Tertuliien, dt Prœscript
ÉVANGILES APOCRYPHES ANTIJl’DAISANTS 103 cette révélation ? On est tenté de le croire, quand on considère, d’un côté, que Marc prétendait tenir ses connaissances supérieures d’un principe féminin ', ce qui expliquerait peut-être le nom d’Éve donné à cet Évangile; et, d’un autre côté, que les accusations d’immortalité adressées à cette branche des Valentiniens, se trouveraient en un certain sens justifiées par le ton général de cet écrit, dont le langage, au rapport d’Épiphane et autant qu'on en peut juger par un des deux passages qui nous ont été conservés, était peu décent et parfois même obscène ï. Épiphane le rapporte cependant aux Ophites Séthiens 3. Peut-être était-il en usage à la fois et chez ceux-ci et chez les Marcosiens.
Quoi qu’il en soit, on en connaît deux passages, rapportés l’un et l'autre par Épiphane. Ils sont tellement extraordinaires et en même temps si propres à donner une idée des doctrines de cet Évangile , que je crois devoir les mettre sous les yeux du lecteur.
« J’étais arrêté sur une haute montagne, lorsque je vis un homme d’une haute stature et un autre mutilé. J’entendis une voix semblable à celle du tonnerre. Je m’approchai plus près pour écouter;, il me parla en ces termes : « Je suis toi, et tu es