‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 76 sur 222 · Épiphane, ibid · texte numérisé non relu

Épiphane, ibid

» moi. En quelque endroit que tu sois, j’y suis » aussi. Je suis répandu dans toutes les choses. » Tu me cueilleras partout où tu vpudras; mais en » me cueillant, tu te cueilleras toi-méme *. »

Le sens de ces paroles n’est pas douteux. Elles expriment la doctrine de l’identité absolue, la théorie du rayonnement de la vertu divine dans l’ensemble des êtres qui n’en sont que des manifestations , le système de l’identification et de l’unification de l'homme avec Dieu par la science. Mais quel est le personnage qui a cette vision ? Comment était-elle amenée ? Quelles conséquences en faisait-on ressortir? Il faudrait, pour avoir la solution de ces questions, connaître ce qui précédait et ce qui suivait ce passage. Ce qu’on peut du moins affirmer, c’est que dans ces paroles il n’y a rien qui ressemble, même de loin, au langage et aux doctrines des Évangiles canoniques. Tout au plus offrent-elles, dans leur ton général, quelque analogie avec le style de l’Apocalypse et avec la tendance mystique de quelques passages de l’Évangile de saint Jean.

Le second passage est encore bien plus loin du langage et des idées des livres du Nouveau-Testament. C’est aussi d'une vision qu’il s’agit. « Je vis, y est-il dit, un arbre portant douze fruits

t. Épiphane, Hœret., xxvi, § 3.

fi VA XGI LES APOCRYPHES ANTIJÜDAISANTS 197 chaque année, et il me dit que c’était le bois de vie » Épiphane assure qu’il est parlé ici des maladies périodiques des femmes. Ce passage faisait sans doute partie de quelque théorie sur la production des êtres. Il n’en est pas moins certain qu’on ne se serait pas attendu à trouver de semblables considérations dans lin Évangile.

L’Évangile d’Ève et l’Évangile de la Perfection, E'jayyAiov TsXElwseiû;, étaient-ils un seul et même ouvrage sous deux noms différents? Baur n’en doute pas *; ce que dit Épiphane de ces deux Évangiles pourrait bien, en effet, être entendH dans ce sens 3. Il me reste cependant quelques doutes. Sans avoir la prétention de trancher la question, je serais porté à croire qu’Épiphane a voulu dire que parmi les gnostiques 4, les uns faisaient principalement usage de l’Évangile de la Perfection et les autres de l’Évangile d’Ève ; et ce qui me confirmerait dans cette interprétation, c’est que, bientôt après, il parle de ces livres au pluriel, èv ooraxpuçoiî àvayiVWGXQVTtÇ ®.

Si l’Évangile de la Perfection n’était pas, sous un autre nom, l’Évangile d’Ève, on ne saurait douter du moins qu’il ne s’en rapprochât par le ton,

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