Pliilon, Legis allegoriarum lib. I
î. Clément d’Alex., Stromat., lib. III, cap. 9.
ÉVANGILES APOCRYPHES JUDA1SANTS 127 gea l’Évangile des Égyptiens, soit par le sectaire que Clément d’Alexandrie prend ici à partie et veut réfuter, explication qui aurait sans doute dénaturé le sens primitif de la déclaration de Jésus-Christ, mais qui était en harmonie avec les sentiments ascétiques répandus dans tout l’Orient au second siècle.
Ce n’est pas cependant dans ce sens simple et raisonnable qu’elle est prise dans cet Évangile. Elle y est entendue conformément à la doctrine mystique qui est contenue dans les deux passages précédents. Clément d’Alexandrie essaye en vain de "lui donner une signification purement morale. « Le Seigneur ne nous a pas trompés, dit-il, car en vérité il a détruit les œuvres de la concupiscence, l’amour de l’argent, des querelles, de la gloire, la passion effrénée des femmes... Or, la naissance de ces vices est la mort de l’âme, puisque nous mourons véritablement par nos péchés 1 . Par la femme, il entend l’intempérance. » Ce n’est pas dire assez. Par la femme, on désigne dans ce passage de notre apocryphe la concupiscence, ou mieux la source, la cause de la concupiscence., ou mieux encore ce qui produit la génération et la mort.
Ce qui produit la génération et la mort, c’est le corps, auquel depuis la chute des âmes nous som-