rapports était-il avec les religions antérieures? Était-il un développement du mosaïsme? ou se substituait-il à lui? ou encore en était-il une négation ? Était-il une condamnation pure et simple de la religion des Grecs et des Romains, de celles des divers peuples de l’Orient ? Repoussait-il toute la culture païenne, en particulier la philosophie? Zoroastre en avait cependant, à ce qu’on assurait, prédit l'avènement, et Socrate et Platon en avaient pressenti quelquesuns des points les plus importants. Ne serait-il pas, en définitive, une sorte de conciliation de tous les