Irénée, Adv. hæres., lib. 1, cap
3. Cui scripturæ licet nobis non crcdere; non est enim in calliolico canone ; illi lamen eum et legunl, et tanquam incorruptissimam verissimaraque honorant. Augustin, Opéra, t. III, col. 1534 B.
4. Augustini Opéra, t. VIII, col 242 A et B; col. 243 B; col. 631 D; t. III, col. 1534.
5. Ce livre apocryphe a été publié par Tltilo, Leipzig, 1823, in-8®. On en a une traduction française dans le Dictionnaire des apocryphes, t. II, col. 1015 et suiv. La légende dont parle Augustin se trouve dans cette traduction, col. 1019.
Hébreux et dans la doctrine des Elkésaïtes. Il y est appelé « la mère miséricordieuse, » et « la mère des sept demeures, qui vient trouver le repos dans la huitième*. » Gomme dans les Clémentines et l’Évangile des Ébionites, le sacrifice y est déclaré aboli. « Dieu, dit Thomas au jeune homme qu’il a ressuscité, ne demande pas de sacrifices ; pourquoi lui sacrifierais-tu? » L’eau y est considérée de même que dans les Clémentines et dans le livre sacré des Elkésaïtes, comme l’élément purificateur par excellence; elle guérit à la fois les maux du corps et ceux de l’âme. Enfin, contrairement à l’ascétisme exagéré des Manichéens, on y recommande les bonnes œuvres, dans le même esprit que dans la plupart des documents judéochrétiens. « Laissez vos anciennes voies et votre conduite passée, dit Thomas dans un des derniers discours qu’il prononce dans ce livre ; que les voleurs ne volent plus, mais qu’ils gagnent leur pain par leur travail et leurs sueurs; que les débauchés ne se livrent plus à la débauche, de peur de se livrer euxmêmes aux châtiments éternels ; car la débauche est de tous les maux le plus désagréable à Dieu. Renoncez à l’avarice, au mensonge, à l’ivrogne-
1. Les sept demeures rappellent les sept puissances de Basilide, et la huitième, le lieu du repos, l’être primitif, le Dieu ineffable , qui est la fin comme le commencement de toutes choses.
rie, à la calomnie, à rendre le mal pour le mal ; car toutes ces choses sont contraires et antipathiques au Dieu que j ’annonce. Mais vivez dans la foi, dans la douceur, dans la sainteté et dans l’espérance, qui sont la joie de Dieu, afin de devenir ses enfants et de recevoir les bienfaits qu’il ne donne qu’à un petit nombre 1 . »
Ce n’est pas probablement par cet esprit pratique que ce livre se recommanda aux Manichéens ; mais la doctrine du dualisme, qui appartient en propre à la gnose judaïsante de la Syrie, y est trèsprononcée ; ce fut sans doute par cette raison que les disciples de Manès l’adoptèrent comme Écriture Sainte 2.
Timothée, prêtre de Constantinople, au commencement du vu® siècle, place, au nombre des treize ouvrages des Manichéens, l’Évangile de Philippe , to xa-rà <J>fttmrov Eù«YyeXiov 3. Cet écrit