I . Schneckenburger, Veber dan Evangelium, der Ægypler
tère et de l’origine judéo-chrétienne de cette pièce
apocryphe.
L’Évangile qu’en cite l’auteur, sauf deux ou trois phrases qui ne se trouvent dans aucun de nos Évangiles canoniques, rappelle celui de saint Matthieu. Il est certain toutefois que cet Évangile est celui des Égyptiens, car un des passages cités dans cette épltre l’est également par Clément d’Alexandrie, et celui-ci nous apprend qu’il est de l’Évangile selon les Égyptiens. Que conclure de là sinon que cet Évangile présentait les plus grandes analogies avec notre premier Évangile canonique, sans lui être cependant identique, et, par conséquent, qu’il appartient à la nombreuse famille des Évangiles judéo-chrétiens, dont celui selon les Hébreux offre le type le moins altéré ?
Si la seconde épltre de Clément de Rome en détermine le genre, les passages que nous en trouvons dans les Stromates de Clément d’Alexandrie nous en montrent ce qu’on appellerait, dans le langage de l’école, la différence spécifique, c’està-dire ce qui en forme le caractère particulier et le distingue de tous les autres écrits de la même famille. Ces passages sont au nombre de trois. Ils sont empreints du même esprit et se rapportent à des sujets appartenant à un même ordre d’idées.
Voici le premier; il est cité à la fois par Clément Romain et par Clément d’Alexandrie; je
ÉVANGILES APOCRYPHES JUDAISANTS 119 complète la citation de l’un par celle de l’autre, chacun d’eux en ayant omis un membre de phrase.
• Le Seigneur, interrogé par Salomé quand arri- » verait son règne, répondit : Quand vous foulerez » aux pieds le vêtement de la pudeur, quand deux » seront un, quand ce qui est extérieur sera » semblable à ce qui est intérieur, et que le
• mâle uni à la femelle ne sera ni mâle ni fe-
• melle *. »
S’il fallait s’en rapporter à l’explication que l’auteur de la seconde épltre de Clément Romain donne de ce passage, on n’y verrait qu’une exhortation à la sincérité et à la bienfaisance. « Deux seront un, dit-il, lorsque nous serons véridiques les uns à l’égard des autres, et qu’en deux corps il n’y aura qu’une âme, sans dissimulation et sans déguisement. Ce qui est extérieur, c’est le corps; ce qui est intérieur, c’est l’âme. De même donc que votre corps parait extérieurement, qu’ainsi votre âme se
1. Je mets en présence le? deux citations de Clément de Rome et de Clément d'Alexandrie :
Clément d’Alexandrie.
Stromat., lib. III, caq. <3.
n'jvôavoaêvr,; rr,; SxXuixt; ttots ri rtpi wv t.oito, fcpn o xipis;- orav rô tîî; attrxûvtj; fvîutt* rarr.ar.Ti , xxi orav viv T.rai rà fv, xxi ro appe* air* tt; ‘it/tlx; cuti xpptv curt WîXu.
Clément Romain.
2* Épist., cap. 12.
ÉïTtpwTTïOu; ^xp aÙTÔ; i x-jpic; bn'o rtvcç 770 r» r^n aùrcü r, £aat- Xitx ; Stav iTrat rà h, xal to fço» w; tô taw, xal r b àpuev jxirà rü; GrXtta; vjt» àpotv cure frf.Xu.
iJO ÉTl'DES SUR LES ÉVANGILES
manifeste par ses bonnes œuvres. » L’explication du dernier membre de phrase manque, le reste de l'épltre n’étant pas parvenu jusqu’à nous; mais elle était, sans le moindre doute, de même nature que celles des deux propositions précédentes.
Il y a certainement autre chose dans ce passage. C’est dans un sens mystique, et non dans un sens moral, qu’il faut le prendre, et c’est bien ainsi que l’entendaient les hérétiques que combat Clément d’Alexandrie. Jules Cassien, « chef de la secte des Docètes, » au dire du célèbre écrivain alexandrin 1 , l’invoquait contre l’union des sexes. Cette interprétation jette Clément d’Alexandrie dans un visible embarras. Il cherche à setirer d’aflaire en infirmant d’abord l’autorité du texte cité par Jules Cassien. Cette déclaration du Sauveur, fait-il remarquer, ne se trouve que dans l’Évangile des Égyptiens ; elle n’est pas connue des Évangiles canoniques. Mais comme Jules Cassien en appelait en même temps à une parole de saint Paul dont l'authenticité ne pouvait être contestée, le docteur alexandrin ne croit pas pouvoir décliner la discussion, et il donne, de son côté, l’interprétation de la déclaration de Jésus de l’Évangile apocryphe, et de celle de saint Paul qu’y associait Jules Cassien.
En réalité, les paroles de l’apôtre des Gentils in-