‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 48 sur 222 · Recoynit. H · texte numérisé non relu

Recoynit. H

3. Jérôme, Opéra, éd. Martianey, t. IV, col. 220, Epistola ad Minervium et Alerandrum.

notre premier Évangile canonique, celui-ci n’est pas indiqué. Ce précepte de Jésus-Christ est cependant tellement remarquable, qu’on ne s’explique guère comment cet écrivain ecclésiastique qui parle si souvent de [l’Évangile des Hébreux, qui n’est pas éloigné, comme on l’a vu, de le tenir pour l’original hébreu de notre Évangile de Matthieu, aurait pu le passer sous silence, quand d’ailleurs il est convaincu qu’il a été donné par le Seigneur. S’il n’en parle pas, c’est qu’il n’était pas dans cet Évangile; cela me parait de la plus grande vraisemblance. Et au fait on a de bonnes raisons de croire que la fraction des Ébionites ' à laquelle appartiennent les Clémentines, eut des motifs dogmatiques d’insérer dans son Évangile cette déclaration du Seigneur, fort souvent répétée pendant les premiers siècles et universellement regardée alors comme authentique. J’en donnerai bientôt la preuve.

Cet Évangile des Clémentines était-il celui dont

4 . Lps Ébbniles ne formaient pas une seclo homogène; ils se divisaient au moins en deux parties distinctes. AittcI Èêtavaioi, ÊëtMvaûci *jj.<po7«p«, disent en parlant d’eux Origène ( Contra Celsum, lib. VI, cap. 64) et Eusébe (Hist. ercles., lib. III, cap. Î7). Théodore! semble également reconnaître deux classes d’Ébionites. Après avoir, en effet, parlé d’une secte ébionile, il ajoute : Àïxf, $i nxjà Taurin ou au G :î a rrr> aùnfn fauvuixixv fjcouox. Fabules hœret , lib. Il, § 1. Voyex d’ailleurs les ingénieuses explications de M. Ililgenfeld sur ce sujet, Die cUment. Rerognitionen- und Homilun , p. 9-48.

ÉVANGILES APOCR VPIIE5 Jl’DAISANTS 91 il a déjà été question sous le nom d’Évangile des Ebionites? Encore moins. On n’a qu’à les comparer, pour en être pleinement convaincu.

Celui-ci, on l’a vu, en opposition à notre premier Évangile canonique et sans le moindre doute aussi à l’Évangile des apôtres en .usage parmi les Nazaréens, mettait dans la bouche de Jésus-Christ ces étranges paroles : « Je suis venu abroger les sacrifices1. » L’Évangile des Clémentines, au contraire, rapporte cette déclaration du Seigneur telle qu’elle est dans l’Évangile de saint Matthieu, telle aussi qu’elle était dans l’Évangile des Nazaréens. « Je ne suis pas venu abolir la Loi *, » dit-il; ce passage est cité dans la IIIe homélie, §51, et pour qu’il ne reste pas le moindre doute sur ces paroles, l’auteur des Homélies ajoute presque aussitôt cette autre parole de Jésus-Christ : « Le ciel et la terre passeront, mais il ne tombera pas de la Loi un seul iota ou un seul accent 3. »

Ces deux déclarations contraires se trouvaientelles dans le même Évangile? Il est difficile de le croire.

Ce n’est pas cependant que dans les Clémen-

Page 1