‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 37 sur 222 · HOMÉLIE VIII · texte numérisé non relu

HOMÉLIE VIII

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considérable. Le singulier d’un côté et le pluriel de l’autre, et le mot dire au lieu du mot appeler, voilà tout. Mais plus elle est légère, et moins elle est motivée ; et l’on se demande en vain pourquoi, si l’auteur des Homélies avait l’Évangile de Luc à sa disposition, il ne l’a pas cité textuellement. Dira-t-on qu’il l’a cité de mémoire? C’est bien possible ; mais n’est-il pas possible aussi qu’il ait cité de mémoire une parole transmise par la tradition , ou qu'il avait lui-même entendue citer ?

Le troisième passage de Luc, qu’on croit cité dans les Homélies, comprend les paroles que Jésus- Christ prononça sur la croix Ces paroles sont dans Luc, xxm, 34 : « Père, pardonne-leur; ils ne savent ce qu’ils font; » et dans l’homélie XI, § 20 : « Père, pardonne-leur leurs péchés ; ils ne savent ce qu’ils font *. »

Il n’y a pas à s’arrêter à la différence insignifiante du mot à dans l’homélie et du mot -rî dans l’Évangile. Mais qui ne voit que l’addition des mots « leurs péchés » dénature complètement la pensée du Sauveur? C’est l’acte injuste et impie que les Juifs viennent de commettre en le crucifiant, et non leurs péchés en général, que Jésus-

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