La première impression est de Bàlc, loo2, in
APPENDICE
envoyée à l’empereur par le procurateur romain, il ne serait pas hors de propos de se demander s’il est probable que Pilate ait jugé nécessaire d’instruire Tibère de la condamnation de Jésus- Christ. On en appelle à l’exemple de Pline et à des passages de Tertullien et d’Eusèbe pour montrer que les gouverneurs des provinces rendaient compte à l’empereur do ce qui se passait d’intéressant dans les pays soumis à leur juridiction, et on conclut de là qu’il n’y aurait rien de surprenant que Pilate eût prévenu Tibère de la mort de Jésus. A vrai dire, il n’est besoin d’aucune autorité pour être cons'aincu que des rapports arrivaient nécessairement de toutes les provinces au centre du gouvernement. Mais la condamnation de Jésus dut-elle paraître à Pilate un de ces faits importants dont il était nécessaire que l’empereur fût instruit? Il est permis d’en douter. Il est impossible que le gouverneur romain ait vu cette mort du môme œil que les chrétiens, qu’il en ait soupçonné l'importance, qu’il ait prévu les conséquences immenses qu'elle aurait pour les générations futures. Pour cet esprit léger, celte condamnation n’était que la suite d’une querelle des Juifs sur quelques points de leur religion ; i' n’attacha certainement qu’un fort mince intérêt à une affaire dans laquelle il ne pouvait, à son jugement, y avoir en jeu qu’une absurde superstition.
Selon toutes les vraisemblances, Pilate ne vit dans la mort de Jésus qu’une exécution capitale, qui ne différait en rien de toutes les autres, et les condamnations de ce genre étaient trop fréquentes et n’offraient pas un degré suffisant d'importance, quand il ne s'agissait pas de citoyens romains, pour qu’on jugeât nécessaire d’en instruire l’empereur.