‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 84 sur 222 · Dictionnaire des apocryphes, t. Il, col. 4045 et · texte numérisé non relu

Dictionnaire des apocryphes, t. Il, col. 4045 et

8. S’il est vrai que les Manichéens baptisassent avec de l'huile, c’est à ce livre qu’ils ont emprunté cette manière do célébrer le baptême, cérémonie qui ne faisait certainement pas partie du manichéisme primitif. Voyez le passage cité par Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, pars 4 , p. 822.

3. Timothée, Epistola de variis hœreticis. Une traduction latine de cette lettre se trouve dans les premières éditions de la Bibliothèque des Pères. Moursius en a publié le texte grec dans Varia divina, Leyde, 4649, in-i°; elle est en grec avec une traduction latine dans Auctar. Nov., de Combefix, et dans Monumenta Ecclesiœ grecæ, do Cotelier. Léontiusdo Byzance, contemporain

appartenait à la secte des Ophites. Les Manichéens l’adoptèrent-ils en effet pour un de leurs livres sacrés? Ce ne serait pas impossible; cependant le témoignage d’un écrivain du vie ou du vu* siècle ne peut avoir une valeur décisive, quand il ne trouve pas quelque appui dans des écrits antérieurs. On ne saurait du reste être surpris que les Manichéens eussent donné leur approbation à un Évangile qui condamnait absolument le mariage et présentait la génération comme l’œuvre du mauvais principe. Ce furent cependant les Évangiles apocryphes d’origine syriaque qu’ils paraissent avoir adoptés de préférence. Faut-il en chercher la raison dans le fait que ce furent les premiers écrits chrétiens qu’ils rencontrèrent, quand, fuyant la persécution qui les chassait de leur patrie, ils cherchèrent un refuge dans l’empire romain, ou dans cette circonstance que ces Évangiles, sans être précisément empreints de dualisme, étaient répandus cependant parmi des sectes judéochrétiennes qui, comme eux, faisaient profession, en quelque degré, de la doctrine des deux principes? Je ne sais; mais il est certain que la plupart des écrits apocryphes chrétiens qu’on trouve en leurs mains appartenaient à

de Timothée, dit également que les Manichéens se servaient de l’Évangile de Philippe en môme temps que de celui de Thomas; de Sectis, p. 43!, et dans Kabricius, Codex apocr. Novi Testant ., pars 4, p. 14!.

ÉVANGILES APOCRYPHES ANTIJUDAISANTS 189 des sectes de la Syrie. Tel est le cas des Actes de Thomas, livre qui ne nous est parvenu que dans une traduction grecque, mais dont l’original était syriaque *.

C’est aussi dans la Syrie qu’avait été composé l’Evangile de la Nativité de la Vierge -, ouvrage apocryphe dont saint Augustin nous apprend qu’ils se servaient. On peut du moins le supposer avec la plus grande vraisemblance, car tous les écrits apocryphes sur la sainte Famille sont venus de là, et celui-ci ne faisait pas sans doute exception à ce fait général. Mais qu’était cet Évangile de la Nativité de la Vierge? Celui qui est arrivé jusqu’à nous, sous ce titre, dans une traduction latine, faite, à ce qu’on assure, sur un original hébreu? On ne saurait l’admettre, car dans cet écrit il n’y a pas un seul mot qui puisse faire supposer que Joachim, le père de la Vierge, appartînt à la race sacerdotale ; il y est représenté comme habitant Nazareth, mais comme étant de la tribu de Juda et de la famille de David 3. Au contraire, d’après l’Évangile de la Nativité de Marie doijt les Manichéens faisaient usage, Joachim était un prêtre et faisait partie de la tribu de Lévi 4. Il est possible toutefois

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