‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 35 sur 222 · Épiphane, ibid · texte numérisé non relu

Épiphane, ibid

ÉVANGILES AEüGKïmES J UDA1SANTS Û7

Ou est confirmé dans cette opinion par quelques autres particularités de l’Évangile des Ébionites, qui témoignent de leur aversion pour les sacrifices sanglants et pour l’usage de la chair des animaux. Quand les disciples demandent à Jésus où il veut qu’on prépare la Pâque, il ne leur répond pas, comme dans l’Évangile de Luc (xxii, 15), qu’il a désiré vivement de manger l’agneau de Pâques avec eux, avant de souffrir; il repousse, au contraire, leur proposition en ces termes : « Ai-je donc bien désiré de manger la chair de l’agneau de Pâques avec vous 1 i » En changeant, « par une fraude criminelle, » dit Épiphane, une phrase positive en une phrase négative ■, les Ébionites avaient voulu mettre dans la bouche de Jésus une protestation et contre les sacrifices sanglants et contre l’usage de manger la chair des animaux. C’est encore dans la même intention que cet Évangile donne pour nourriture à Jean-Baptiste uniquement du miel sauvage, èyypîâa;, et non à la fois des sauterelles

1. Mr, fortfafuat îTvtô’jjxr.aa. x ft'atç tcùto to gxftîv u.«0’ wj uttbv

Épiphane, Hirrea., xxx, 22. Dans Luc, xxn, 15, Jésus üil : Émfciiu'ç trtfrju.r.aa nùn ri nzr/z ozf si» u.[{T ûpüv. Par la négation IAT, qu’ils ont ajoutée, les Ébionites ont changé le sens du la phrase, cl, pour qu’il n’y eût pas le moindre doute sur leur intention, ils y ont introduit le mot xjt*;.

2. C’est la phrase de Luc qui est ici simplement modifiée par une négation ; cela prouve clairement que l’Évangile de Luc était connu des Ébionites; on en a une autre preuve dans le récit du baptême de Jésus par Jean, dans lequel on trouve aussi une phrase de l’Évangile de Luc, comme je l’ai fait remarquer.

à'/aîSa;, et du miel sauvage, («m âyptov, comme le disent Matthieu (m, 4) et Marc (i, -6), modification qu’Épiphane ne manque pas de faire remarquer, en la blâmant, mais sans en saisir le véritable but1.

Ce n’est pas cependant des Esséniensde la Judée que descendaient les Ébionites. Il faut placer leur origine dans les associations esséniemies de la Samarie. Ce qui le prouve, c’est que, comme tous les Samaritains, ils n’admettaient, des livres sacrés de l’ Ancienne Alliance, que le Pentateuque *. Et cette preuve est corroborée par l’accusation qu’Épiphane leur adresse d’être infectés des superstitions des Samaritains 3; ce qui indique évidemment que les traditions théosophiques et ascétiques et peut-être aussi les pratiques théurgiques s’étaient maintenues parmi eux V

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