Épiphane, ibid., xxx
3. ïajiipuTMv piv if ti to {Jîo.ùfov. Épiphane, Hœres., xxx, § 1.
b. Richard Simon donne aussi une origine samaritaine aux
Ébionites, et en môme temps il fait justice, avec autant d'esprii que de tact historique, de l’opinion répandue parmi les anciens écrivains ecclésiastiques, qui les faisaient descendre d'un personnage nommé Ébion. Après avoir fait remarquer que le mot Ébionite signifie pauvre, et que, comme nous l'apprend Épiphane, jes Ébionites se glorifiaient de ce nom, se vantant d’élre pauvres à l’imitation des apôtres, il ajoute : « Saint Épiphane veut qu’il y ait eu véritablement un homme appelé Ébion, d’où sont sortis
ÉVANGILES APOCRYPHES JUDAISANTS
L’Évangile des Clémentines 1 est également un apocryphe judaïsant. Nos Évangiles canoniques ne sont pas cités dans les divers ouvrages qu’on désigne sous ce nom générique. Telle n’est pas, il est vrai, l’opinion généralement reçue. On reconnaît bien que presque toutes les citations évangéliques qu’on y rencontre s’accordent en somme avec notre Évangile de Matthieu, et peuvent, par conséquent , avoir été prises dans quelqu’un de ces Évangiles judaïsants qui offrent de si grandes analogies avec notre premier Évangile canonique; mais on signale dans les Homélies clémentines *
les Ébionites, et qui vivait en même temps que les Nazaréens et les Cérinlhiens. Il se pourrait bien faire que ce Père et tous les autres qui ont cru qu'il y a eu en effet un homme nommé Ébion, auteur de la secte des Ébionites, n'aient pas été mieux fondés pour établir cet Ébion qu’un certain historien espagnol, qui a écrit l'histoire des papes en sa langue, l’a été pour inventer un homme de sa façon appelé Hugo, hérésiarque sacramentaire, de qui les hérétiques de France ont été nommés huguenots. » Histoire critique du texte du Nouveau-Testament, p. 88 et 89.
4 . On désigne sous le nom de Clémentines un certain nombre d'écrits apocryphes qui se rattachent au nom de Clément Romain. Les deux piincipaux sont les Homélies et les Récognitions.
î. On ne peut tenir compte pour les citations évangéliques que des Homélies, parce qu’on a quelques raisons de croire que dans les Récognitions, que nous n'avons que dans une
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deux citations de l'Évangile de saint Jean (ni, 5; ix, 2 et 3) et quatre de l’Évangile de saint Luc (vi, 36 et 46; xvii, 1 ; xxm, 34).
Je ne m’arrêterai pas a faire ressortir combien il serait étrange qu’un écrivain religieux qui aurait eu entre les mains nos quatre Évangiles canoniques, n’eût trouvé dans les deux derniers 4 que cinq passages à citer, et pas un seul dans le second, quand il en cite au moins une centaine du premier. Je vais droit au fait, et je vais essayer de prouver que l’auteur des Homélies clémentines n’a pas emprunté ces six citations à saint Jean et à saint Luc.
Le fait me paraît manifeste pour le passage de l’homélie III®, § 57, dans lequel on veut voir une citation de Luc, vi, 36, et qui est bien plutôt une citation de Matthieu, v, 44-46. Que le lecteur juge en lui-même; je mets les passages sous ses yeux.
Homélie III, § 57 : « Soyez bons et miséricordieux, comme votre Père qui est dans les cieux, lequel fait lever son soleil sur les bons et les méchants et envoie la pluie aux justes et aux intraduction latine due à Rufin, ces citations ont été, peut-être à dessein, peut-être aussi seulement par un effet de l’habitude dos Évangiles canoniques, soit rapprochées des textes do ces Évangiles, soit remplacées par ces textes mêmes.
1. On ne trouve pas la moindre trace de citations se rapprochant du texte de saint Marc.
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justes. » — Luc, vi, 36 : « Soyez donc miséricordieux, de même que votre Père est miséricordieux. » — Et Matthieu, v, 44-46 : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les deux, lequel fait lever son soleil sur les bons et les méchants et envoie la pluie aux justes et aux injustes. » L’auteur des Homélies clémentines a tout simplement résumé les divers préceptes qui précèdent le verset 46 de Matthieu dans les mots : « Soyez bons et miséricordieux, » et il n’avait pas besoin pour le faire du passage de Luc (vi, 36).
Le second passage, qu’on tient pour une citation de Luc, vi, 46, se trouve dans l’homélie VIII, § 7. La phrase est certainement la même dans les deux écrits, quoique un peu différemment rédigée. Il y a dans Luc : « Pourquoi m’appelezvous : Seigneur, Seigneur, et vous ne faites pas ce que je dis ; » et dans l’homélie : « Pourquoi me dis-tu : Seigneur, Seigneur, et tu ne fais pas ce que je dis 1 . » La différence est sans doute bien peu