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Dictionnaire des apocryphes, t. II, col

il 2 ÉTUDES SUR LES ÉVANGILES

conde partie présente à l’esprit, quand il composa le seizième chant de sa Messiade. La description qu’il y fait, de la descente de Jésus-Christ aux enfers, ne suit pas sans doute celle qu’en présente l’Évangile de Nicodème; mais elles ont Tune et l’autre en commun des images et des traits de détail, dont l’identité du sujet ne suffit pas, ce me semble, à expliquer les ressemblances. Je citerai entre autres le discours de Satan maudissant, dans son désespoir, les princes des ténèbres. On ne peut s’empêcher, en le lisant, de se rappeler les reproches pleins de mépris et de violence, sous lesquels, dans l’apocryphe, Hadès accable le prince du mal.

Il me semble impossible de ne pas voir une inspiration de l’Évangile de Nicodème dans ces quelques strophes du quatrième chant de l'Enfer du Dante. C’est Virgile qui parle :

« J’étais nouveau en ce lieu, lorsque j’y vis venir un Puissant, couronné du signe de la victoire.

» Il en tira l’ombre du premier Père, celle de son fils Abel, celle de Noé et celle de Moïse, législateur et obéissant ;

» Le patriarche Abraham, et le roi David; Israël et son père et ses enfants, et Rachel, pour laquelle il fit tant;

» Et beaucoup d’autres, et il les fit heureux ; et

ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 113 je veux que tu saches qu’auparavant les âmes humaines n’étaient pas sauvées 1 * * 4 . »

Milton n’a-t-il pas également puisé quelques images dans cet Évangile ? La description de l’Enfer au second chant du Paradis perdu en rappelle plusieurs traits de la seconde partie. Ces épaisses portes d’airain qui repoussent toute espérance de fuite, ces forts verrous, ces pesantes barres de fer qui les assujettissent, ces grands mugissements semblables à un puissant tonnerre se retrouvent dans cet Évangile. On y entend par deux fois une voix comme celle du tonnerre et le bruit de l’ouragan. Et quand Adès ordonne à ses cruels ministres d’empêcher le Roi de gloire d’entrer dans son royaume, il leur crie : « Fermez les cruelles portes d’airain et poussez les verrous de fer*. »

Enfin, quand, au troisième chant, le Rédempteur fait connaître son futur triomphe sur l’enfer, on croirait lire une sorte de résumé de la seconde partie de l’Évangile deNicodème : « Je me lèverai victorieux, dit Jésus-Christ; je subjuguerai mon

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