CHuç axt à feCixiyj; Tivi; xaioùai. Ibid
vain ecclésiastique se trompe évidemment, dit Fabricius : fugit ilium ratio 4 . L’Évangile deTatien, s’il faut en croire ce qu’on en rapporte, était une sorte d’harmonie de nos quatre Évangiles canoniques, et c’est pour cela qu’il était appelé &ii Tt<7<Totfwv, c’est-à-dire l’Évangile composé au moyen des quatre. Mais alors en quoi pouvait-on l’accuser d’hérésie? Théodoret, qui en trouva plus de deux cents exemplaires répandus dans son Église, les prohiba et y substitua les Évangiles des quatre Évangélistes, và tùv Ttrrâpov Eùayy Eiayy&ia *. L’Évangile de Tatien n’était donc pas une harmonie des quatre Évangiles canoniques, car autrement pourquoi le supprimer pour le remplacer par les quatre Évangiles ? Il est vrai que Tatien en avait retranché, à ce qu’assure Théodoret, les généalogies et tous les passages qui prouvent que le Seigneur descendait, selon la chair, de David 3. Mais on n’avait qu’à combler cette lacune, en rétablissant les passages supprimés. Ce n’est pas ce qu’on fit, quoiqu’on semble reconnaître que ce livre était un abrégé commode de l’histoire évangélique 4.
« . Fabricius, ibid., pars 1, p. 349.
ï. Théodoret, Hœret. fabul., lib. I, cap. 20.
3. Tâç ti ytvioAoyioç mpwsijix; x*i t* zXXz 3»x ix orcippaTOt \xSi3
x*t* «ipxa xûptov Jtixvumv. Théodoret, ibid.
4. 'O; oim3|«* Tô> fttëxiu xpx»«u.tv«. Théodoret, ibid. Telle était l’opinion de Zacharie Chrysopolitanus, qui dit quo, si cet ou-
ÉVANGILES APOCRYPHES JI'DAISANTS 137 Un Évangile que quelques-uns confondaient avec celui des Hébreux, comme le dit Épiphane, et qui, au rapport de Théodoret, ne contenait pas les généalogies, »e pouvait être que l’Évangile des Ébionites. Cet écrit fut vraisemblablement le premier fond du travail de Tatien. Il le compléta probablement par des passages empruntés aux Évangiles canoniques, et c’est là ce qui lui fit donner le nom de £i« -rtooaptüv, « l’Évangile par les quatre. » Cette hypothèse serait encore plus vraisemblable, si l’on admettait, avec Victor de Capoue *, qu’il était appelé 5ti rev-re, « par les cinq, » et non Sik ï«<T*pwv *, « par les quatre. » Grotius, et après lui, Richard Simon, qui partage son sentiment, adoptent cette explication.
« Il y a de l’apparence, dit ce dernier, que saint Ignace, étant évêque d’Antioche, a lu cet Évangile des Hébreux, qui était répandu dans la Syrie que les Nazaréens habitaient. Ce qui me fait croire que Tatien, qui demeurait aussi dans la Syrie, s’était servi du même Évangile, lorsqu’il en composa un
vrage existait encore, secure legere ovibus ejus (Jésus-Christ) vocem cognoscentibus nihil prohiberet. Fabricius, ibui., pars 4, p. 379, la note. Zacharie Chrysopolitanus vivait au douzième siècle.
4. Cet écrivain ecclésiastique vivait au milieu du sixième siècle.
2. Cui titulum dia pente imposuit, dit Victor de Capoue dans sa préface à l’harmonie évangélique d’un anonyme, qu’il confond avec Tatien; dans Fabricius, tèid., pars 4, p. 379.
des quatre ensemble, à sa manière, que quelquesuns, selon saint Épiphane, nommèrent l’Évangile selon les Hébreux. Ce qu’on ne doit pas entendre, comme si ce recueil de Titien n’eût point été différent de l’Évangile des Hébreux, car cela ne ferait aucun sens. M. de Valois n’a pas fait assez de réflexion sur cet Évangile de Tatien, quand il en a parlé sur ce pied-là dans ses notes sur Eusèbe. Grotius a bien mieux remarqué, à l’occasion de cet endroit de saint Épiphane, que Tatien, dans l’ouvrage qu’il composa des quatre Évangiles, avait rapporté les paroles de saint Matthieu, non -seulement selon les exemplaires grecs, mais aussi selon ceux qui étaient en hébreu, et que c’est pour cela que cet Évangile qu’on appelle ordinairement àià -reaaapajv, à cause qu’il était composé de quatre, avait été nommé, par quelques auteurs, selon les Hébreux. Il croit de plus que c’est aussi pour cette raison que d’autres lui ont donné le nom de àià icrfvrt *, de cinq, comme ayant été recueilli de cinq Évangiles. Tout cela paraît très-probable *. »
Il est vraisemblable que l’Évangile de Barthélemy
1. Quelques-uns néanmoins, dit Richard Simon en note, croient qu’il faut lire îi« ir«vT«v; Fabricius explique , de son côté, îi« it«vT« comme une erreur née de l’abbréviation Si* Ttoo. Codex apocryphus Novi Testamenti, pars!, p.379, la noter.
2. Richard Simon, Hist. critique du texte du Noue. Testant., p. 74.
ÉVANGILES APOCRYPHES JUDAISANTS 139 n’était pas autre chose que l’Évangile selon les Hébreux. On peut le conclure des paroles de Jérôme qui, en racontant que Panthène rapporta de l’Inde* l’Évangile que Barthélemy, l’un des douze, avait pris pour base de sa prédication dans ce pays, dit que cet Évangile, écrit en caractères hébraïques, était celui de Matthieu1 2.
L’Évangile de Barnabas parait n’avoir été qu’une des nombreuses traductions grecques, qui furent faites de bonne heure de ce même Évangile, traductions qu’ont certainement connues Clément d’Alexandrie, Origène et d’autres anciens écrivains ecclésiastiques, mais qui avaient disparu ou du moins étaient devenues fort rares du temps de Jérôme, qui ne paraît pas les avoir connues. Casaubon a soutenu celte opinion sur l’Évangile de Barnabas, non sans quelque apparence de raison 3.
1. Il ne faut pas entendre par ce mot les contrées arrosées par l'Indus, encore moins celles que baigne le Gange. Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, on désignait sous ce nom les parties méridionales de l’Arabie. C’est là que la tradition suppose que l'apôtre Barthélemy alla prêcher le christianisme.
2. Ubi (in India) reperit (Panlhænus) Baiiholomæum de duodecim apostolis, adventum Domini Jesu, juxla Matthæi Evangelium, prædicasse, quod hebraicis lilteris scriptum, revertens Alexandriam, secum detulit. Jérôme, Catalog. scriptor. ecclesiast., § 36; Eusèbe, Hist. eccles., lib. V, cap. 10.
3. Cnsauboni exercitationes xv contra Baronium , cap. 12, p. 343; Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, t. I, p. 341.