Dictionnaire de» apocryphes, t. 1, préface, p. xxxi
comme on l’a vu, dans bien d’autres; elles étaient populaires au moyen-âge
Cette époque a vu naître bien d’autres compositions dont le fond et parfois même tous les détails étaient empruntés à nos apocryphes. On peut citer entre autres un poème du quatorzième siècle, en langue franco - normande , intitulé YAdvocatte Notre-Dame ou la vierge Marie plaidant contre le diable et attribué à Jean de Justice *, et la Vie des trois Maries, autre poème composé au treizième siècle par un religieux nommé Jean Venette, et mis en prose par J. Douin au commencement du quinzième1 2 3. L’un et l’autre reproduisent la plus grande partie des Évangiles de l’Enfance et des livres apocryphes du Passage de la Vierge.
Des poètes plus célèbres ne paraissent pas avoir dédaigné de faire des emprunts à ces anciens recueils de légendes pieuses, principalement à l'Évangile de Nicodème. Ce dernier écrit ne parait pas avoir été inconnu au Dante, à Milton et à Klopstock.
Le poète allemand pourrait bien en avoir eu la se-
1 . Sur les Mystères du trépassement et de l'assomption de la sainte Vierge, Dictionnaire des apocryphes, t. Il, col. 537 et suiv.
2. Ce poème a été publié par M. A. Chassant, d’après un manuscrit de la bibliothèque d’Évreux. Paris, 1853, in-8». Dictionnaire des apocryphes, t. Il, col. 538.