‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 92 sur 222 · I. Protècnngile, cliap · texte numérisé non relu

I. Protècnngile, cliap

S. o On montre encore aujourd’hui, à Bethléhem, dit Origène, la grotte où Jésus naquit, et, dans la grotte, la crèche où il fut déposé emmaillotlé. » Contre Cehe, trad. de Bouhereau ; Amsterdam, 1700, in-l°, p. 30.

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exprimant à haute voix son admiration d’avoir vu une vierge qui a engendré et qui, après avoir mis un enfant au monde, est encore vierge. Salomé, qui la rencontre, s’écrie aussitôt : « Vive le Seigneur mon Dieu , si je ne m’en assure par moimême, je n’en croirai rien. » Elle s’en assura, en effet ; mais son incrédulité fut aussitôt punie ; sa main fut brûlée d’un feu dévorant. Sur le conseil de l’ange, elle prit l’enfant Jésus dans ses bras, et fut immédiatement guérie.

Bientôt après arrivent les mages. Le Protôvangile n’est ici qu’une sorte d’abrégé de Matthieu. Mais l’accord ne dure pas longtemps. L’apocryphe raconte que Marie sauva son enfant des mains des envoyés d’IIérode, en le cachant dans la crèche des bœufs. Élisabeth prit au contraire la fuite en emportant Jean qu’Hérode faisait aussi chercher pour le faire périr. Une montagne qu’elle ne pouvait gravir s’entr’ ouvre et les reçoit * ; une lumière les

1 . Les Copies onl sur la sainte Vierge une légende à peu près semblable; seulement, c’est un sycomore, et non une montagne, qui s’ouvre pour lui offrir un asile. « Dans un grand jardin, près du Caire, raconte Thévcnot, il y a un gros sycomore fort vieux qui porte toutefois du fruit tous les ans. On dit que la Vierge, passant par là avec son fils Jésus, et voyant que des gens la poursuivaient, ce figuier s’ouvrit, et la Vierge étant entrée dedans, il sc referma; puis, ces gens étant passés, il so rouvrit, et resta toujours ainsi ouvert jusqu’à l'an 1G5f>, que le morceau qui s'était séparé du tronc fui rompu. » Voyage an Levant, liv. II, cliap. 8.

éclaire dans cet asile et l’ange du Seigneur resta avec eux et les garda. Quant à Zacharie, sommé de déclarer où était Jean, et ne pouvant le dire, puisqu’il l’ignorait, il fut assassiné dans le vestibule du temple, auprès de la balustrade de l’autel; légende certainement inspirée par ce que dit Jésus- Christ d’un prophète Zacharie assassiné dans le temple, entre la porte et l’autel *.

Un autre Évangile connu sous le nom d’Évangile de la Nativité de Marie -, Evangelium de Nativitate Mariœ, reproduit, avec d’assez nombreuses variantes, les mêmes faits que le Protévan-

4. Matlh., xxiu, 35; Luc, xi, 51. Ce n'est pas le lieu de nous occuper de la difficulté que soulèvent ces paroles du Seigneur. Mais il convient de rappeler que l'Évangile selon les Hébreux les Tait disparaître, en remplaçant les mots des Évangiles canoniques : « Zacharie, dis de Barachie, » par ceux de : « Zacharie, fils de Jehojadah. » 2 Chroniq., xxiv, 20 et Ï2. La légende rapportée ici est sans doute une autre manière de résoudre la difficulté. Le plus simple serait d’admettre un lapsus de la tradition qui, à propos d'un Zacharie tué dans les parvis du temple, s'arrêta à ce Zacharie, fils de Barachie, tué par les zélateurs au milieu du temple, peu avant le siège de Jérusalem par Yespasien. Josèphe, Guerre des Juifs, liv. XIV, chap. 49.

2. Cet Évangile est en latin. Thilo, Codex apocryphus Novi Testament i, p. 349-336; Tischendorf, Evangelia apocrypha, p. 406 44 2 ; Brunet, Évangiles apocryphes , p. 457-467; Dictionnaire des apocryphes, t.'I, col. 4049-4056.

gile. L’histoire de Joachim et d’Anne sa femme y est un peu plus développée et présente quelques légères différences avec celle qui est racontée dans l’Évangile précédent. L’ange annonce la naissance d’un enfant à Joachim avant d’en parler à Anne. Marie est également ici élevée dans le temple. Mais la légende s’est embellie de nouveaux détails.

Et d’abord son entrée dans le temple est signalée par un prodige. « Comme le temple était bâti sur une montagne, il fallait, dit cet Évangile, monter des degrés pour aller A l’autel de l’holocauste qui était au dehors. Les parents placèrent la petite bienheureuse vierge Marie sur le premier degré, et comme ils quittaient les habits qu’ils avaient eus en chemin et qu’ils en mettaient de plus propres selon l’usage, la Vierge du Seigneur monta tous les degrés un à un sans qu’on lui donnât la main pour la conduire ou la soutenir, de manière qu’en cela seul on eût pensé qu’elle était déjà d’un âge parfait ; car le Seigneur, dès l’enfance de la Vierge, opérait déjà de grandes choses et faisait voir d’avance par ce miracle quelle serait la sublimité des merveilles futures ( . »

Pendant le temps qu’elle passa dans le temple, « tous les jours elle recevait la visite des anges, et jouissait de la vision divine qui la préservait de

Étang. Je la Nativité, clin ji. 6.

tous les maux et la comblait de tous les biens *. »

Enfin, quand toutes lesjeunes filles de son âge qui étaient élevées comme elle dans le temple, sont mariées, elle déclare qu’engagée par ses parents au service du Seigneur, elle avait, elle aussi, de son côté, voué à Dieu sa virginité et qu’elle ne violerait pas ce vœu. Grand fut l’embarras du grand -prêtre qui fut enfin éclairé sur la conduite qu’il devait tenir en cette circonstance, par une voix qui sortit du propitiatoire et qui le renvoya à la prophétie d’Iÿaïe : « Il sortira une vierge de la racine de Jessé, et de cette racine il s’élèvera une fleur sur laquelle se portera l’Esprit du Seigneur, l’Esprit de sagesse, etc. * » En conséquence, le grand-prêtre convoqua tous ceux de la maison et de la famille de David qui étaient nubiles et non mariés. Il ne s’agit plus ici seulement des veufs, comme dans le Protévangile ; mais si le cercle dans lequel le choix doit se faire est élargi dans ce sens, il est resserré sous un autre rapport, car ce n’est plus dans le peuple tout entier, mais dans la famille de David seulement que doit être pris l’époux de Marie.

Un miracle désigne Joseph; mais ce miracle diffère, du moins dans les détails, de celui que raconte le Protévangile. Dans l’Évangile de la Nati-

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